déracinéeDéracinée de Naomi Novik

Editions : J’ai lu

509 pages

Paru le 26 Septembre 2018

Aperçu : Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu'il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d'un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d'échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c'est uniquement grâce aux pouvoirs du "Dragon". Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l'accompagne dans sa tour pour le servir. L'heure de la sélection approche et tout le monde s'est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu...

 

 

Mon commentaire général : Un conte slave bien loin du conte de fées !

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « Le pouvoir du Bois n’est pas une bête aveugle et sanguinaire. Il sait réfléchir et planifier pour arriver à ses fins. Il lit dans le cœur des hommes pour mieux les empoisonner. » (p.346)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Déracinée est avant tout un roman d’ambiance.

Imagine une forêt maléfique, qui infiltre le cœur des hommes et femmes, pour les forcer à se détruire. Un Bois plein de rancœur, avide de sang et de désespoir. Des fruits empoisonnés. Des créatures de cauchemar. Tu y es ?

Car le méchant de ce conte aux accents slaves, c’est bien le Bois, cette entité maléfique que les sorciers tentent de combattre depuis un millénaire. Le Dragon est l’un d’entre eux. Il habite une tour, près de la forêt, pour la tenir à l’œil. Tous les dix ans, il descend dans la vallée et choisit parmi les paysannes celle qui l’accompagnera pour le servir à la tour pendant la prochaine décennie.

Á Dvernik, tout le monde sait que Kasia, la plus remarquable des jeunes femmes, sera choisie et elle a été élevée dans cette optique. Sa meilleure amie, l’intrépide Agnieszka, est prête à lui dire au revoir. Mais il existe des circonstances que personne ne peut prévoir, et la magie a souvent ses propres chemins…

Ce roman m’a énormément fait penser aux contes de Grimm originaux. C’est violent, dur, sanguinolent. L’ambiance est pesante, le mal s’infiltre partout et lentement, et le prix à payer pour utiliser la magie est souvent élevé. Les personnages ne sont pas épargnés.

Si j’ai aimé l’intrigue de fond, je reste dubitative sur la forme. Le texte est très descriptif, les moindres détails sont racontés et les choses avancent tout doucement. J’aurais pu apprécier si cela servait à développer les émotions ou les personnages. Ce n’est pas le cas. C’est pourquoi j’ai beaucoup lu en diagonale, car j’avais quand même envie de savoir comment cela allait se terminer.

C’est dommage car j’adore les contes, d’autant plus lorsqu’ils me plongent dans des folklores que je connais peu.

Par conséquent, je conseillerai ce roman aux amateurs de fantasy qui apprécient que les choses prennent leur temps et qui préfèrent l’ambiance à l’action.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Après avoir refermé ce roman, je réalise que je ne sais presque rien sur les personnages principaux.

J’ai compris qu’Agnieszka est très attachée à Kasia, et j’attendais presque une romance entre les filles. C’est pourquoi j’ai été très surprise d’une relation entre Agnieszka et le Dragon. J’ai eu l’impression que cela sortait un peu de nulle part. Un jour, ils se méprisent, et l’autre ils se sautent dessus. Cela aurait pu être mieux amené.

J’ai par contre apprécié l’influence du Bois, qui parvient à élaborer des stratégies, poussé par l’esprit de la reine dont la vengeance est le moteur du Bois. On retrouve un peu le mythe de la méchante reine, sous une autre forme.

Globalement, j’ai apprécié l’intrigue et c’est pour ça que je suis si partagée. On aurait pu retirer 150 ou 200 pages sans que cela ne nuise à l’histoire, bien au contraire. Je crois même que je me serais davantage concentrée sur les détails si ceux-ci étaient délivrés avec parcimonie. Au final, je ne retiens pas grand-chose de cette histoire.

J’hésite donc à me pencher sur La fileuse d’argent, la dernière parution de Naomi Novik, même si le sujet m’intéresse. Le récit est dit moins cadencé, donc j’ai peur de m’ennuyer

 

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu les contes ?

Dis-le moi en commentaire.