circéCircé de Madeline Miller

Editions : Pocket

549 pages

Paru le 2 Mai 2019

Aperçu : Hélios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.

Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de la mythologie : le minotaure, Icare, Medée et Ulysse....

Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu'elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu'elle a appris à aimer.

Mon commentaire général : La mythologie comme une histoire !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Les dieux prétendent être des parents […]. Alors que ce sont des enfants qui applaudissent en en redemandant. » (p.468)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’ai toujours aimé la mythologie gréco-romaine. A l’école, j’avais l’impression qu’on me lisait des contes, tant les histoires des dieux étaient surprenantes, pour des divinités.

Or, c’est exactement ce que fait Madeline Miller avec Circé : elle a mis en lumière cette déesse peu connue, qui fait une brève apparition dans l’Odyssée, et en fait l’héroïne d’une tragédie où les dieux se comportent comme des hommes et les hommes comme des dieux.

Circé est une des filles qu’Hélios, le dieu du soleil, a eu avec la nymphe Persé. Assez insignifiante dans son enfance, elle prend de l’importance lorsqu’elle transforme successivement un pêcheur en dieu (Glaucos) puis une nymphe en monstre (Scylla). Circé est une magicienne, qui sera exilée sur l’île d’Eéa, où elle recevra la visite d’Hermès, Jason et Médée, Ulysse et même Athéna, prenant part à des mythes universels tandis que sa maîtrise des potions et incantations grandit de jour en jour…

D’un personnage somme toute mineur, Madeline Miller a fait une héroïne pleine de volonté, qui a lutté pour exister dans le monde. Avec elle ou par ses rencontres, j’ai redécouvert les mythes comme les Argonautes, le Minotaure, les aventures d’Ulysse, Prométhée, remplis de complots, vengeances et trahisons. C’est une fresque grandiose qui se déroule sous nos yeux. On sent que l’autrice ne s’est pas contentée de transcrire mot pour mot des récits comme l’Iliade ou l’Odyssée. Au contraire, elle a approfondi ses recherches et propose même ses propres interprétations.

Pourtant, je n’ai pas apprécié autant que je l’aurais cru. Le récit comporte beaucoup de longueurs, comme le début ou la rencontre avec Ulysse. Il y a aussi un rythme fluctuant. Certains passages vers la fin, qui se déroulent sur deux/trois semaines, sont traités en cent pages alors que d’autres, qui durent des années, n’occupent que quelques pages.

Tout cela fait que je me suis globalement ennuyée. Je n’ai jamais apprécié les œuvres de nature « contemplative ». J’ai besoin de romans plus dynamiques car mon attention a du mal à se focaliser. Si j’ai aimé le sujet, j’ai fini par lire la fin en diagonale.

C’est un roman qui te conviendra parfaitement si tu aimes la mythologie – bien sûr – mais aussi les récits avec beaucoup de descriptions et des prises de décision longuement réfléchies.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Mes souvenirs des cours de grec et de latin sont très loin. Au vu de la multiplicité des noms de personnages insérés dans le roman, j’ai très souvent consulté mon navigateur internet. Cela m’a également permis de constater que Madeline Miller s’était permis des libertés avec les mythes. Ainsi, Circé n’apparait nulle part dans l’histoire du Minotaure et la fin est purement inventée.

Ceci dit, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’une autrice sorte des sentiers battus pour écrire son roman. Il ne faudrait juste pas tout prendre pour argent comptant et réciter ces évènements dans un devoir sur table !

Comme je le disais plus haut, j’ai trouvé l’enfance de Circé assez longue. Il est en effet nécessaire de la placer dans la grande généalogie divine, mais il y a beaucoup d’anecdotes inutiles. En fait, le récit commence vraiment lorsque Circé utilise ses pouvoirs, tout d’abord pour transformer Glaucos, puis Scylla par jalousie, ce qui lui vaut l’exil. J’ai aussi beaucoup apprécié ses recherches sur les potions, ses difficultés, ses victoires.

J’ai évidemment grincé des dents que le viol soit utilisé comme ressort narratif pour endurcir Circé.

Puis Ulysse arrive, et mon intérêt est à nouveau retombé. Il m’a semblé que Circé perdait de son mordant face au héros Ulysse, qui n’est pourtant pas un saint, comme on l’apprend plus tard.

Enfin, la réunion de Télégonos, Télémaque, Pénélope et Circé sur l’île m’a profondément ennuyée car il ne se passait rien que des tergiversations. La fin, ahurissante, m’a aussi laissée de glace, même si j’ai apprécié le désir d’humanité de la plus humaine des déesses.

C’est donc une lecture en demi-teinte, avec de bons moments et d’autres où j’ai apprécié de savoir lire en diagonale.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu la mythologie ?

Dis-le moi en commentaire.

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