ghost loveGhost love de Loïc Le Borgne

Editions : ActuSF

315 pages

Paru le 4 Septembre 2020

Aperçu : La vie de Mathis a pris un tournant bien sombre depuis que son frère s’est tué en voiture. Oscillant entre soirées alcoolisées avec sa bande d’amis et job étudiant au journal du coin, son été s’étire dans la chaleur et la culpabilité.

Il dérive jusqu’à Éléonore, jeune femme pleine de charme et de mystères. Ses goûts, ses paroles, ses passions s’accordent à merveille à ceux du jeune homme, bien qu’elle refuse tout contact physique...

Sans cesse ramené au manoir abandonné du coin, Mathis s’embarque dans une histoire qui le dépasse, mais qui pourrait bien l’aider à panser quelques plaies.

 

Mon commentaire général : un roman fantôme…

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « C’était toujours ainsi avec la mort. Elle avait deux visages à deux tranchants, du moins pour moi : l’ombre et la lumière, l’espoir et la désespérance. » (p.46)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Ghost love fait partie de ces romans dont la couverture, le titre et le résumé me font saliver d’avance. J’adore tout simplement cette image aux accents gothiques, comme un vieux camée, qui donne tout de suite le ton de l’histoire.

Car ce livre est indéniablement un roman d’ambiance, un peu hors du temps, suranné, mélancolique. Le personnage principal n’a que 18 ans, mais donne l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies. La plume, belle et classique, renforce ce sentiment. Sans la technologie moderne utilisée dans le roman, on pourrait sans conteste le transposer en un film en noir et blanc.

Nous suivons ainsi Mathis, 18 ans. Pigiste au journal local pour l’été, Mathis se lie d’amitié (voire plus) avec une de ses collègues : la mystérieuse Éléonore. Ensemble, ils vont essayer de découvrir la vérité sur les intentions du promoteur qui cherche à acheter le manoir décrépit d’Alice Heine, princesse de Monaco…

Il est difficile d’en dire plus sans révéler une partie de l’intrigue. Or, le mystère est un élément majeur du récit. Fantastique et histoire se mêlent ici intimement et il n’est pas rare de croiser dans les pages l’empreinte d’un personnage historique célèbre. L’auteur s’est librement inspiré de la vie de ces célébrités, selon ce qu’il confie dans ses notes de fin d’ouvrage, et c’est plaisant.

Par contre, je ne suis pas parvenue à me sentir impliquée dans l’histoire. Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages, ni sentie concernée par l’enjeu. Je suis restée complètement spectatrice, et hermétique aux sentiments des protagonistes. La romance est arrivée trop vite pour que j’y croie et je n’ai pas tremblé pour le devenir des personnages. Je me suis contentée de voir le film, sans le ressentir.

En résumé, Ghost love est un roman à l’ambiance sombre et romantique, qui plaira aux amateurs de fantastique et d’Histoire. Il m’aura personnellement manqué des émotions pour me sentir transportée par le récit.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Si Mathis et Éléonore/Alice s’entendent si bien, c’est sûrement parce qu’il ne se conduit pas comme un jeune homme de 18 ans. Mathis vit dans le passé, aux côtés des écrivains qu’il apprécie. D’autant que les adolescents qu’il fréquente sont à l’opposé de son style, si bien qu’on se demande pourquoi ils s’apprécient. À un âge où on tente de se conformer à un groupe social, il presque étonnant que Mathis et Jaouen soient meilleurs amis. J’ai d’ailleurs tiqué sur les clichés sur pattes que sont les altermondialistes et écologistes…

Alors que le récit semble se dérouler sur quelques jours, Mathis parvient à tomber désespérément amoureux d’Alice, au point de lui proposer de mourir pour elle. Il y a quelque chose qui est allé beaucoup trop vite pour moi, si bien que je n’ai pas réussi à prendre le train en marche. Surtout pour en changer brutalement vers la fin du récit, alors que Mathis se rend compte qu’en fait, c’est Oriane qu’il aime.

Je n’ai pas non plus réussi à percevoir l’importance de l’intrigue concernant la Porte de l’Éclat, ni les vraies motivations de Sar Lusignan pour condamner tous les esprits à l’errance. Je suis tout simplement passée à côté des explications.

Tout cela fait que je ne me suis pas sentie impliquée aux côtés de Mathis et Alice pour sauver le manoir et la Porte. Je ne comprenais pas pourquoi (pourquoi il fallait le faire, pourquoi certains voulaient la détruire et pourquoi ils faisaient équipe) et de fait, j’ai laissé couler le récit devant mes yeux, sans conviction.

C’est dommage parce que j’ai aimé en apprendre plus sur Alice, cette grande dame moderne avant l’heure, qui a inspiré des artistes de renom. J’en retiendrai au moins cela.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Crois-tu aux fantômes ?

Dis-le moi en commentaire.