la_fauteLa faute de Paula Daly

Editions : Pocket

410 pages

Paru le 11 juin 2015

Aperçu : Avec trois enfants au foyer et un métier à plein temps, Lisa Kallisto est une femme débordée. Elle a du mal à être à la fois la mère, l’épouse et l’amie idéale qu’elle voudrait être et se le reproche sans cesse. Aussi envie-t-elle la vie facile de sa meilleure amie, Kathy, mère au foyer, pour qui tout semble plus simple. Le jour où la fille de Kathy, Lucinda, qui devait dormir chez elle, disparaît mystérieusement, l’existence de Lisa tourne au cauchemar. L’adolescente a-t-elle été enlevée, comme cette autre jeune fille, que l’on vient de retrouver par miracle, errant à moitié nue et complètement traumatisée dans les rues de la ville ? Si Lucinda ne revient jamais, Lisa, qui se sent terriblement en faute, ne se le pardonnera jamais. Aussi n’a-t-elle pas le choix, elle doit tout faire pour retrouver la jeune fille. Avec ce portrait d’une femme aux abois salué par une critique unanime, Paula Daly fait une entrée fracassante dans le monde du thriller. D’une écriture passionnée, elle fait preuve d’une compréhension viscérale des illusions et des humiliations qui peuvent naître de l’amitié et de la vie conjugale. Un double coup de théâtre final hisse Daly au rang de star du genre, de celles qui savent prendre des risques.

Mon commentaire général : La charge mentale peut être mortelle…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Il y a apparemment une grosse différence entre l’idée que je me fais d’autrui et la triste réalité. » (p.275)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Le thriller n’est pas mon genre littéraire de prédilection. Néanmoins, j’aime bien lire un bon thriller de temps en temps.

La faute est un roman qui joue sur les peurs profondes des mères de famille. Et si votre enfant venait à disparaître ? Et si l’enfant de votre amie était kidnappé, à cause d’une de vos erreurs ? Voilà le point de départ de ce thriller, où la disparition d’une adolescente, alors qu’un pédocriminel rode dans les environs, va mettre la petite bourgade anglaise de Troutbeck sens dessus-dessous. Car lorsqu’un évènement aussi grave se produit, tous les autres secrets sont condamnés à être dévoilés…

Raconté selon trois points de vue, le récit montre tous les aspects de l’enquête, aussi bien policière que personnelle. Si le point de vue du kidnappeur était dispensable parce qu’il enlève certains éléments de surprise, les deux autres apportent vraiment un plus. D’un côté, on a Lisa, la femme qui pense que l’enlèvement de l’adolescente est de sa faute. Elle est la caricature de la femme rongée par la charge mentale, qui tente d’assurer aussi bien en tant que femme, mère et directrice d’un refuge pour chiens et chats. De l’autre, on suit Joanne, l’inspectrice de police chargée de l’enquête, ce qui permet de monitorer l’avancée de la police dans cette affaire qui n’a rien de simple.

La plume est agréable, le récit se déroule à un bon rythme, entre enquête et quotidien, puisque la vie doit bien suivre son cours malgré tout.

Le final se veut incroyable, mais l’un de ses « rebondissements » n’en est pas un, tant il est attendu.

En résumé, La faute est un bon thriller, basé sur la psychologie humaine plus que sur la peur du lecteur.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai bien aimé l’implication de Kathy et ses manigances, qui dans son esprit malade, sont la réponse à ses problèmes de couple. C’est original dans l’approche.

Par contre, le personnage de Lisa m’a parfois agacée dans sa conception. C’est une caricature de la femme moderne. Elle est dépassée par tout, se culpabilise parce qu’elle n’y arrive pas, mais ne demande jamais d’aide. Elle donne l’impression à la lectrice – parce que ce thriller est clairement écrit par une femme pour les femmes – que l’enlèvement de Lucinda est vraiment de la faute de Lisa, parce qu’elle n’a pas assuré. Jamais on ne nous dit que la charge mentale que subit Lisa n’est pas normale, qu’elle devrait pouvoir se reposer sur son mari pour faire fonctionner le quotidien.

Surtout que la note de l’autrice, qui explique comment l’idée a germé dans son esprit, parle bien de cette fatigue de la mère de famille… sans vraiment la dénoncer.

C’est dommage. Le message du livre aurait pu être : n’attendez pas que quelque chose de grave se produise avant de remettre en cause votre vie.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Trouveras-tu le fin mot de l’histoire ?

Dis-le moi en commentaire.