missouri 1627Missouri 1627 de Jenni Hendricks et Ted Caplan

Editions : Bayard

361 pages

Sortie le 24 Février 2021

Aperçu : Veronica est une ado de 17 ans à qui tout réussit. Jolie fille populaire et major de sa promotion, elle vient d'être admise dans la prestigieuse université de Brown. Ses parents sont très fiers de sa réussite. Et effectivement, sa vie semble toute tracée ! Pourtant le jour où Veronica découvre qu'elle est enceinte : son monde s'écroule. Ses chances d'intégrer l'une des meilleures écoles sont menacées.

Son petit ami est un loser et elle n'est pas prête à être mère. Mais Veronica vit dans le Missouri, un état où l'accord parental est indispensable pour qu'une mineure puisse avorter. Et elle sait qu'elle ne pourra jamais compter sur le soutien de ses parents. Sa seule solution : se rendre dans une clinique au Nouveau-Mexique, à près de 1 500 kilomètres de chez elle. Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, pour effectuer les 14 heures de route qui les séparent de la clinique.

Mon commentaire général : A mettre dans toutes les mains !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « ça va être un week-end inoubliable. » (p.42)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Une comédie sur l’avortement ? Oui, c’est possible !

Missouri 1627 parvient à aborder un sujet aussi grave sans jamais tomber dans le pathos, bien au contraire. Les dialogues sont à mourir de rire, le duo d’héroïnes est attachant et on ne s’ennuie jamais.

Le roman met en scène Veronica, 17 ans, à qui tout réussit. Elle est sur le point d’être nommée major de promo, elle va bientôt partir à l’université de Brown, elle est populaire et a un petit ami génial. Enfin, presque. Disons que si elle ne venait pas de découvrir qu’elle est enceinte, tout irait pour le mieux, d’autant qu’elle habite dans le Missouri où une mineure ne peut pas avorter sans autorisation parentale. Et raconter à sa famille catholique pratiquante qu’elle a eu des relations sexuelles n’est vraiment pas au programme, tout comme garder ce bébé. Veronica n’a plus qu’une solution : elle a un week-end pour faire l’aller-retour jusqu’à Albuquerque où elle pourra se faire avorter sans problème. Or, il lui faut un moyen de transport, et la seule personne disponible est son ex-meilleure amie Bailey. Les voilà parties pour un road-trip semé d’embûches

J’ai adoré ce roman. Non seulement parce que j’ai ri (à haute voix), mais parce que les émotions sont réelles et tangibles. Les deux jeunes filles sont touchantes, chacune à sa manière. En plus, c’est bien écrit !

C’est un roman à mettre entre toutes les mains parce qu’il parle de choix de vie, de construction de soi, de masculinité toxique aussi.

C’est un livre qui fait rire, réfléchir et grincer des dents. Il parle de la vie, tout simplement.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Evidemment, il y a quelques scènes complètement décousues : les vaches, le couple de catho qui veut les séquestrer…

Mais dans l’ensemble, c’est un roman composé sur des bases authentiques.

Il y a tout d’abord la solitude de certains adolescents.

Veronica est seule face à son problème. Elle ne peut pas en parler à sa famille, pour des raisons évidentes. Elle refuse d’en parler à ses amies, et si ça paraît absurde au départ, ça ne l’est plus à la fin devant leur attitude face à un Kevin fraîchement célibataire. Veronica n’a personne.

Elle a rejeté Bailey, trop extravagante pour elle, alors que celle-ci avait besoin d’être soutenue. Un divorce, un père qui ne veut plus entendre parler d’elle, un coming-out… Et pourtant, elle semble plus équilibrée que Veronica. Au moins, elle ne fait pas semblant.

Je les ai aimées chacune à leur manière, parce qu’on peut les comprendre toutes les deux.

Outre le sujet évident du droit de disposer de son corps, le roman aborde aussi clairement le sujet de la masculinité toxique avec deux exemples parlants.

Il y a tout d’abord Kevin qui choisit de mettre sa copine enceinte pour ne pas rester tout seul. Pauvre type… Je n’ai pas les mots pour caractériser une attitude aussi puérile.

Et puis, il y a le groupe de garçons dans le restaurant qui mettent en pièce la voiture de Bailey parce que les filles ont repoussé leurs avances.

Oui, c’est bien dans ce monde-là qu’on vit. Où une femme ne peut pas décider de son avenir ou de ses fréquentations sans en payer le prix d’une façon ou d’une autre.

C’est pour ça qu’il est important de faire lire largement ce livre, pour éduquer encore et toujours, en espérant que nos filles ne connaîtront jamais cela (même si j’en doute).

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu les road-trips ?

Dis-le moi en commentaire.

 

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