sadieSadie de Courtney Summers

Editions : La Martinière

336 pages

Paru le 2 Mai 2019

Aperçu : Sadie, 19 ans, s'est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s'agit d'une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu'il recueille vont alimenter sa série de podcasts...

Sadie, elle, n'a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d'une chronique à succès. Elle ne désire qu'une chose : trouver l'homme qui a tué sa soeur.

Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d'un homme – d'un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau...

West retrouvera-t-il Sadie à temps ?

Mon commentaire général : Poignant !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « C’est l’histoire d’une famille, de deux sœurs, de vies insoupçonnées de l’Amérique profonde. Il y est question de tout ce que l’on est prêt à faire pour protéger ceux que l’on aime… et du prix qu’il faut payer quand on échoue.» (p.9 )

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Je ne lis pas souvent de thriller, peut-être parce que je préfère les lectures de l’imaginaire à ce genre davantage terre-à-terre. Pourtant, il y a quelque chose qui m’a attiré vers Sadie, certainement les émotions qui transparaissent déjà dans le résumé, et sans aucun doute Sadie elle-même, jeune fille forte et sensible à la fois.

J’en ressors bouleversée, et c’est un roman auquel je penserais longtemps.

Sadie, c’est à la fois l’histoire de la dénommée Sadie, dix-neuf ans, qui part à la recherche du meurtrier de sa petite sœur, qu’elle a quasiment élevée et qui est morte un an avant le début du roman, et la quête d’un journaliste, West, pour retrouver Sadie qui a elle-aussi disparue depuis plusieurs mois.

Pour différencier ces deux « voix », l’autrice a choisi un parti pris assez culotté : si on suit Sadie avec un récit assez typique à la première personne, l’enquête du journaliste est racontée façon podcast, en suivant la diffusion du média, épisode par épisode. J’ai apprécié cette dualité parce qu’elle permet de suivre les mêmes évènements selon plusieurs points de vue mais cela crée forcément des répétitions et « casse » le suspens. West est sur les traces de Sadie, ce qui le fait repasser par des endroits où elle est déjà allée et qu’on a déjà vécu à travers ses yeux à elle. Peut-être seul le podcast aurait suffi, pour rester dans l’originalité, mais on y aurait perdu les émotions de Sadie… Je suis assez partagée sur ce choix.

En tout cas, que ce soit sous une forme ou une autre, la plume est très agréable, très fluide, et ce roman se dévore quasiment d’une traite. Les sujets traités y sont aussi pour beaucoup. On y parle de secrets trop lourds pour être dévoilés, de handicap, d’un amour sororal intense, de parents qui ont baissé les bras, de personnes qui préfèrent fermer les yeux plutôt que d’affronter une vérité douloureuse, de vengeance aussi.

En résumé, Sadie est un thriller addictif dont on a du mal à se détacher avant la fin et qui est difficile à oublier. Viens toi aussi rencontrer cette jeune fille perdue, avec tellement d’amour à donner, tellement d’émotions à partager.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Comme West, j’avais moi-aussi quelques appréhensions à me lancer à la poursuite de Sadie. En tant que maman, les violences faites aux enfants sont cauchemardesques pour moi, et j’ai du mal à lire des romans qui en parlent. Pourtant il faut des histoires comme celle-là, qu’on dirait presque vraie, qui montrent la perversité de ces prédateurs, leur façon de procéder ultra-méthodique, leurs schémas, mais aussi le silence et l’isolement des victimes.

Si Sadie est une victime elle-aussi, elle se place aussi en prédateur, à la recherche de celui qui a tué son enfance et sa sœur. Keith/Darren/Christopher lui a tout pris, en échange elle veut lui prendre la vie.

Et elle finit par y parvenir, même si elle y a probablement laissé la sienne au passage.

Je regrette que la fin soit si ouverte, laissant perler l’espoir dans les mots de West (« une autre fille morte, non, je ne le supporterai pas ») alors qu’il est très peu probable que Sadie soit sortie vivante de son affrontement avec Keith. J’aurais préféré savoir ce qu’il lui est arrivé, pour pouvoir clore le chapitre.

Au lieu de quoi, Sadie, si envoûtante, hantera mes pensées pour un bon moment, et je ne manquerai pas de transmettre le virus à tous ceux qui voudront bien la rencontrer.

 

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Te lanceras-tu sur les traces de Sadie ?

Dis-le moi en commentaire.