fashion victimeFashion victime de Juno Dawson

Editions : Pocket Jeunesse

528 pages

Paru le 8 Octobre 2020

Aperçu : Lorsque Jana devient top-modèle, elle découvre que la réalité du métier n’a rien à voir avec l’image que l’on s’en fait...

Dans un parc d’attractions, Jana, seize ans, se fait repérer par un agent de mannequins. Après hésitation, la jeune fille accepte et signe un contrat. Elle défile bientôt pour les plus grands noms de la mode et évolue dans un milieu glamour mais cruel. Afin de gérer la pression, l’adolescente prend des tranquillisants et des somnifères. C’est le début d’un cauchemar qui poussera Jana à révéler au monde entier combien l’univers de la beauté peut être laid...

 

Mon commentaire général : Amour, gloire, beauté et le revers de la médaille…

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Ils nous traitent comme de la viande. Ils nous importent, nous font mariner, nous passent sur le gril. Et nous, on se laisse faire. En fait, j’ai l’impression que, parfois, ils préfèreraient qu’on soit de simples carcasses. Ce serait moins compliqué à gérer. » (p.195)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Fashion victime est un livre qui ne laissera personne indemne. D’ailleurs, je préfère nettement son titre VO Meat Market, littéralement « le marché de la viande », qui donne tout de suite le ton.

C’est l’envers du décor de la mode que nous découvrons avec Jana, 16 ans, lorsqu’elle se fait remarquer par un chasseur de tête d’une grande agence de mannequin londonienne. Issue d’une modeste famille d’immigrés serbes, la jeune fille n’a aucune idée de la laideur du monde qu’elle rejoint en signant son contrat de mannequin. Pourtant, elle va vite découvrir les coulisses du glamour : drogues, addictions, agressions sexuelles, mépris, fatigue, exploitation…

J’avais déjà beaucoup aimé la plume de Juno Dawson dans le précédent roman que j’avais lu d’elle (Toutes les vies de Margot, que je recommande), mais on peut dire qu’ici, elle frappe un grand coup. Je n’ai pas été surprise par les horreurs du monde de la mode, puisque j’avais déjà lu des livres sur le sujet (Jamais assez maigre de Victoire Maçon Dauxerre), mais clairement Juno Dawson va plus loin.

C’est un livre dur, qui ne cache rien. Et c’est bien, surtout quand le roman est clairement destiné aux adolescents. Il donne envie de le lire d’une traite, car on sait que quelque chose va mal tourner par la façon même dont le récit est présenté. C’est comme regarder un accident de train au ralenti.

La force de Juno Dawson réside dans le fait de proposer un roman au sujet grave, sans l’embellir, mais qui nous tient en haleine et présente des personnages très humains. Ils font des erreurs, tâtonnent, réussissent, se battent. Comme dans la vraie vie.

Cela me confirme, encore une fois, le talent de cette autrice dont je lirai avec plaisir d’autres romans.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce qui est surprenant, c’est que si j’ai aimé ce livre, je n’ai pas particulièrement accroché avec Jana.

Peut-être que cela vient de son caractère, un peu froid ou nonchalant, qui fait qu’elle ne s’attache pas vraiment aux gens, qu’elle ne montre pas ses émotions.

Je n’ai jamais réussi à savoir si elle aimait son métier, par exemple. Elle le fait clairement pour l’argent, mais n’y a-t-il pas en elle un peu de fascination ou d’amour ? Après tout, elle est adulée et célèbre. Ne ressent-elle rien ?

J’aurais aimé voir cette dualité. J’ai trouvé qu’on le percevait mieux chez les autres mannequins comme Clara, Lien ou Wesley qui continuent parce que malgré tout, ils l’aiment.

Mais il est vrai que, de façon globale, Jana ne partage pas ses sentiments avec nous, lecteurs. Elle dit aimer Ferdy, mais on ne le voit pas, par exemple.

Bref, c’est un livre qui aurait gagné à jouer la carte de l’émotion, ce qui l’aurait fait passer, pour moi, du très bon roman à l’inoubliable.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connaissais-tu les dessous de la mode ?

Dis-le moi en commentaire.