taxonomie de l'amourTaxonomie de l’amour de Rachael Allen

Editions : Bayard

448 pages

Paru le 8 Juillet 2020

Aperçu : L'été de ses 13 ans, Spencer, adolescent atteint du syndrome de La Tourette, doit réaliser un projet sur la taxonomie. Dans le même temps, Hope emménage dans la maison d'à côté. Il est séduit par l'originalité de cette fille qui aime grimper aux arbres, raconte des anecdotes bizarres et ne se moque pas de ses tics moteurs et vocaux. Ils nouent des liens intenses, oscillant entre amour et amitié.

 

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Une tranche de vie incroyable…

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Je repense à ce que ça fait d’être différent dans un monde où les gens sont semblables. » (p.276 )

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Taxonomie de l’amour est un roman singulier.

Tout d’abord, grâce à la présence de ces taxonomies qui émaillent le récit. Ce sont des diagrammes dont on se sert habituellement pour classer les espèces animales ou végétales en famille. Ils sont ici détournés pour représenter d’autres genres de groupes, par exemple : « Taxonomie de tous les gens que vous croiserez au lycée » (p.268). Ces taxonomies sont indispensables pour Spencer, le héros, afin de répertorier le monde qui l’entoure et qu’il ne comprend pas toujours.

Cela m’amène à mon deuxième point. Le roman traite d’une maladie connue et souvent dépassée par les clichés : le syndrome de La Tourette. L’autrice dénonce justement toutes ces idées reçues sur cette maladie (les insultes notamment ou le fait d’être arriéré mental) et nous entraîne dans le quotidien difficile d’un jeune qui en est atteint. On y voit aussi un garçon lutter pour être « normal » et se faire accepter. C’est touchant.

De plus, c’est pour une fois, un roman écrit du point de vue d’un adolescent, et qui contient de la diversité. Là encore, les clichés sont dénoncés, en douceur.

En fait, Taxonomie de l’amour, c’est un roman plein d’empathie, qui nous offre une tranche de vie dans le quotidien de Spencer, quelqu’un d’exceptionnel. La romance est pour moi complètement passée au second plan. Il faut dire que j’ai été fascinée par l’intelligence et la détermination de Spencer et j’en ressors très touchée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Quand je repense à ce roman, je me rends compte que l’intrigue n’est pas très fournie. C’est l’histoire d’un adolescent qui essaie de trouver sa place dans le monde et qui tombe amoureux. Sauf que ce garçon est atteint d’une maladie à la réputation désastreuse et qu’il vit dans une petite ville du Sud des États-Unis où il n’est pas près d’être accepté.

C’est un garçon qui doit non seulement lutter contre sa maladie, les préjugés grotesques, mais aussi se situer par rapport à son frère si charismatique, ou ses sentiments ambivalents pour sa voisine Hope.

C’est un garçon à la fois normal et « différent » (même si je n’aime pas ce terme). Un ado qui devrait être populaire parce qu’il est intelligent et doué en lutte, mais qui ne le sera jamais parce qu’il est malade.

Les personnages secondaires sont tout aussi bien travaillés. Hope est la fille solitaire qui a perdu sa sœur et à qui on ne laisse pas vraiment faire son deuil. Jayla est la fille noire dans une ville au passé esclavagiste. Traven est le garçon bizarre qui aime les licornes. Et mention spéciale à Mimi, la grand-mère, juste géniale.

Au final, Taxonomie de l’amour est un roman où il ne se passe pas grand-chose, à part la vie. Et c’est déjà énorme.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Iras-tu faire un tour à Peach Valley ?

Dis-le moi en commentaire.