cendrillon et moiCendrillon et moi : la belle-mère parle enfin de Danielle Teller

Editions : Denoël

391 pages

Paru le 11 Avril 2019

Aperçu : C’est la marâtre la plus détestée de l’Histoire, celle dont on parle pour faire peur aux enfants désobéissants. Mais qui savait que la belle-mère de Cendrillon s’appelle en réalité Agnès, qu’elle a passé sa jeunesse à trimer comme bonne à tout faire, qu’elle a dû se battre comme une lionne pour accéder à un monde qui n’est pas le sien, que son époux est alcoolique et que sa belle-fille, petite princesse aux petons si délicats, est en réalité fort capricieuse ? Agnès n’en peut plus des sornettes autour des pantoufles, des princes charmants et des citrouilles. Elle est bien décidée à rétablir la vérité, quitte à égratigner quelque peu la version officielle.

Une réécriture ingénieuse et jubilatoire du célèbre conte, qui réussit l’exploit de nous faire aimer un personnage détesté.

Mon commentaire général : La version terre-à-terre de l’histoire de Cendrillon

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « J’en sais plus sur sa vie que quiconque sur cette terre, et la véritable histoire n’est pas aussi fantasque que celle chantée par les troubadours. » (p.10)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Ce que j’aime encore plus que les réécritures de contes, ce sont les réécritures du point de vue du méchant de l’histoire ! Je ne pouvais donc pas passer à côté de Cendrillon et moi.

Le parti pris de l’autrice est original : exit la magie et bienvenue dans le monde réel. D’ailleurs dans le tout premier chapitre, la narratrice dit clairement qu’elle va nous raconter la vraie histoire, bien loin des cancans, tous plus invraisemblables les uns que les autres. Une robe magique ? Des belles-sœurs mutilées ? Un prince qui a besoin de faire essayer une chaussure pour reconnaître celle avec qui il a dansé toute la nuit ? Un peu de sérieux !

Ainsi, le roman se concentre sur la belle-mère, Agnès, qui raconte sa vie, depuis son enfance et l’influence qu’elle a eue dans celle de Cendrillon, alias Ella.

Comme je le disais plus tôt, c’est un récit très terre-à-terre qui passe aisément pour un roman historique et sans quelques clins d’œil, on ne reconnaîtrait même pas le conte originel. C’est bien écrit, les personnages sont tangibles et crédibles et franchement, ça pourrait tout à fait être la retranscription de la vie d’une personne qui a réellement existé. C’est le point fort de ce roman… et aussi son point faible.

Car lorsque je lis une réécriture de conte, j’attends de plonger dans la magie et/ou l’exceptionnel. Du coup, j’ai été décontenancée par ce récit très réaliste. Même si j’ai apprécié de découvrir l’envers du décor, je me suis parfois ennuyée. En fait, l’histoire du conte n’intervient qu’à la toute fin. On découvre plutôt les interactions entre Agnès et Ella, et encore, cela intervient très tardivement (aux trois quarts du livre.

Par conséquent, Cendrillon et moi est un roman appréciable par sa volonté de déconstruire le conte, mais c’est aussi son défaut. Je suis donc partagée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

En fait, ce que j’aime dans les réécritures du point de vue des méchants, c’est de comprendre pourquoi ils en sont arrivés là. Personne n’est méchant par nature.

Le problème, c’est que dans Cendrillon et moi, il n’y a pas de méchants (à part Elisabeth, mais elle n’a rien à voir dans le conte).

Agnès n’est pas une vilaine belle-mère : c’est une femme pragmatique qui a gravi les échelons de la société grâce à son intelligence et à sa détermination. Elle ne passe aucun caprice à Ella, elle essaie d’agir avec justesse.

De même, les vilaines belles-sœurs ne sont pas horribles.

Même si c’était justement plaisant de voir rétablir un fond de réalisme dans le conte et de tourner en dérision les racontars, je ne m’attendais pas à avoir dans les mains un roman historique.

Je ne sais donc plus vraiment comment classer ce roman. D’habitude, les réécritures de conte s’inscrivent en fantasy. Clairement, ça n’est pas le cas ici. En roman historique alors ?

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Aimes-tu découvrir les « méchants » sous un nouvel œil ?

Dis-le moi en commentaire.

 

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