la princesse au visage de nuitLa princesse au visage de nuit de David Bry

Editions : L’Homme Sans Nom

296 pages

Paru le 8 Octobre 2020

Aperçu : Dans les bois vit la princesse au visage de nuit ; ses yeux sont des étoiles et ses cheveux l’obscur.

Hugo, enfant violenté par ses parents, s'est enfui avec ses amis dans la forêt, à la recherche de la princesse au visage de nuit, qui exaucerait les vœux des enfants malheureux... Il est ressorti du bois seul et sans souvenirs, et a été placé dans une famille d'accueil.

Vingt ans plus tard, alors qu'il a tout fait pour oublier son enfance, Hugo apprend la mort de ses parents. Mais, de retour dans le village de son enfance, il découvre que ses parents auraient été assassinés, et d'étranges événements se produisent. La petite voiture de son enfance réapparaît comme par magie. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois. Les orages soufflent des prénoms dans le vent.

Mon commentaire général : un thriller fantastique qui manque de fantastique…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « La princesse au visage de nuit est de retour. Comme toi, bien sûr. » (Chap.1)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Ce sont la splendide couverture et le résumé si intriguant qui m’ont irrémédiablement attirée vers La princesse au visage de nuit. J’ai lu le roman en version numérique, mais il parait que l’objet-livre est magnifique, avec de superbes illustrations sur ses pages.

Le roman est présenté comme un thriller fantastique, ce qui se ressent bien à la lecture de la quatrième de couverture : une enquête, une princesse qui exauce les vœux des enfants dans une forêt étrange…

Et c’est bien le sujet du livre. Le protagoniste, Hugo, est parti à la recherche de la fameuse princesse avec deux de ses amis, l’été de ses neuf ans. Il est le seul à être sorti de la forêt, sans qu’on sache ce qu’il est advenu des deux autres. Or vingt ans plus tard, il est forcé de revenir dans le village de son enfance, pour assister à l’enterrement de ses parents qui le maltraitaient. Il pensait laisser tout cela derrière lui, mais il semblerait que ses parents aient été assassinés, et qui aurait pu vouloir leur mort plus que lui ? C’est le début d’une enquête aux frontières du fantastique, dans un petit village qui n’a pas fini de révéler ses secrets

La princesse au visage de nuit est un roman qui se lit très bien. J’ai personnellement failli le finir en une soirée ! La plume est fluide, les révélations réparties dans le roman, ce qui maintient un intérêt constant. Les personnages sont nombreux et variés, peut-être un peu trop nombreux justement, puisque j’ai eu du mal à me rappeler leurs noms à tous. Mais comme certains sont horriblement cliché, ça permet de les garder en tête (et du coup, on se demande si c’est fait exprès…).

J’ai adoré la légende du village : la princesse qui se cache dans les bois et permet aux enfants maltraités de voir exaucés leurs vœux. Sauf que parmi les enfants qui y sont allés, très peu en sont revenus… En tant que lecteur, on s’interroge beaucoup. Est-ce réel ? Y a-t-il une explication logique à ces disparitions ? Et à tous ces morts dans le village ?

Et en fait, pendant la majorité du récit, le fantastique n’est qu’une trame de fond, une possibilité. Si tu t’attends à un thriller bourré de magie et de créatures fantastiques, tu vas être déçu. En revanche, si tu apprécies les thrillers d’ambiance, dans un petit village plein de secrets qui remontent doucement à la surface, tu vas adorer.

Pour ma part, il m’aura manqué cet aspect fantastique, et j’ai trouvé la conclusion trop rapide, et pas assez détaillée. Il m’aurait fallu plus d’approfondissements pour que j’en saisisse toute la portée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Parmi la masse de personnages, je n’ai pas compris l’intérêt des amis parisiens ultra-cliché. Ils servent peut-être à montrer qu’Hugo s’est créé une famille de cœur à Paris, avec lesquels il partage des soirées de beuverie. Sauf que nous n’en savons pas assez sur eux pour réussir à s’attacher à eux. Même la tentative de suicide de Sébastien n’est qu’un maigre rebondissement, dont je n’ai pas compris le but. En fait, si on les enlève du récit, cela ne change rien à l’histoire

Quant à l’intrigue en elle-même, je n’ai pas vraiment saisi pourquoi la mort des parents d’Hugo n’intervient que vingt ans plus tard. On peut supposer que les autres enfants se sont aussi vengés de leurs tourmenteurs. Et en effet, l’antiquaire (autre cliché) meurt bien inexplicablement (tué par Sophie ?) au moment du solstice. Sauf que Rodolphe, le garçon qui harcelait Pierre, s’est noyé quelques années auparavant si mes souvenirs sont exacts. Ainsi, tout n’intervient pas sur la même temporalité, ce qui m’a perdue.

La fin va si vite qu’il est impossible d’y trouver toutes les réponses. On peut justifier une conclusion par du fantastique, mais en général, des éléments ont été glissés dans le récit pour amener cette non-explication. Ici, ce n’est pas vraiment le cas. Je pensais sincèrement qu’on allait expliquer les disparitions par une cause bien tangible, au point que j’en étais arrivée à douter de l’existence de la princesse.

Si on le présente en tant que thriller, il y a une touche de fantastique à la fin, qui fait un peu Deus ex-machina. Et si c’est un thriller fantastique, ça manque de fantastique à mon goût.

En résumé, je reste un peu sur ma faim.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Iras-tu à la rencontre de la princesse au visage de nuit ?

Dis-le moi en commentaire.