nos plus belles étincellesNos plus belles étincelles de Jamie McGuire

Editions : Michel Lafon

462 pages

Paru le 28 Février 2019

Aperçu : On n'oublie jamais son premier amour.

Depuis qu'il a croisé son sourire mélancolique derrière l'objectif de son appareil photo deux ans plus tôt, Elliott n'a jamais cessé d'aimer Catherine. Pourtant, la même année, il a été obligé de quitter la ville, la laissant seule au moment où elle avait le plus besoin de lui...

Aujourd'hui, Elliott rentre enfin et il est bien décidé à reprendre le fil de cette histoire d'amour qu'il n'a jamais oubliée. Mais Catherine ne lui a pas pardonné son départ, et le secret qui pèse sur elle pourrait étouffer à tout jamais l'étincelle de leur amour.

 

 

 

 

Mon commentaire général : Une histoire aux multiples facettes !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Quand je suis près de toi, je sens les battements de ton cœur. Quand on n’est pas ensemble, tout me fait penser à toi. Je le sais parce que rien d’autre n’a d’importance. » (p.198)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Comme beaucoup, j’ai connu Jamie McGuire avec Beautiful disaster, qui m’a fait l’effet d’un coup de poing en pleine face tant j’ai reçu d’émotions brutes à la lecture. C’est pourquoi j’étais très curieuse de la découvrir dans une nouvelle histoire.

En première impression, il est clair et net que Nos plus belles étincelles n’a rien à voir avec Beautiful disaster, et que malheureusement la comparaison n’est pas flatteuse pour cette dernière lecture. Je n’aime pas trop juger une autrice à un seul roman mais quand on connait ses capacités à émouvoir, on peut regretter le manque de perceptions de cette nouvelle parution.

Pourtant l’histoire avait tout pour plaire.

Nous y faisons la connaissance d’Elliott, d’origine Cherokee, en vacances chez sa tante et son oncle, comme tous les étés, pour fuir les disputes incessantes de ses parents. Chaque année, le garçon a pris l’habitude d’espionner une fille du voisinage, qui ne semble pas particulièrement heureuse. L’été de leurs quinze ans, Elliott et Catherine vont enfin se rencontrer et vivre une amourette, jusqu’à ce que le père de la jeune fille décède brutalement et qu’Elliott ne soit forcé de rentrer chez lui. Deux ans se passent avant qu’il ne puisse revenir, pour de bon, et c’est une Catherine complètement différente et renfermée qu’il retrouve. Que se passe-t-il derrière les murs de la maison d’hôte que dirigent Catherine et sa mère ?

La plume est très agréable, les personnages sont construits tout en nuances et l’autrice a voulu inclure beaucoup de thèmes de société dans son roman. On y parle ainsi de racisme, de harcèlement, de problèmes psychologiques ou de deuil en plus du premier amour et malgré l’accumulation, tout s’emboîte parfaitement bien car chaque élément pèse dans l’intrigue générale et que si les évènements se déroulent ainsi, c’est précisément parce que les personnages possèdent ces caractéristiques. Par exemple, lorsqu’il y a de l’agitation dans cette petite ville, c’est d’abord vers Elliott que se dirigent les soupçons, parce qu’il est métis et a beaucoup de colère en lui, même s’il n’est pas responsable.

Le problème, c’est que malgré la variété de sujets traités et ce mystère qui plane autour de la maison d’hôte (qui ne sera pas difficile à percer pour un lecteur un peu attentif…), j’ai trouvé beaucoup de longueurs dans ce roman et je me suis globalement ennuyée. L’histoire d’amour n’est clairement pas au centre du récit, les émotions non plus, et on se dirige plus vers le thriller ou le roman d’ambiance que la romance.

Je pense sincèrement que c’est un livre qui peut trouver son public. Quelqu’un qui rechercherait un livre jeunesse, avec une ambiance un peu spéciale et des personnages authentiques, où la romance n’est qu’une composante de l’histoire. Si c’est ton cas, tu devrais y trouver ton bonheur.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Pour peu qu’on soit sensible aux détails, le mystère de Villa Juniper n’en est rapidement plus un.

On remarquera ainsi l’empressement de Catherine à repousser les visiteurs inopportuns, surtout ceux qui connaissent sa famille, que les « clients » ne sont vus par personne d’autre que Catherine et sa mère, que ces mêmes « clients » ne sont jamais décrits et qu’il n’y en a jamais plus d’un dans la même pièce en même temps

A partir de là, il n’est pas difficile de deviner que toutes ces personnes n’en sont qu’une seule : la mère de Catherine et ses nombreuses personnalités.

Cette partie de l’intrigue est bien expliquée et aboutie.

Pourtant, il y a d’autres éléments qui ne sont pas détaillés.

On remarquera ainsi que Tess ne fait pas partie des personnalités de Mavis. Qui est-elle donc ? Ne serait-ce pas une personnalité… de Catherine elle-même ? Ce que sa mère confirmerait à la toute fin par ces lignes : « Je trouve que c’est bien que tu lui parle encore », « On ne le dira à personne ». Tout comme les absences de Catherine pourraient ainsi trouver une raison.

De même, l’accumulation de valises au sous-sol n’est pas vraiment expliquée non plus. On peut alors se demander si les vrais clients, ceux qui ne reviennent jamais, ne seraient pas tout simplement enterrés dans le jardin de la maison voisine, ce qui irait avec le fait que Presley ait été inhumée avec « les autres ».

Au final, plus que la romance, c’est un livre qui fait surtout froid dans le dos et c’est l’impression qui reste après avoir tourné la dernière page. Jamie McGuire a fait un travail remarquable avec ces multiples personnalités, que Catherine considère comme de vraies personnes bien distinctes. Pourtant, il reste clairement des zones d’ombres, surtout si Catherine est atteinte de la même maladie mentale que sa mère, ce qui pourrait donner lieu à une suite focalisée sur la vie de la jeune fille à la fac…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Envie de faire un tour à la Villa Juniper ?

Dis-le moi en commentaire.