PS tu me manquesP.-S. : Tu me manques de Jen Petro-Roy

Editions : Pocket Jeunesse

288 pages

Paru le 5 Septembre 2019

Aperçu : Cilla, la sœur aînée d’Evie, n’est plus là. Enceinte à seize ans, elle a été envoyée en pension à des centaines de kilomètres… Alors, Evie lui écrit chaque jour ou presque : elle lui raconte son quotidien d’adolescente, le collège, la comédie musicale à laquelle elle participe, l’arrivée à l’école d’une nouvelle, June, qui fait battre son cœur un peu trop fort…

Pour toute réponse, Evie ne reçoit que deux lettres, glaciales, comme si Cilla voulait couper les ponts. Convaincue que sa sœur est en danger, Evie part à sa recherche…

 

 

 

 

Mon commentaire général : Tellement d’émotions !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Je vais prier pour que tu sois heureuse, que ton bébé soit en sécurité et que June et moi arrivions à démêler ce qu’il y a entre nous. » (p.186)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

P.-S. : Tu me manques est un roman particulier dont je me souviendrai sûrement longtemps.

Tout d’abord, c’est un roman épistolaire, composé des lettres qu’Evie, 12 ans, envoie à sa sœur Cilla, 16 ans, envoyée chez sa tante pour cacher une grossesse problématique dans leur famille catholique ultra-pratiquante. Il n’y a que ces lettres, restées pour la plupart sans réponse. Evie y évoque ses interrogations par rapport à sa sœur, mais se pose aussi des questions sur sa vie quotidienne : la place et l’intérêt de la religion, le fait que ses parents n’évoquent plus Cilla, mais aussi sa sexualité.

On suit le cheminement intellectuel de cette petite fille, très mature, parfois trop. Pour autant, cela parait juste, même si les mots utilisés ne sont pas toujours ceux d’une enfant. Elle s’interroge sur son monde, sur le fonctionnement de sa famille en la comparant aux autres, sur elle-même. Écrire est en fait un moyen d’introspection pour elle qui n’a personne à qui se confier.

C’est un roman qui se lit bien. L’action n’est pas vraiment présente. En tant que lecteur, on soupçonne le fond de l’intrigue, mais tout est amené très doucement, de façon à rendre les émotions encore plus intenses. J’ai été touchée par Evie et je pense que ses mots résonneront particulièrement chez les adolescents.

En résumé, P.-S. : Tu me manques est un roman tout doux, mais à la fois très grave,qui trouvera sans aucun doute un écho chez son public cible.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Evie a 12 ans. Dès lors, il est compréhensible qu’elle ne détecte pas le drame qui se joue derrière l’absence de réponse de Cilla.

Pour le lecteur, c’est autre chose, même si je n’avais pas vraiment pressenti la mort en couches. Dans notre monde moderne et dans un pays comme les États-Unis, cela pourrait paraître impossible. J’avais davantage pensé au suicide ou à la fugue. En tout cas, sans aucun doute, quelque chose de dramatique, qui laissait supposer que Cilla n’était plus vivante.

Ce n’est pas tant la disparition de Cilla qui m’a interpellée que la réaction des parents. Dissimuler la mort de sa sœur à leur fille est tout simplement abject et renforce l’idée que je m’étais fait d’eux dès le départ. Plus préoccupés par les apparences, ils ont oublié que leur religion demande d’aimer son prochain. Même leur fille de 16 ans enceinte. Aucune justification ne se tient pour rejeter son enfant, ni pour empêcher un autre de faire son deuil. Croyaient-ils vraiment qu’Evie allaient oublier Cilla, tout comme ils souhaitaient effacer d’un coup de baguette magique leur attitude abominable ?

J’ai rarement croisé des personnages aussi détestables dans un roman. D’autant qu’ils sont en balance avec Evie, toute douce, qui a peur d’assumer son homosexualité parce qu’elle pense que ses parents vont la renvoyer. Je suis en colère pour cette petite fille qui mérite tellement mieux.

J’espère qu’elle trouvera des oreilles attentives parmi les lecteurs. Des enfants qui, eux aussi, se posent ce genre de questions et qui devraient être rassurés. J’espère qu’ils comprendront qu’ils sont dignes d’être aimés.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Succomberas-tu à la plume d’Evie ?

Dis-le moi en commentaire.