mers mortesMers mortes d’Aurélie Wellenstein

Editions : Scrinéo

368 pages

Paru le 14 Mars 2019

Aperçu : Mers et océans ont disparu. L'eau s'est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines..., arrachent l'âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l'humanité, peuvent les détruire.

Oural est l'un d'eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu'il protège depuis la catastrophe. Jusqu'au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes... De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l'objectif de ce dangereux périple.

Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Mon commentaire général : un roman écologique aux personnages très humains

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « A travers cet homme miroitait la promesse d’une aventure grandiose, celle dont il avait toujours rêvé derrière les murs de son bastion. La perspective de se confronter à des évènements à la fois lugubres et magiques, ainsi qu’à ce fameux Léviathan. » (p.167)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Commence par admirer cette superbe couverture, qui finalement représente si bien le livre : un dauphin fait d’une matière intangible qui constitue aussi l’eau. Tu y es ?

Cette ambiance est exactement celle du roman.

Mers mortes est à la fois un roman fantastique et d’anticipation. Dans un futur (plutôt ?) proche, les mers et les océans ont disparu, avec tous les animaux aquatiques. Sans eau, la température globale est rapidement montée et la Terre ressemble à un vaste désert. Les humains rassemblés en communautés doivent non seulement affronter cet environnement hostile, mais aussi les marées fantômes qui déferlent sur le monde régulièrement. Ces mers charrient les fantômes de tous les animaux tués par l’homme, et ceux-ci sont prêts à prendre leur vengeance en absorbant l’âme des humains.

Oural est un exorciste, capable de lutter contre les fantômes et de protéger les siens. Dans son bastion, il est considéré comme un seigneur. Un jour, outre les habituels fantômes, la marée porte jusqu’à eux un bateau de pirates, menés par le capitaine Bengale. Il enlève Oural car il a besoin d’un exorciste pour circuler sur les mers mortes. C’est un parcours sanglant à travers le monde dévasté qui attend Oural, avec un objectif ambitieux : réparer les erreurs du passé

La plume d’Aurélie Wellenstein est toujours aussi agréable, ce qui contraste avec le sujet très dur et l’ambiance sombre. En même temps, avec cette autrice, il ne faut pas espérer un roman feel good ! Âmes sensibles, attention : l’autrice explique de façon très détaillée les tortures que l’on fait subir aux animaux. Pour moi qui suis très informée de la cause animale, je n’ai rien découvert, mais je conçois que cela puisse choquer les plus impressionnables d’entre nous. (et en même temps, j’ai envie de te dire que c’est bien que ça perturbe, parce que cette violence est juste insupportable !)

Si j’adhère à 200 % au message écologique, je reste tout de même perplexe face à Mers mortes.

Tout d’abord, la situation de départ n’est pas vraiment expliquée. Cela fait quinze ans que les mers ont disparu, mais on ne sait pas comment, ni pourquoi, ni comment les gens survivent.

Puis, j’ai eu l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose dans le roman. Si je peux me permettre une analogie : on navigue un peu à vue, avec un objectif très lointain, et le reste du temps, on attend la marée.

Et si j’ai apprécié les personnages, du moins le capitaine et son équipage, Oural m’a désarçonnée. Je ne sais pas trop si je l’apprécie ou s’il m’agace, sûrement un peu des deux.

En résumé : Mers mortes est un roman qu’il faut lire pour son message écologique, mais ce n’est pas un roman trépidant ni scientifique.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Pour un esprit cartésien comme le mien, il y a trop d’approximations dans Mers mortes.

J’ai déjà parlé de la disparition des mers, soudaine et inexpliquée, pour laquelle j’ai cherché en vain une explication. Je n’ai pas compris non plus comment les humains parvenaient à cultiver des fruits et des légumes, ni comment des animaux tels que les crabes pouvaient encore survivre…

Et puis la fin est arrivée, et j’en suis restée ébahie. Comment le Léviathan a-t-il rétabli les mers ? Je veux bien admettre que dans un livre fantastique, tout ne s’explique pas. Mais là, c’est un peu gros. Et puis pourquoi Bengale n’est-il pas mort ? Son sacrifice réside-t-il dans le fait de livrer ses amis ?

Quand j’y repense, c’est un long voyage, pour une résolution qui tient en cinq pages. Encore une fois, l’intention tient peut-être au voyage en lui-même, mais comme la plupart des personnages disparaissent, il est difficile d’y voir une évolution.

Bref, encore une fois, je suis perplexe.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Es-tu conscient de l’enjeu écologique ?

Dis-le moi en commentaire.