à la pointe de l'épée

A la pointe de l’épée d'Ellen Kushner

Editions : ActuSF

542 pages

Paru le 11 Octobre 2019 (réédition)

Aperçu : Richard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d'Eau, le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu'impitoyable, violent à ses heures, ce dandy scandaleux gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale. Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons, certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va dès lors se retrouver au cœur d'un inextricable dédale d'intrigues politiques et romanesques qui pourraient bien finir par lui coûter la vie... Au-delà du roman d'aventures mâtiné de mélodrame, au-delà de l'hommage savoureux rendu à Dumas et aux grands récits de cape et d'épée, À la pointe de l'épée est une œuvre forte, profondément dérangeante, sur la nature de la réalité et la moralité de la violence. Une inoubliable galerie de personnages plus grands que nature, désespérés au point de tout risquer.

Mon commentaire général : une fresque admirable !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : «  Je parie que tu as raison, ce doit être quelque chose de gros. Le destin de l’état repose entre tes mains…» (Chap. 8)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Pour la réédition de ce classique de la fantasy, la maison d’édition ActuSF propose de découvrir tout l’univers d’A la pointe de l’épée. Le volume contient ainsi le roman, mais aussi les nouvelles écrites dans le même univers et des ajouts exclusifs pour cette intégrale, sous la forme de lettres, qui permettent de relier les différentes pièces entre elles.

A la pointe de l’épée, c’est avant tout un univers : celui des bretteurs, dans la Ville (jamais nommée). Les bretteurs sont des as de l’épée que n’importe qui, mais surtout les nobles, peut engager pour le protéger durant des évènements ou pour livrer ses duels à sa place. Un bretteur tuant un adversaire sous contrat ne sera ainsi jamais inquiété par la justice. 

Richard Saint-Vière est le meilleur des bretteurs, connu pour son habileté et sa maîtrise. Le recueil permet de suivre ce personnage singulier de son enfance à l’aventure qui risque de lui coûter la vie, en passant par ses débuts de bretteur dans la Ville. 

Malgré son manque de morale et de compassion, j’ai aimé le personnage de Richard. Il est droit dans ses convictions, respecte ses contrats à la ligne, même si cela nécessite de tuer des gens : après tout, c’est son métier. Il y a deux règles à savoir sur lui : Richard ne fait pas les mariages (c’est-à-dire qu’il ne supporte pas d’être engagé comme ornement) et il ne faut pas toucher à Alec, son compagnon, sous peine de vouloir mourir de la main du bretteur. C’est un anti-héros qu’on se prend à apprécier.

J’ai aussi aimé l’ambiance cape et épée et les intrigues politiques qui animent la Ville. Si certains duels sont motivés par l’honneur, d’autres servent surtout à asseoir le pouvoir de leurs commanditaires. 

Ce qu’on pourrait reprocher au roman en lui-même, c’est une mise en place assez longue. Il faut presque 200 pages pour que l’intrigue commence à se dessiner derrière la multiplicité des petits évènements. En comparaison, la conclusion paraît très rapide.

C’est là qu’inclure les nouvelles était une bonne idée. Avant le roman, deux nouvelles sont à lire et j’étais déjà conquise par le personnage, ce qui m’a sans doute incité à prendre mon mal en patience à la lecture du roman. Connaissant le caractère de Richard, j’avais vraiment envie de savoir comment tout cela allait se terminer.

En résumé, je suis très contente d’avoir découvert cette histoire et ses personnages si singuliers, mais ce livre n’est pas pour toi si tu préfères les romans qui vont à cent à l’heure.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je suis persuadée que les deux nouvelles qui présentent l’apprentissage de Richard et son arrivée dans la Ville ont changé ma façon d’aborder le roman

Tout d’abord, j’avais déjà eu un contact avec Richard. Je l’avais vu grandir, s’affirmer comme bretteur et commettre le premier acte horrible de sa jeune vie.

Clairement, Richard n’est pas un personnage sympathique, de ceux que l’on peut aimer. Il tue pour l’argent, sans en éprouver de remords ni de regrets. Le seul à trouver grâce à ses yeux est Alec, à qui il passe tout, et pour qui il tue sans sourciller.

Pourtant, Richard nous entraîne dans son monde violent et cruel et on le suit volontiers.

En tournant la première page du roman, j’étais déjà entrée dans son univers et cela change certainement la façon de percevoir la première partie du récit. C’est long, en effet. On ne comprend pas bien les relations des uns et des autres et ce qu’ils peuvent apporter à l’histoire. Cela vient plus tard. Au final, l’intrigue avec Horn n’est qu’un caillou dans l’engrenage : cela n’a pas une importance considérable, mais perturbe tout de même le récit. 

J’ai aimé que l’autrice brouille les pistes, moins que tout nous apparaisse lors du procès de Richard. Le rythme m’a ainsi paru déséquilibré.

Pour autant, s’il m’a fallu plusieurs jours pour en venir à bout, je suis tout de même satisfaite d’avoir pu découvrir ce roman qu’on cite souvent comme un classique du genre.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Petit, rêvais-tu de devenir mousquetaire ?

Dis-le moi en commentaire.

 

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