druideDruide d'Oliver Peru

Editions : J’ai lu

603 pages

Paru le 5 avril 2012

Aperçu : 1123 après le Pacte.

Au nord vivent les hommes du froid et de l'acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d'ombres, d'arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.

Certains voient là l'œuvre monstrueuse d'un mal ancien, d'autres usent du drame comme d'un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu'une nouvelle guerre n'éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l'un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l'énigme sanglante qu'il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n'ont pas de réponses.

Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.

Mon commentaire général : Un bon one-shot de fantasy

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « La vérité n’est qu’une idée cachée derrière un mot, elle masque les faiblesses des hommes comme celles des druides. » (p.189)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Oliver Peru est un auteur que je découvre seulement maintenant, même s’il est bien connu des bédéphiles et des amateurs de fantasy. J’ai très récemment lu Martyrs, puis me suis attaquée à Druide, son meilleur roman selon plusieurs avis.

Il est agréable de tomber, pour une fois, sur un roman fantasy one-shot, d’autant plus quand la mythologie et la plume sont aussi bien travaillés. Ce sont là les forces de ce livre.

L’histoire peut paraître simple au premier abord. L’univers semble même basique : deux royaumes opposés depuis toujours, et les druides gardiens de la forêt impénétrable pour les hommes depuis qu’un pacte a été ratifié un millénaire avant. Quand un horrible massacre est perpétré dans une forteresse le long de la frontière entre les deux royaumes, c’est le druide Obrigan et ses deux apprentis qui sont chargés de l’enquête. On y voit là l’œuvre du mal absolu, le Rôdeur dont parlent les légendes, celui qu’on a confiné derrière un mur au fin fond de la forêt… ou un coup monté par le royaume ennemi. La réponse ne devra pas se faire attendre : Obrigan a vingt-et-un jours pour trouver les assassins, sans quoi ce sera la guerre

Oliver Peru raconte son histoire comme un conteur, avec de longues descriptions, des retours en arrière, des rebondissements et de petits détails qui ne marquent pas sur le coup et dont on comprend l’importance plus tard. En fait, tout a un sens, même si on ne le voit pas tout de suite, et tout s’explique au fur et à mesure du récit. C’est une intrigue construite en profondeur, tout comme les caractères des personnages, profondément humains.

L’auteur a également bâti ses propres mythes, nous entraînant dans un univers qui n’a rien d’original, mais qui recèle en fait ses propres mystères… qu’on ne découvre que petit à petit.

Le problème est que malgré cette épée de Damoclès de vingt-et-un jour qui pèse sur la paix, on ne ressent pas l’urgence. Les descriptions restent trop longues ; les réactions des personnages parfois insensées au vu du compte-à-rebours. Si je n’avais eu les titres de chapitres pour me rappeler que l’horloge tournait, je pense que j’aurais carrément oublié cette contrainte temporelle.

Et puis en tant que femme, j’ai bien eu du mal à me positionner dans cette histoire qui ne comporte que très peu de personnages féminins, pas forcément essentiels au déroulé du récit, en plus. La fantasy n’est pourtant pas qu’une affaire d’hommes !

Au final, Druide est tout de même un bon livre de fantasy, rempli de secrets, de batailles grandioses, et de créatures qui font froid dans le dos. Attention toutefois aux âmes sensibles : les descriptions des massacres sont assez visuelles et pourraient rebuter les allergiques à l’hémoglobine.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce qui commence comme un massacre sanglant dans une forteresse isolée se termine en anéantissement d’une vengeance séculaire et la paix retrouvée entre le Sonrygar et le Rahimir. Pas mal, non ?

Pour cela, on aura quand même beaucoup tourné en rond.

A partir du moment où Obrigan rejoint la forêt, les choses semblent se dérouler au ralenti. Pourtant, il y a des attaques, des morts, des trahisons… Peut-être justement à cause de Freneon, qui refuse l’offensive de par sa connexion avec l’ennemi.

J’ai aimé les passages où on revit le passé derrière le mur, qui explique la haine que portent les fils du Rôdeur aux druides et aux hommes. Je les ai trouvés rythmés, par contraste avec la réclusion des druides dans leur cité.

De façon générale, l’intrigue est plaisante, parce que bien construite, mais c’est, pour moi, l’inégalité du rythme qui est à revoir.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  T’aventureras-tu dans la Forêt ?

Dis-le moi en commentaire.