le criLe cri de Nicolas Beuglet

Editions : Pocket

556 pages

Paru le 11 Janvier 2018

Aperçu : Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question!

Mon commentaire général : Pas de quoi s’affoler…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Cette affaire n’est vraiment pas ce à quoi on pouvait s’attendre. » (p.109)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est la couverture, ce bâtiment à l’air terrifiant, et le titre, qui m’ont attirée vers ce roman. Je ne lis plus que rarement des thrillers, mais j’apprécie tout de même un bon moment de suspense.

Le début partait très bien.

On nous présente l’inspectrice Sarah Geringën, de la police d’Oslo, alors qu’elle est appelée en pleine nuit pour ce qui ressemble à un suicide dans un hôpital psychiatrique. Sur place, les témoignages se contredisent, la victime paraît avoir été assassinée, et le directeur semble avoir bien des choses à cacher… Pourquoi le patient a-t-il le nombre 488 tatoué sur le front ? D’où vient-il ? Quelle peur a pu provoquer sa mort ? Autant de questions qui vont obliger l’inspectrice à se lancer sur la piste d’une organisation secrète bien décidée à effacer toutes les traces de leurs recherches. En chemin, elle se liera à un reporter français qui a lui aussi des liens avec ce groupe et une sérieuse motivation pour répondre à leurs exigences…

Le cri est un roman bien écrit. La plume est agréable, les différents sujets abordés bien documentés, et les rebondissements ne manquent pas.

Si le récit part sur les chapeaux de roues, soutenu par une ambiance pesante, la suite se tourne davantage vers le thriller classique, à base d’énigmes à résoudre, de courses-poursuites autour du globe et de lutte contre la montre.  Même si l’action est présente, je me suis parfois ennuyée. Il m’a clairement manqué des émotions, de la peur, de l’angoisse ou de la crainte pour le devenir des personnages.

Si j’ai préféré la première partie, cela tient aussi au fait que l’inspectrice distante et froide du départ se fait peu à peu voler la vedette par le reporter, qui devient le protagoniste principal, que ce soit dans les enjeux ou la réflexion. Pour appuyer ce recentrage, l’auteur fait de Christopher un maillon essentiel de l’intrigue, justifié par des ficelles trop grosses pour être crédibles.

Enfin, je n’ai pas été estomaquée par les révélations finales, peut-être parce que l’intrigue se scinde en deux pistes différentes, et qu’étant arrivé à la conclusion, il ne reste plus de temps pour développer l’une ou l’autre, si bien que le lecteur reste sur sa faim concernant les éventuelles implications de ces découvertes.

En résumé, pour moi qui attends plus d’un livre qu’une succession d’évènements, j’en ressors mitigée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il était très intéressant de développer les travaux de Jung, cette notion d’inconscient collectif qui porterait la mémoire du genre humain. J’adore quand un auteur se base sur de l’existant et nous le fait voir de manière différente.

Effectivement, révéler une peur primale, commune à tous les humains, c’est une découverte majeure. Non seulement un lien entre tous les Hommes, mais aussi un moyen de tous les asservir…

Et pourtant, ce sujet est vite balayé. Ce n’est pas ce qu’on cherchait, passons à la suite…

Pour moi, cela constitue, au contraire, une excellente motivation pour une organisation comme la CIA de conduire des recherches non-autorisées sur des prisonniers de guerre. Faire de la peur primale une arme de guerre, par exemple, surtout en pleine guerre froide. Pourtant, on ne saura jamais la suite qui a été donnée à ces travaux, ni leur utilité. A-t-on fabriqué une arme répétant le cri originel ?

On ne sait pas.

C’est dommage, quand le titre du roman est explicitement Le cri, et que le patient 488, celui de l’hôpital de Gaustad, est visiblement mort de s’en être rappelé !

L’auteur a préféré développer une seconde intrigue, autour de la vie après la mort, sujet ô combien vendeur. Pourtant, ici encore, l’idée est très vite exploitée. Cela ajoute un motif à une énième course-poursuite, une autre explosion, et la mise en œuvre de concepts scientifiques supplémentaires que nous n’aurons pas le temps d’appréhender en détail puisque c’est la fin du roman (je n’ai typiquement pas bien compris comment fonctionnait le piège à particules cosmiques, ni le décryptage de l’âme, et encore moins la façon dont Davisburry en avait déduit que c’était la rémanence d’un non-croyant). Cela aurait mérité beaucoup plus de développements, voire un roman à part entière.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Que cherches-tu dans un thriller ?

Dis-le moi en commentaire.