le chant des roncesLe Chant des Ronces : Contes de minuit et autres magies sanglantes de Leigh Bardugo

Editions : Milan

277 pages

Paru le 24 Octobre 2018

Aperçu : Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d'épices, où la voix d'une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d'amour...

Ayama et le bois aux épines

Une jeune fille est envoyée négocier l'avenir de son royaume avec un terrible monstre.

Le renard trop rusé

Un renard compense son apparence disgracieuse par une intelligence hors du commun, qui pourrait bien lui jouer des tours.

La sorcière de Duva

Dans un village frappé par un hiver perpétuel, les jeunes filles se mettent à disparaître mystérieusement.

Petite lame

Une jeune fille découvre que les souhaits de son père à son encontre et ses propres envies prennent deux directions opposées.

Le prince soldat

Une réécriture inquiétante de Casse-Noisette.

Quand l'eau chantait le feu

Deux Sild aux voix merveilleuses quittent leur royaume marin pour la terre où elles rencontrent les mystérieux Grisha.

Mon commentaire général : Des contes sombres et fantastiques pour les adultes

Ma note : 10/10

La citation qui résume tout : « Il existe différentes sortes de magie. Certaines exigent des herbes rares ou des incantations compliquées. D’autres nécessitent du sang. » (p.203)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Le Chant des Ronces est avant tout un magnifique objet-livre. Couverture hardback avec de sublimes dorures, reliefs et dessins accueillent le lecteur. Mais l’intérieur n’est pas en reste. Grâce au talent de Sara Kippin, chaque page est illustrée en rapport avec le récit en cours, le dessin progressant en même temps que le conte, jusqu’à l’illustration finale, qui résume merveilleusement bien l’histoire. Attention de ne pas se faire spoiler en observant les dessins avant l’heure !

Le livre contient six contes, aux accents différents selon la contrée d’origine du monde imaginé par Leigh Bardugo dont il est censé provenir. Les contes ravkans semblent ainsi tirés du livre de contes russes que je possédais étant petite. Le conte kerch a des inflexions germaniques, alors que le conte Fjerdan semble nordique… Ces histoires, sombres et inquiétantes, ressemblent aux contes originaux des frères Grimm ou d’Andersen. C’est très noir, glauque parfois, violent. Ce ne sont clairement pas des contes pour enfant (tout comme l’étaient les contes d’autrefois). La magie exige toujours un prix très élevé, sanglant le plus souvent.

Et pourtant, si chaque histoire est différente, elles ont tout de même un socle commun. Elles célèbrent la tolérance, l’acceptation de la différence et la liberté. Elles nous montrent que les apparences sont trompeuses et que les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

La plume de Leigh Bardugo est toujours aussi belle et fluide. Il faut aussi saluer son talent pour le genre de la nouvelle. L’autrice parvient à développer personnages et univers en à peine cinquante pages, de façon très convaincante. Elle remplit aussi parfaitement les exigences des contes, tant le récit parait écrit pour la transmission orale.

Même si les contes s’inscrivent dans le Grishaverse (l’univers imaginé par l’autrice auxquels appartiennent ses séries Six of Crows, Grisha et King of Scars), ceux qui n’ont jamais lu aucun de ces romans pourront tout de même y trouver leur compte. En fait, ce sont les légendes de ce monde, sans rapport direct avec les romans, ce qui fait que tous les amateurs d’histoires dérangeantes pourront apprécier.

En résumé, je suis une nouvelle fois soufflée par le talent de la Queen Leigh et son imaginaire si riche.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai tout de même une petite préférence dans les histoires.

Ma préférée est clairement Quand l'eau chantait le feu, qui est aussi la plus longue. J’ai adoré l’opposition des deux Sild, dont on se doute qu’elle finira tragiquement.

J’ai aussi beaucoup aimé La sorcière de Duva, que j’aurais cru tirée de ce fameux livre de contes slaves que j’adorais, ou Ayama et le bois aux épines, dont j’ai aimé la moralité (les plus monstrueux ne sont pas toujours ceux qui ressemblent à des monstres). Tout comme Petite Lame, qui ressemble tant à ces contes d’autrefois, avec ces défis qui sont toujours lancés aux protagonistes (comme Rumpelstilskin). Sauf que j’ai particulièrement apprécié la fin : la rivière qui se rebelle contre celui qui n’a fait que l’utiliser par cupidité et la jeune fille qui remet en cause les choix de son père et préfère vivre seule et libre.

Viennent ensuite Le renard trop rusé, dont j’ai quand même adoré le plot twist, et Le prince soldat, qui est celle que j’ai le moins aimée.

Enfin, c’était tout de même excellent !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Aimes-tu les contes ?

Dis-le moi en commentaire.

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