le dieu oiseau

Le dieu oiseau d’Aurélie Wellenstein

Editions : Scrinéo

333 pages

Paru le 15 Mars 2018

Aperçu : Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Mon commentaire général : âmes sensibles d’abstenir…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « La Quête est cruelle, tu sais ? » (p.186)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Chaque roman d’Aurélie Wellenstein est une plongée dans un univers bien particulier, souvent violent. Le dieu oiseau est sans conteste le plus gore de tous.

Le personnage principal, Faolan, n’a rien d’un héros au premier abord. Il y a 10 ans, un autre clan que le sien a remporté la Quête, laissant une traînée sanglante derrière eux. La famille de Faolan a été décimée, son père mangé devant ses yeux (oui…) et le garçon est devenu esclave de Torok, le fils du chef vainqueur. Depuis 10 ans, il rumine sa vengeance, subissant tortures et brimades. Mais comment faire pour gagner lorsqu’on est un esclave faible, mal nourri et manquant d’entraînement ? Se peut-il que la violence qu’il subit depuis tant d’années ait raison de son esprit ? Car la Quête n’a rien d’un jeu et du sang devra être versé pour la remporter…

En toute honnêteté, j’ai mis beaucoup de temps avant d’oser sortir ce livre de ma PAL, rebutée par les horreurs que me promettait la quatrième de couverture. Je ne vais pas te mentir : c’est sanglant, gore, violent, cruel et certaines scènes conduisent au bord de la nausée. Si tu te sens défaillir à la moindre goutte de sang, passe ton chemin.

Il m’a semblé reconnaître dans certains rituels des coutumes précolombiennes, mais comme la position géographique ni historique n’est pas précisée, cela reste une supposition.

La plume reste belle, même dans les passages dégoûtants, et c’est ce qui peut décontenancer. Les pages se tournent bien. Je suis arrivée à la moitié du livre sans vraiment m’en rendre compte, portée par le destin de Faolan. La seconde moitié se déroule sur un rythme plus lent, alors même qu’on attendrait justement une course contre la montre. Je me suis parfois ennuyée. Et la fin m’a retourné le cerveau : trop rapide, il nous manque clairement des informations pour comprendre où cela mène et quel est le message final.

En résumé, Le dieu oiseau est un livre qu’on ne peut pas mettre dans toutes les mains, et même très violent pour un roman classé young adult.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il est rare que je referme un livre sans avoir si je l’ai aimé ou pas, et si j’ai apprécié les personnages.

C’est pourtant le cas ici.

C’était bien trop violent pour que j’envisage un jour de le relire et je ne sais que penser de Faolan auquel il est malgré tout difficile de s’attacher. Je l’ai plaint de tout mon cœur, mais je ne l’apprécie pas.

Marqué par dix ans de violence, il est à la fois victime et bourreau. J’imagine que c’est comme cela qu’on reconnaît une bonne construction de personnage, à la fois bon et mauvais.

Pourtant, j’aurais espéré de lui une de prise de position à la fin.

Au final, Faolan, trop brisé par ses découvertes et cette victoire acquise dans le sang, part, sans donner aucune directive pour le banquet.

Il aurait pu choisir de punir le Bras de fer, mais les membres du clan n’ont fait que suivre les décisions d’un chef qu’il a déjà tué.

Il aurait aussi pu décréter la fin de ces coutumes barbares, pour éviter à d’autres de vivre ce qu’il a connu. Effectivement, cette fin était attendue, mais le message aurait été beau, à l’inverse de tout ce qu’on avait subi jusqu’alors. Plus de sang versé.

Je comprends que Faolan veuille s’éloigner, qu’il est trop mal en point pour son statut de vainqueur. J’aurais seulement apprécié une note d’espoir après toutes ces horreurs.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Es-tu sensible à la vue du sang ?

Dis-le moi en commentaire.

 

Acheter ce livre en soutenant le blog et les libraires indépendants* :

 

les libraires

amazon

 

* lien affiliés (en savoir plus)