celles qui venait des plainesCelle qui venait des plaines de Charlotte Bousquet

Editions : Gulfstream collection Electrogène

360 pages

Paru le 12 Octobre 2017

Aperçu : Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres, le tonnerre des canons, les rivières de sang…

Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission

Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.

Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins, métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.

 

Mon commentaire général : bienvenue au Far West…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Dure comme le métal, […] digne de respect. » (p. 28)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Avec Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet met une fois encore une femme à l’honneur : Winona, métisse Amérindienne, trop blanche pour les natifs, et trop indienne pour les Américains, celle dont personne ne veut et qui devra se faire sa place à la force de sa volonté.

En mélangeant, extraits de « roman », journal intime et récit autobiographique, l’autrice nous entraine dans une aventure poignante, qui relate durement l’histoire des Amérindiens privés de leur terre et de leur identité par les colons américains. C’est violent, ça fait grincer des dents, mais il est nécessaire de rappeler ce passé pour que ces faits ne tombent pas dans l’oubli. Le roman est si bien documenté qu’on se demande ce qui est vrai, ce qui a été inventé ou modifié, surtout qu’on croise fréquemment des noms de légende dans le récit (Buffalo Bill, Calamity Jane, Sitting Bull…).

Le roman met en scène Virgil, le fils d’un des Steele Men (des héros de l’Ouest qui ne sont pas très connus de ce côté de l’Atlantique), venu à la rencontre de Winona, surnommée la Vipère de l’Oklahoma, meurtrière de son père, pour se venger. Virgil n’a jamais connu son père mais base sa haine de la métisse sur le récit publié d’un des Steele Men et compte la tuer. Mais celle-ci commence à lui raconter sa vie, depuis le pensionnat religieux où on l’a obligée à vivre après avoir été arrachée aux bras de sa mère, à sa rencontre avec Seth et leur amour teinté de haine… Où se trouve la vérité ?

La plume est fluide et le roman se lit très facilement. L’alternance des supports permet de comparer la « légende » à la « vérité », et de réaliser, si ce n’était pas encore fait, que ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire et en cachent les aspects les plus honteux.

Je regrette pourtant un manque d’émotions dans le roman. Evidemment on est horrifié par le traitement réservé aux Amérindiens, mais je n’ai pas été touchée par Winona elle-même, alors que c’est elle qui raconte son histoire, d’une façon un peu détachée qui ne permet pas de s’attacher à elle.

J’ai tout de même apprécié ce roman qui m’a fait découvrir un morceau de l’histoire des Etats-Unis peu reluisant que je connaissais peu.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Winona est une femme forte. Depuis sa tendre enfance, elle a été obligée de se battre, de subir des atrocités, elle a vu mourir nombre de ses compagnons de route. Et pourtant, elle semble n’en vouloir à personne en particulier, même à son mari, qui l’a battue et l’a laissée pour morte après avoir découvert son passé, sans même vouloir écouter ses explications…

Elle comprend parfaitement les chevaux, elle sait soigner, se battre et se fait engager par un US Marshall (ce qui ne devait pas arriver souvent à des femmes…). En fait, Winona semble savoir tout faire et même pardonner à ses ennemis.

Elle devrait être remplie de colère, souhaiter la vengeance, aller brûler ce pensionnat de l’enfer, détruire Red Cloud… Ces sentiments la rendraient plus humaine, plus proche du lecteur. Personnellement, c’est ce que j’aurais aimé faire (plus infliger des souffrances terribles à Seth) si j’avais pu entrer dans le roman.

C’est ce qui fait que je suis restée plutôt spectatrice de cette histoire au lieu de la vivre aux côtés de Winona. J’ai eu de la peine pour elle à cause des faits qu’elle racontait, mais je n’ai pas réussi à éprouver d’empathie pour elle.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connais-tu le Far West?

Dis-le moi en commentaire.