amulettesAmulettes de Véronique Ajarrag

Editions : Le Chat Noir

368 pages

Paru en mai 2013

Aperçu : Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d’imaginer qu’il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l’un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l’objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.

Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n’avaient été qu’un seul et même couple ?

Mon commentaire général : Depuis les siècles des siècles…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « comme si son visage était le reflet de son vécu, comme si le physique pouvait exprimer des sons, des parfums, des couleurs, des pans entiers d’histoires, venus d’ailleurs… de son passé, d’autres passés… » (p. 20)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Cela fait un moment que je souhaitais lire Amulettes, dont le résumé est si intriguant et qui récolte pourtant des avis mitigés. Mais comme j’aime bien me faire ma propre opinion, je l’ai sorti de ma PAL avec enthousiasme… qui s’est éteint dès ma lecture des premières pages.

En fait, tout le début est très confus. Les points de vue changent constamment, se mélangent, se télescopent, et on ne comprend pas où tout cela va nous mener.

Nous faisons ainsi la connaissance du docteur Ian, qui au tout début, se retrouve devant l’ordre des médecins et se doit de raconter son histoire, celle de sa rencontre avec une patiente nommée Agrippine, qui a bouleversé sa vie. A partir de là, on a le droit pêle-mêle à son propre point de vue, celui d’Agrippine, des évènements que le docteur perçoit à travers les yeux d’Agrippine, des notes du docteur, des passages du journal intime d’Agrippine, du passé, du présent, tout cela mélangé sans d’évidentes indications au niveau de la mise en page. Il faut donc être bien attentif.

Le premier gros point positif de ce roman est son sujet. En effet, Agrippine débarque dans le cabinet du docteur Ian en lui avouant que son histoire a commencé 5000 ans auparavant, en Mésopotamie, et que depuis elle recherche son âme sœur, dont elle est séparée par une malédiction depuis toujours. Evidemment, elle suppose que le docteur est cette personne et elle tente de lui faire recouvrer la mémoire. Mais est-ce vrai ? N’est-elle pas folle ? Le psychiatre va donc devoir démêler le vrai du faux, en puisant dans son expérience et ses sensations, pour déterminer si tout cela est possible…

Il faut aussi saluer la maîtrise de l’autrice en histoire/géographie. Chaque plongée dans le passé est saisissante de réalisme et d’exactitude, si bien qu’on visualise parfaitement chacun des passés racontés par Agrippine.

Le souci que j’ai eu avec ce roman, c’est que j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, à cause d’un certain nombre de longueurs et d’incohérences et aussi de la plume, trop pompeuse, ce qui ne m’a pas permis de m’attacher aux personnages ou de vivre leur histoire. J’ai aimé les retours dans le passé mais j’ai trouvé le schéma trop répétitif.

Si la fin m’a surprise, elle m’a semblé trop expéditive pour une histoire qui trainait depuis 5000 ans.

C’est donc pour moi aussi une expérience mitigée. J’ai aimé l’exactitude du décor mais je n’ai pas apprécié la réalisation.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Après avoir refermé ce livre, si j’ai vécu une aventure riche de plusieurs siècles, il me reste quand même beaucoup de zones d’ombre, ce qui contribue à mon sentiment de confusion.

Typiquement, je me demande pourquoi seule Agrippine a conservé son physique alors que tous les autres non. Ou pourquoi le docteur Ian est le seul à avoir un nom proche de celui d’origine (surtout que c’est un nom de famille…). Ou encore comment Agrippine a-t-elle pu téléphoner alors qu’elle était kidnappée par Mortimer, qui soit dit en passant a pu conserver trois personnes en détention tout en voyageant avec Jérémie…

Je ne reviendrai pas non plus sur la fin, trop simple, où quelques mots suffisent à faire tomber la grande méchante déesse qui poursuit les amoureux depuis 5000 ans…

Les idées sont bonnes mais mal exploitées.

Peut-être aussi que le point de vue détaché du psy n’était pas le bon éclairage pour cette histoire qui parle d’un amour si profond qu’il a réussi à survivre pendant des milliers d’années. Je n’ai pas ressenti d’émotions fortes, ni pendant le récit en Mésopotamie, ni pendant les autres histoires au cours du temps. Je n’ai pas réussi à tomber amoureuse d’Ishtar et Jandra et ça me dérange.

Je m’attendais à vivre un voyage fort en sentiments, à travers le monde et les siècles. Pour le côté voyage, le pari est tenu mais mon petit cœur de midinette n’a pas assez tressauté durant cette épopée. Dommage.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Croiras-tu à l’histoire d’Agrippine ?

Dis-le moi en commentaire.