la malédiction des dragensblotLa malédiction des Dragensblöt, tome 1 : Le château d’Anne Robillard

Editions : Michel Lafon

329 pages

Paru le 12 Mars 2020

Aperçu : Perdu dans un brouillard londonien, Samuel Andersen échoue devant les grilles d'un mystérieux manoir. Très vite, il comprend que ce n'est pas un lieu ordinaire : le feu de cheminée ne s'éteint jamais, le portail s'éloigne dès qu'on tente de s'en approcher... et dans un immense couloir sont alignées quarante-six étranges portes, toutes fermées à clef.

Plus bizarre encore, le manoir est occupé par les ancêtres de Samuel. Pire, ces spectres sont privés de repos à cause d'une malédiction jetée sur leur famille, les Dragensblöt.

 

 

 

 

Mon commentaire général : Voyage dans l’Histoire !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Le château est la prison de toutes les âmes de ma lignée. » (p. 35)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est avec La malédiction des Dragensblöt que je découvre Anne Robillard, pourtant bien connue des amateurs d’Heroïc Fantasy.

Tout en sachant que l’autrice est québécoise, j’ai tout de même été surprise par les expressions canadiennes glissées dans le récit (« Assoyez-vous » par exemple). Il faut s’y faire, mais à part ça, la plume est agréable.

Partons donc à Londres, à la rencontre de Samuel Andersen, un musicien qui a tout perdu. Tellement qu’il compte se jeter dans la Tamise. Pourtant, avant de mettre son projet à exécution, il est abordé par un homme sorti tout droit du passé qui lui remet un étrange testament. Samuel a hérité du manoir londonien d’un ancêtre inconnu. A l’adresse indiquée, il découvre un château vide, bien que semblant habité. Ce sont les fantômes de tous ses ancêtres, retenus dans cet endroit, et qui comptent sur lui pour briser la malédiction qui pèse sur eux tous…

J’ai apprécié l’idée de base du roman, avec cette terrible malédiction, et les conséquences que cela entraîne pour chacun des ancêtres de Samuel. Nul doute qu’Anne Robillard a fait des recherches historiques précises sur ses nombreux personnages, afin de les reproduire dans l’exactitude de leur période temporelle.

Le thème fantastique est parfaitement inclus au récit, et mêle même plusieurs concepts, sans qu’on sache encore bien comment tout cela va s’organiser dans la suite.

Pourtant, je ne suis pas aussi enthousiaste que les avis que j’ai pu glaner en ligne. En cause : une certaine répétition dans le récit (que je ne peux détailler ici, sous peine de spoiler), et un manque d’action de la part du protagoniste. A vrai dire, Samuel m’a paru tellement passif, que j’ai eu du mal à comprendre pourquoi c’est lui qu’on avait choisi pour briser la malédiction.

Cela fait que je ne sais pas encore si je lirai la suite. Je suppose que je verrai quand celle-ci sera disponible.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Entremêler fantômes, voyages dans le temps et réincarnation, dans un même récit peut paraître beaucoup. Si les spectres sont parfaitement intégrés, les voyages temporels, pourtant tout aussi importants pour l’histoire, semblent abordés de manière plus légère. On comprend bien qu’il faut empêcher Ulrik de brûler la maison de la sorcière, mais qu’en sera-t-il des conséquences sur ses descendants ? On entend souvent dire qu’il ne faut jamais modifier le passé. Pourtant, cet aspect n’est pas mentionné ici, alors qu’il semble primordial pour toutes les autres œuvres abordant le voyage temporel.

Ce sujet n’étant donc pas creusé comme il se doit, j’ai été surprise de voir apparaître la mention de réincarnation, sous la forme de Felicity/Alice, et pire encore, le mythe de l’Atlantide… Comment Anne Robillard va-t-elle pouvoir traiter tous ces sujets dans une même trilogie ? J’avoue être assez perplexe.

D’autant que Samuel, présenté comme le sauveur des Dragensblöt, n’est pas un modèle d’action. Certes, il ne peut agir qu’une fois par semaine, lorsqu’il peut ouvrir une porte. Mais entre deux expéditions, que fait-il ? Pas grand-chose. Il jardine, sculpte et apprend vaguement à se battre. Cela l’aide-t-il à résoudre le problème ? Non. Ne faudrait-il pas mettre à profit ce temps pour essayer de déchiffrer les runes (puisqu’il est possible de faire apparaître des livres historiques, on pourrait sûrement en obtenir sur les runes !) ou faire connaissance de tous les héritiers (de façon à pouvoir identifier instantanément la période historique dans laquelle il déboule en passant la porte !) ?

Il faut croire que non.

D’ailleurs, sans Esther, Samuel ne ferait rien du tout. C’est elle qui le nourrit, veille à tous ses besoins et prépare même son avenir…

C’est la raison principale qui fait que j’hésite à poursuivre cette série. J’apprécie les héros moteurs de leur destin, et Samuel ne fait clairement pas partie de cette catégorie.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Oseras-tu passer la porte ?

Dis-le moi en commentaire.