erreur 404Erreur 404 de Agnès Marot

Editions : Gulf Stream Collection Electrogène

409 pages

Paru le 12 Avril 2018

Aperçu : « Salut ! Moi, c’est Moon. J’ai toujours voulu devenir gamer professionnel, mais ce n’était pas aussi simple… Disons que je ne corresponds pas vraiment au profil habituel. C’est pas grave, j’ai un plan B. Je n’aurai besoin que d’Orion – ma moitié dans la vie comme dans le jeu – et de Loop, notre adorable petite boule de poils orange qui fait "pouic". (Ça ne s’invente pas.) Bref, je vais te raconter, mais pour ça tu dois être prêt à entrer dans la partie, toi aussi.

Ah, et à remettre en question tout ce que tu crois savoir.

Ça ne te fait pas peur ?

Alors, appuie sur "Commencer une nouvelle partie", tourne la page et… Let’s play ! »

 

 

 

Mon commentaire général : Une immersion totale !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « La barrière de l’écran n’existe plus : réel et virtuel se côtoient en permanence. » (p. 9)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Dès que j’en ai entendu parler, j’avais vraiment hâte d’avoir Erreur 404 dans les mains. J’ai vraiment aimé I.R.L. et c’est avec grand plaisir que je replonge dans cet univers. D’ailleurs si les deux romans sont dits indépendants, il vaut quand même mieux avoir lu I.R.L. d’abord afin de ne pas se spoiler.

Ce volet-ci en tout cas se concentre sur Moon et Orion, un duo de gamers, et leur Beastie, sorte d’animal de compagnie virtuel, avec lequel ils combattent d’autres gamers et leur Beasties. Le rêve de Moon est de devenir gamer professionnel mais son profil atypique lui a valu beaucoup de rejets par le passé. Sa seule chance est de remporter le tournoi de Beasties, mais les épreuves seront bien plus ardues, tant virtuellement que psychologiquement, que le duo ne s’y attendait…

Le roman est constitué de deux parties qui ne m’ont pas emballées de la même façon. La première est comme une quête de jeu vidéo, très prenante, dans un univers riche et très visuel alors que la seconde, plus confuse et beaucoup moins linéaire, m’a un peu perdue. Je n’ai pas vraiment compris où l’autrice voulait aller et j’ai beaucoup froncé les sourcils !

En tout cas, de bout en bout, Agnès Marot nous délivre de sa jolie plume un roman plein d’intentions où on parle de jeux vidéo évidemment, avec plein de références à la culture geek et aux romans des copines autrices, mais aussi de sujets importants comme le féminisme, le harcèlement, les réseaux sociaux, la quête de popularité et les dangers du virtuel vs. réel.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, à la Beastie qui fait pouic et j’ai aimé la fin façon « Le livre dont tu es le héros », même si je suis une petite tricheuse et que j’ai lu tous les choix possibles !

C’est encore un beau roman de la part d’une des autrices françaises que j’apprécie le plus, tant par sa plume que par sa gentillesse.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

A chaque fois que j’ouvre un roman d’Agnès Marot, je sais que je pars à la découverte de personnages touchants et que je vais vivre une aventure riche et soignée.

Celui-ci ne fait pas exception et je suis très rapidement entrée dans le récit, prise dans le tournoi, les différents niveaux et le mystère autour de Moon. Je n’ai pas vraiment été surprise à la révélation d’ailleurs car j’avais deviné le sexe de Moon. Ni Orion ni Moon ne prononcent jamais de pronom personnel ou d’adjectifs genrés en parlant de Moon, ce qui montre un travail d’écriture très précis, et ça m’a mis la puce à l’oreille… Ce n’est pas grave car le sujet de fond est là et il est important de le défendre : les filles ont autant leur place dans le milieu des gamers que les garçons et il faut en parler.

J’ai trouvé ce duo particulièrement attachant, leur amour est profond et se reflète entre les lignes et on ne peut que les aimer à notre tour. Pour autant, je n’ai pas ressenti le même attachement pour Loop, petite bestiole aussi drôle qu’agaçante, et je n’ai pas entièrement compris les hésitations de Moon sur la réalité à favoriser. Il me semble qu’entre Orion et Loop, même si la réalité augmentée peut être très convaincante, il n’y a pas vraiment de choix possible, on sauve Orion et c’est tout.

Je ne suis pas gamer moi-même, même si j’apprécie les images et les scénarios des jeux actuels, et je pense que cela a joué dans la confusion que j’ai ressentie lors de la lecture de la seconde partie. Je comprends que la réalité augmentée, avec une puce implantée directement dans le cerveau, permette de faire croire à une autre réalité, donc de faire apparaitre des liens, des objets, qui n’existent pas. Mais mourir pour recommencer la partie, ça m’a semblé un peu trop gros à gober et je n’y ai pas cru. Même dans le futur, je ne pense pas que la réalité augmentée puisse lutter contre la mort et je pense que cela a joué sur mon « expérience de lecture », me faisant me sentir moins impliquée dans cette partie.

C’est tout de même un très bon roman et j’ai particulièrement aimé la construction des chapitres comme dans un jeu avec les cinématiques, les combats, les arènes… qui me donneraient presque envie de m’y essayer moi-aussi. Ah non, on me dit dans l’oreillette que j’ai une énorme PAL qui m’attend et que je ferai mieux de m’y consacrer au lieu de me lancer dans un nouveau hobby…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Participeras-tu au tournoi ?

Dis-le moi en commentaire.