a different blue

A different Blue de Amy Harmon

Editions : Spencer Hill Press (pas de VF pour le moment)

epub

Paru le 29 mars 2013

Aperçu : Blue Echohawk ne sait pas qui elle est. Elle ne connaît pas son vrai nom ou sa date de naissance. Abandonnée à l’âge de deux ans et élevée par un vagabond, elle n’est pas allée à l’école avant d’avoir dix ans. A dix-neuf ans, alors que la plupart des jeunes gens de son âge vont au collège ou construisent leur vie, elle est encore en terminale au lycée. Sans mère, ni père, ni foi, ni futur, Blue Echohawk est une élève difficile, pour ainsi dire. Forte, dure et volontairement sexy, elle est le total opposé du jeune professeur Anglais qui décide de relever le challenge et prend cette fauteuse de trouble sous son aile.

C’est l’histoire d’une personne qui devient quelqu’un. C’est l’histoire d’une amitié improbable, où l’espoir favorise la guérison et la rédemption se transforme en amour. Mais tomber amoureux peut être dur quand vous ne savez pas qui vous êtes. Tomber amoureux de quelqu’un qui sait exactement qui il est et pourquoi il ne peut pas vous aimer en retour peut être impossible. [traduction personnelle]

Mon commentaire général : Une merveille !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Il était une fois… un petit merle poussé hors du nid. » (Chap. 2) [traduction personnelle]

Mon avis (garanti sans spoiler) :

A chaque fois que je lis un livre d’Amy Harmon, je me dis la même chose : c’est un concentré d’émotions, servi par une plume magnifique. Et c’est vrai pour chacun des romans de cette autrice que j’ai lus (et je commence à en avoir lu un certain nombre).

Amy Harmon a un don pour raconter les histoires de personnes ordinaires, à qui il arrive des choses ordinaires, bien qu’elle choisisse souvent de s’attacher à des personnes qui ont un lourd passif et qui doivent vivre avec. Blue en est l’exemple parfait.

Blue est une jeune fille d’environ 19 ans, environ car Blue ne sait pas qui elle est. Lorsqu’elle avait 2 ans (environ), sa mère l’a abandonnée dans la voiture d’un étranger qu’elles avaient rencontré la veille dans un restaurant, moment pendant lequel l’homme avait été gentil avec l’enfant. Blue ne connaît donc ni ses origines (bien qu’elle soit visiblement métisse Américaine – Amérindienne), ni son vrai prénom, ni sa date de naissance. Et comme son « père » adoptif est mort lorsqu’elle avait (environ) 10 ans, elle vit depuis avec la sœur de celui-ci, une femme qui pense plus à ses petits amis et à l’alcool qu’à s’occuper de Blue, qui a donc grandi avec une rage sourde en elle, colère qu’elle reporte sur les autres en étant agressive et sur elle-même puisqu’elle n’a aucune confiance en elle. C’est pourquoi sa rencontre avec Wilson, le nouveau prof d’histoire du lycée, jeune, anglais et sexy, va faire des étincelles : il est persuadé de pouvoir la sauver, elle est sûre de ne rien valoir. Et pourtant leur amitié va changer à la fois leurs vies et celles de leur entourage

Comme d’habitude, Amy Harmon s’attaque à des sujets difficiles : l’abandon, la quête d’identité, le deuil, la rédemption mais encore une fois, tout coule de source et nous fait éprouver des émotions incroyables. Je croyais que ça serait une « simple » histoire de relation prof/élève, j’avais tort, c’est bien plus que cela. D’ailleurs la période où Blue est l’élève de Wilson ne représente pas plus de la moitié du livre et je peux même t’avouer que c’est la partie que j’ai le moins aimé, car je ne voyais pas du tout où ça allait. Pour le reste, je ne peux rien te dire. Si : juste de lire ce livre !

C’est vraiment dommage que ce roman n’ait pas été traduit car il en vaut vraiment la peine. Blue Echohawk en vaut la peine et j’ai adoré faire un bout de chemin en sa compagnie, tellement qu’elle et Wilson me manquent maintenant que j’ai tourné la dernière page.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le résumé nous laisse vraiment croire que le roman tourne uniquement autour de la romance Blue/Wilson alors qu’en fait, ce n’est que la trame de fond.

Déjà, je ne m’attendais pas vraiment à la grossesse de Blue (pourtant un sujet récurrent dans les romans d’Amy Harmon, où quasiment toutes les filles tombent enceintes après avoir eu des relations sexuelles avec leur petit ami. Je ne reviendrai pas sur la foi de l’autrice, qui est souvent très prononcée dans ses romans, et A different Blue est peut-être celui où on en parle le moins.) Et pourtant c’est l’élément déclencheur : c’est grâce à sa grossesse que Blue décide de partir de chez Cheryl et de reprendre sa vie en main. Et c’est peut-être aussi ce qui décide Wilson à s’impliquer davantage en lui offrant un appartement à moindre coût.

L’adoption de Melody permet aussi à Blue de réfléchir sur son propre abandon et de mettre en miroir l’histoire de Wilson qui a lui aussi été adopté. Blue n’est pas prête à devenir mère, pas quand elle n’est qu’une jeune fille perdue qui ne sait même pas qui elle est. Pourtant je m’attendais à ce que ça soit le sujet de la seconde partie : on aurait vu galérer Blue avec son bébé, et Wilson se serait senti obligé de l’aider, comme le gentleman qu’il est. J’ai eu tort une deuxième fois.

La troisième partie est celle qui traite de la reconstruction de Blue, sous la forme de son art pour lequel est elle reconnue (ce n’est donc plus une bonne à rien) et avec sa quête d’identité qui trouve enfin des réponses. Elle retrouve une famille, une histoire qui légitime son amour pour Jimmy et leurs points communs. Blue devient enfin quelqu’un, elle prend sa place.

Avec tout ça, la romance ne nous offre que de jolis moments par-ci par-là, ce qui est terriblement frustrant (et j’ai clairement eu envie de secouer Wilson par les épaules tant il est aveugle sur certains points) mais en même temps tellement plus gratifiant qu’un instalove. On voit les sentiments s’épanouir, jusqu’à ce que Blue et Wilson les acceptent, qu’ils arrêtent de douter.

Le petit merle noir finit par regagner le nid, bien entourée par tous ceux qui l’aiment. Et ça fait chaud au cœur.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Sauras-tu décoder Blue Echohawk?

Dis-le moi en commentaire.