player onePlayer One de Ernest Cline

Editions : Michel Lafon

404 pages

Paru le 31 Janvier 2013

Aperçu : 2044. La Terre est à l'agonie.

Comme la majeure partie de l'humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l'OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l'OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l'OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars !

Multinationales et geeks s'affrontent alors dans une quête épique, dont l'avenir du monde est l'enjeu. Que le meilleur gagne...

 

 

 

Mon commentaire général : Même joueur joue encore…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « A partir du moment où je me suis mis à chercher l’œuf, l’avenir m’a semblé nettement moins morose. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Player One prenait la poussière dans ma PAL depuis bien longtemps et il aura fallu la sortie du film l’année dernière pour que je me souvienne de lui. On remarquera qu’il m’aura fallu encore quelques mois supplémentaires pour parvenir à le faire remonter en tête de liste de ma liste de lecture… Le plus important est que j’ai ENFIN découvert l’OASIS et que je ressors de cette lecture plutôt satisfaite.

La plume tout d’abord est très agréable et la quête de l’œuf a été pensée dans ses moindres détails. Mais quel œuf ?

Eh bien l’œuf de Pâques caché dans l’OASIS, ce gigantesque système virtuel, par son concepteur James Halliday peu de temps avant sa mort. Celui qui le trouvera deviendra l’héritier d’Halliday, c’est-à-dire qu’il empochera des milliards et prendra la tête de la compagnie la plus puissante au monde. Dans une Terre à l’agonie où les gens se refugient dans l’OASIS pour oublier le vide de leur existence, c’est inespéré. Mais avant de trouver l’œuf, il faut trouver trois clefs, dont la cachette sera révélée en résolvant des énigmes sur les centres d’intérêt préférés de James Halliday : la culture pop des années 80. Wade est l’un de ces « chassoeufs » et il sait tout ou presque sur son idole. Avec ses amis virtuels, ils n’ont qu’une idée en tête : trouver l’œuf avant l’IOI, la compagnie rivale de celle de l’OASIS…

L’univers imaginé par l’auteur est très complet, les mondes virtuels prennent vie sous nos yeux et j’ai souri en reconnaissant des chansons, films, jeux vidéo, dessins animés des années 80. Il y a aussi un enjeu écologique et géopolitique à peine masqué, une ébauche de ce que pourrait devenir notre monde dans une vingtaine d’années et ça fait froid dans le dos.

Si j’ai eu du mal à m’attacher à Wade, le personnage principal qui sait tout sur tout et en devient un peu agaçant, j’ai bien aimé ses amis virtuels, dont les préoccupations ne sont pas loin de celles de nos contemporains.

Il y a aussi quelques longueurs au milieu, quand les détails se multiplient et qu’on a juste envie que les personnages achèvent la quête… Mais j’avoue que je me suis moi-aussi prêtée à la chasse à l’œuf, même si ma culture 80 n’est pas aussi importante et que je ne connaissais pas tous les détails.

C’est tout de même un bon roman, qui plaira sans conteste aux fans de science-fiction et de jeux vidéo.

Suite à ma lecture, j’ai visionné le film et j’ai indéniablement préféré le roman, beaucoup plus cohérent et linéaire dans sa quête et les relations entre personnages. Si tu as commencé par le film, je ne peux donc que t’encourager à te plonger dans le roman.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il faut saluer le travail phénoménal accompli par l’auteur qui a créé avec Player One une vraie encyclopédie de la culture geek des années 80. Si bien que lorsqu’on n’est pas geek soi-même, certains passages peuvent paraître très longs… Heureusement la chasse aux indices et aux énigmes peut passionner tout public et c’est certainement ce qui a maintenu mon intérêt pour le livre.

D’autant que Wade, le personnage principal, celui sur qui tout repose, n’est pas vraiment sympathique. Je dirai même plutôt antipathique. Si au départ, j’ai eu tendance à le plaindre à cause de sa vie difficile (les Piles, sa tante qui ne le considère que pour ses bons de rationnement et pour le voler, sa pauvreté, le fait qu’il n’a aucun ami…), il m’a rapidement tapé sur les nerfs. En cause : son côté je-sais-tout, un peu arrogant dans le monde virtuel, et le fait qu’il réussisse toujours là où tout le monde échoue… Le seul moment où il n’accomplit rien est quand il se fait plaquer par Art3mis et qu’il erre d’un monde à l’autre sans chercher d’indices pour la clé de jade… Sinon, dès qu’il arrive, toutes les situations se résolvent comme par magie. Je crois que le plus bel exemple est quand il se fait emprisonner comme esclave de l’IOI, même si son sacrifice est noble, ce désintéressement est gâché par le fait qu’il parvienne en quelques jours à pirater le système informatique de la plus grande compagnie d’informatique au monde… Pas très crédible

La bataille finale est tout aussi rapide et facile, ce qui en atténue le mérite pour tout le monde.

J’ai cependant aimé que l’auteur brouille les frontières entre réalité et virtuel. L’IOI n’hésite pas à supprimer ses adversaires dans la vraie vie, rendant l’enjeu encore plus fondamental : il ne s’agit plus seulement de trouver l’œuf ou de perdre son avatar. On peut aussi perdre la vie, celle qu’on ne peut pas recommencer, ce qui amplifie l’urgence de la situation.

C’est néanmoins un roman que je recommanderai, pour ne pas oublier cette culture qui fait que nous en sommes là aujourd’hui. Et puis, on cite Sacré Graal, et ça vaut toutes les recommandations du monde.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prêt à commencer la partie?

Dis-le moi en commentaire.