le chant d'achille

Le chant d’Achille de Madeline Miller

Editions : Pocket

468 pages

Paru le 2 avril 2015

Aperçu : Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu'Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux êtres si dissemblables.

Quand, à l'appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l'un et la colère de l'autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre... Au risque de faire mentir l'Olympe et ses oracles.

 

 

 

Mon commentaire général : Une plongée saisissante au coeur de l'Antiquité

Ma note : 5 ❤️

La citation qui résume tout : « Aucune loi n'oblige les dieux à être justes [...]. Et après tout, peut-être que l'ultime chagrin consiste à se retrouver seul sur terre une fois que l'autre est parti.» (p.112)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Madeline Miller connaît son sujet : prof de grec ancien et de latin, elle nous transmet sa passion pour l’antiquité avec détail et justesse, sans jamais oublier les émotions. On est bien loin d’un récit clinique de la légendaire guerre de Troie, mais plutôt dans le partage d’expérience de ceux qui l’ont vécue, avec tous les sentiments contradictoires que cela engendre.

Et quel personnage est le plus à même de raconter cette histoire que Patrocle, le fidèle compagnon du grand Achille, le meilleur des Grecs ?

L’autrice a donné une voix à celui qu’on pourrait croire juste spectateur des événements et pourtant qui a beaucoup fait dans l’ombre. Patrocle est l’âme d’Achille, qui nous paraît à l’inverse souvent froid et obstiné, sûr de sa valeur d’Aristos Achaion, parfois si peu humain. Or Achille n’est pas complètement humain : c'est un demi-dieu et sa mère n’a cessé de lui répéter qu’il valait mieux que tout le monde. Pourtant, son amour pour Patrocle l’adoucit et donne à voir une nouvelle facette du héros. 

La première partie s’attache à l’enfance d’Achille et Patrocle, élevés ensemble depuis leurs 10 ans, alors que Patrocle est exilé de la cour de son père pour la mort accidentelle d’un autre enfant. Puis on bascule sur la guerre de Troie, sa longueur, ses enjeux d’ego et d'honneur et ses tragédies. 

Au départ, Patrocle m’a un peu agacée : très peu confiant, mal à l’aise, il se présente de lui-même comme faire-valoir d’Achille qu’il admire. Mais c’est pendant la guerre qu’on comprend son importance : il représente la stabilité du héros, sa morale, son lien avec l’humanité.

Évidemment, quand on lit une retranscription historique, on sait déjà comment les choses vont finir. Outre la prophétie qui régit la mort d’Achille, on ne peut s’empêcher de réagir quand Achille s’exclame : “Pourquoi je tuerais Hector ? Il ne m’a rien fait”... Malgré tout, j’ai vécu les événements avec beaucoup d’intensité, tant je me suis attachée à ces personnages pour qui la gloire vaut plus la vie, même si l’amour aura été l’instrument de leur perte (Patrocle en voulant sauver l’honneur d’Achille et Achille par vengeance).

Bien plus accessible que l’Iliade, Le chant d’Achille est un merveilleux roman pour tous ceux qui voudraient découvrir de l’intérieur la plus légendaire des guerres et le destin de ses héros.

C’est un gros coup de coeur pour moi, mais je vais quand même me remettre de mes émotions avec une lecture doudou.

 

Et toi, tu l’as lu ?  Tu aimes les réécritures de mythes ?

Dis-le moi en commentaire.