les énigmes de l'aube T1Les énigmes de l’aube, tome 1 : Premier souffle de Thomas C. Durand

Editions : ActuSF

404 pages

Paru le 28 août 2020

Aperçu : « Bonjour, c'est ici pour apprendre la magie ? »

Anyelle a un don. Un sacré don même ! Elle peut renforcer la magie de ceux qu'elle touche. Mais pour maîtriser cette aptitude et apprendre, elle doit quitter la forêt qui l'a vue naître... La voilà en route, joyeuse, insouciante et un peu maladroite pour une école prestigieuse de magie... qui n'aime malheureusement pour elle, ni les filles ni les pauvres...

 

 

 

 

Mon commentaire général : HP version cocasse !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Faire de la magie […]. Et puis comprendre des choses. Avoir le choix de faire ce qu’on veut. » (p.399)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Premier souffle marque le début d’une série fantasy originale, bourrée d’humour.

Nous y suivons Anyelle, 9 ans, qui découvre, par hasard, qu’elle possède un don magique exceptionnel : celui d’exacerber la magie des autres. Dans les Troyaumes, il n’est pas rare d’avoir un don, mais celui de l’enfant est prodigieux. S’il n’est pas maîtrisé, cela pourrait poser de gros problèmes (et il en a déjà causé…). Il faut donc envoyer Anyelle dans une école de magie, à Hasturget, la grande ville, bien loin de la forêt où elle a grandi. Or l’école de magie n’accepte pas les filles, sauf si elles viennent d’une famille riche. Pourtant, devant l’intensité du don d’Anyelle, il faut bien se rendre à l’évidence : cette petite fille doit apprendre la magie

On pourrait voir dans cette série un air de déjà-vu : une enfant pauvre dans une école de magie, qui se bat contre le mépris des profs et de ses camarades… Pourtant, l’auteur réussit à nous faire oublier le petit sorcier à lunettes grâce au comique. Les situations cocasses sont nombreuses, tout comme les jeux de mots. Le récit est parfois absurde, les répliques sont souvent hilarantes. Les notes de bas de pages font sourire. Bref, on s’amuse vraiment !

Et puis, il y a Anyelle, et son caractère. J’ai fréquemment oublié qu’elle n’avait que neuf ans, devant sa perspicacité et sa détermination. C’est une petite fille admirable, qui doit se battre seule dans un monde d’hommes, où ses capacités sont niées à cause de son sexe. Elle ne baisse pas les bras devant l’adversité, bien au contraire. Ce n’est pas parce qu’elle est 1/ une fille, 2/ pauvre, 3/ pas très concernée par l’apprentissage si elle n’y trouve pas d’intérêt, qu’elle va se laisser marcher sur les pieds !

Le seul bémol que je trouve à ce roman, c’est un manque de rythme vers les trois quarts du récit. Le temps m’a parfois semblé un peu long…

Néanmoins, c’est un roman qui peut être lu à tout âge, parce qu’il propose différents niveaux de lecture. Les plus jeunes passeront à côté de certaines références, mais ils pourront se reconnaître dans le personnage d’Anyelle.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Dans son parcours, Premier souffle n’est pas vraiment original. Dès la première mention du Troisi, on se doute que cela va devenir l’objectif d’Anyelle. Avec un don aussi puissant, l’enfant est destinée à quelque chose de grand.

Sa plus grande qualité (son intelligence) est aussi son plus gros défaut (en plus de son sexe, évidemment) pour ses professeurs : elle n’accepte pas sans comprendre. Par conséquent, elle pose trop de questions, remet en doute les certitudes et refuse de se conformer à la passivité. Une fille pauvre et intelligente dans une école de magie misogyne, forcément, ça fait des étincelles (ou des éclats de verre…).

Je suis quand même déçue que l’auteur ait utilisé le biais de l’amourette pour lui faire choisir sa voie. Une fille ne dirige pas sa vie en fonction de ce que pensent les hommes ou pour un garçon. Elle le fait POUR ELLE-MÊME ! Il aurait suffi que le professeur l’emmène au concert, qu’elle soit bouleversée par la Magie Harmonique, pour décider d’en faire son but. Pas besoin de la faire rougir devant Wymas pour cela. Surtout à 9 ans ! J'avais envie de faire lire ce livre à ma fille, 10 ans, mais j'hésite à présent. Je ne voudrais pas qu'elle s'imagine que son avenir dépende d'une autre raison que sa propre volonté.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Pousseras-tu les portes de l’ École des Magies Utiles et Laborieuses ?

Dis-le moi en commentaire.