toutes les vies de margotToutes les vies de Margot de Juno Dawson

Editions : Milan

408 pages

Paru le 22 Janvier 2020

Aperçu : Peut-on détester quelqu’un au présent et l’aimer dans le passé ? C’est le dilemme de Felicity dite Fliss 15 ans qui a quitté la vie trépidante de Londres pour vivre chez sa grand-mère dans un trou perdu de la campagne galloise.

Mais les apparences peuvent être trompeuses et Fliss va découvrir que Margot n’a pas toujours été celle qu’elle est ...

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Que d’émotions !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « La question n’est pas combien de fois tu tombes, mais comment tu te relèves. » (p.327)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Attention, ce roman est beaucoup plus profond qu’il n’y parait à la lecture des premières pages !

C’est une plongée dans le passé, récent (1998) et plus lointain (1941), que nous propose Juno Dawson, en confrontant Felicity et sa grand-mère Margot.

Felicity a été forcée de déménager dans la ferme galloise de Margot pour permettre à sa mère de se reposer à la campagne après avoir vaincu le cancer. Or l’adolescente ne s’entend pas du tout avec son aïeule, plutôt froide, qui la juge superficielle et écervelée. Le regard de Felicity change pourtant lorsqu’elle découvre dans le grenier le journal intime que tenait Margot à 16 ans, en pleine seconde guerre mondiale, et ce qui pourrait expliquer pourquoi sa grand-mère est très réservée avec ses émotions…

Grâce à une plume très agréable, Toutes les vies de Margot est un roman très facile à lire. Les références culturelles des années 90 m’ont personnellement beaucoup marquée, parce que je les ai toutes reconnues, ce qui ne sera probablement pas le cas des adolescents qui sont le public cible du livre (et qui se demanderont certainement qui est Sarah Michelle Gellar, je les plains tellement…). Les passages sur la seconde guerre mondiale sont tout aussi passionnants et semblent bien documentés.

Je me suis également attachée à la jeune Margot qui parait, en comparaison avec sa petite fille, beaucoup plus sympathique. Felicity est en effet autocentrée et terriblement snob, et comme le roman est raconté de son point de vue, elle exprime un certain nombre de clichés sur les gens, la vie à la campagne ou le fait qu’elle vienne de Londres qui sont assez insupportables.

Malgré tout, le roman est bourré d’émotions, qu’on découvre petit à petit, au fur et à mesure que l’histoire progresse et qu’on sent les drames arriver. J’ai même versé quelques larmes !

En résumé, j’ai beaucoup aimé la plume de Juno Dawson et sa façon de traiter des sujets graves, sans apitoiement, à la manière très détachée de Margot. Je regrette seulement la multitude de propos abordés, qui ne peuvent donc pas être exploités à fond.

Je lirai avec plaisir d’autres romans de cette autrice.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Entre cancer, deuil, abandon d’enfant, romance impossible, homosexualité, sida, relation élève/prof, harcèlement, il y en a au moins six de trop. Tant de sujets abordés, qui mériteraient chacun un roman complet pour bien les développer, fait que forcément, le tout semble survolé. Felicity semble se remettre très rapidement de la perte de sa mère, comme Margot celle de son bébé ou de Rick. Pourtant, ce sont des choses dont on ne peut pas recouvrer aussi vite.

De même, la rechute de la mère de Felicity me semblait assez évidente et je crois que seule Fliss ne s’en était pas rendu compte, peut-être parce qu’elle ne voulait pas le voir (ou qu’elle était trop préoccupée par son crush pour le documentaliste, mais je ne suis probablement pas objective). De fait, je n’ai pas réussi à m’attacher à la jeune fille, trop égoïste à mon sens.

Pourtant j’ai aimé la façon de Juno Dawson de mettre en miroir ces deux adolescentes que tout oppose à première vue et qui sont pourtant confrontées à des pertes tragiques l’une et l’autre, et c’est pourquoi je lirai certainement Clean, dont on dit le plus grand bien.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prêt à plonger dans le passé ?

Dis-le moi en commentaire.