la fille d'avantLa fille d’avant de JP Delaney

Editions : Le livre de poche

506 pages

Paru le 28 Février 2018

Aperçu : C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée. À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

 

 

Mon commentaire général : je n’ai ressenti qu’une angoisse minimaliste…

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « Je pense que vous êtes peut-être en danger. » (p.223)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Intriguée par le résumé et cette maison si particulière, je me suis laissée tenter par ce thriller, tout de blanc couvert.

J’y ai rencontré Emma et Jane, deux femmes qui ont emménagé dans la même maison londonienne, aux règles particulières, à deux années d’intervalle. Un bail de près de 200 conditions, qui interdit de posséder des objets ou de laisser trainer des affaires sur le sol… Pourtant, ces deux femmes y trouvent un havre de paix, au début du moins. Emma a été victime d’un cambriolage qui a mal tourné et Jane a subi une fausse-couche. Le cadre strict de la maison leur convient pour prendre un nouveau départ. Et le séduisant propriétaire, un architecte qui a fait du minimalisme sa spécialité, n’est pas pour leur déplaire. Au début… Mais Jane finit par découvrir qu’Emma est morte, et qu’elle est peut-être en danger, elle aussi…

Le récit alterne les passages selon les points de vue d’Emma et de Jane, ce qui nous permet de mettre en parallèle leurs vies. On découvre petit à petit ce qu’il est arrivé à Emma et comment cela impacte le quotidien de Jane. Le rythme est bon. Ce n’est pas un thriller d’action, mais plutôt versé sur la psychologie des personnages. Il faut comprendre ce qu’ils nous révèlent et ce qu’ils cachent, pour démêler le fil des évènements.

Pourtant, je n’ai pas été happée par le roman. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à aucun d’entre eux. Même si les femmes nous racontent leurs vies, les émotions ne passent pas au lecteur. Et les personnages masculins ne sont pas mis en valeur non plus.

Au final, je me suis sentie spectatrice plutôt qu’immergée dans ma lecture et je l’ai terminé presque soulagée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il m’aura fallu plusieurs jours pour mettre le doigt sur ce qui m’a dérangée dans ce roman.

Tout d’abord, je m’attendais à ce que la maison ait plus d’importance dans le déroulé des évènements. Au final, ce n’est qu’un prétexte pour la rencontre d’Emma puis de Jane avec Edward. Je m’attendais à une espèce de huis clos, dans lequel Jane aurait peu à peu découvert des indices d’un harcèlement qu’aurait subi Emma, via des caméras ou des trucs dans la maison. Bref, un thriller très angoissant.

Clairement, ce n’est pas le cas.

Et puis, je suis extrêmement mal à l’aise de la façon de présenter Edward, qui est très certainement un pervers narcissique. Cependant, on le voit juste comme quelqu’un de strict, alors qu’il ne loue qu’à des femmes qui ressemblent à son ex, morte, et leur propose cash de coucher avec lui, avant de les soumettre à sa doctrine, sous peine d’être mal notées. Au final, lorsque le roman se termine, on aurait presque l’impression que c’est lui la victime. Après tout, Emma est une mythomane et Jane l’a piégé pour avoir un enfant. Il n’est qu’un pauvre homme trompé.

Et si Simon a agressé Emma, c’est parce qu’il la vénérait et qu’elle a refusé de le reprendre.

Je passerai aussi sur le flic qui n’a pas fait son travail parce qu’Emma est belle…

Ce roman m’a laissé un goût amer dans la bouche. Clairement, personne n’est parfait, mais les femmes ont le mauvais rôle, sans que l’attitude des hommes ne soit vraiment condamnée.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Signeras-tu le bail ?

Dis-le moi en commentaire.