martyrsMartyrs, tome 1 de Oliver Peru

Editions : J’ai lu

694 pages

Paru le 22 mars 2013

Aperçu : Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d'un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu'ils se croient à l'abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d'un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d'embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer...

 

 

 

 

Mon commentaire général : ça vaut la peine de s’accrocher !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Il craignait la guerre. La vraie, celle qui soulève toutes les armes du royaume, celle qui, comme jadis, oppose les frères et les amis, celle qui saigne les peuples et tue les rois. » (p.45)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Cela faisait longtemps que je voulais découvrir la plume d’Oliver Peru dont j’ai entendu beaucoup de bien. Pourtant je n’ai pas trouvé l’occasion (ou le courage) de m’attaquer à Martyrs avant maintenant, bien décidée à lire enfin tous ces ouvrages que je possède depuis plusieurs années. Je suppose que la taille de ce roman, presque 700 pages, faisait que je me trouvais toujours de bonnes raisons pour faire passer d’autres lectures avant celui-ci.

Maintenant que je suis arrivée à la dernière page, avec un peu de mal comme je vais te l’expliquer, je ne peux que confirmer les avis que j’avais glanés : Oliver Peru est un conteur-né, le genre d’auteur qui t’embarque très loin, pour longtemps, dans des aventures à la fois grandioses et communes, aux côtés de personnages que tu chériras pour un long moment.

Pourtant, j’ai dû faire preuve de beaucoup d’abnégation pour en arriver là. Les deux cent premières pages sont très descriptives, détaillant chacun des nombreux personnages qui peuplent cette fable, sans que l’on voie de rapport entre les uns et les autres. En toute honnêteté, j’ai failli abandonner plusieurs fois. Ce n’est qu’en appliquant ma technique de secours que j’ai pu aller au bout : j’ai posé Martyrs et lu un autre livre, avant d’y revenir. Il faut en effet attendre que les personnages se rejoignent pour que les fils tissés depuis le début se dévoilent et que l’intrigue générale apparaisse au lecteur. A partir de là, complots, trahisons, retournements de situation, batailles ou coups bas sont légion et animent le récit qui devient alors passionnant. Il y a aussi une romance pour adoucir tout cela, une amourette mignonne et naïve qui fait plus sourire qu’autre chose, mais qui a du sens dans ce contexte.

C’est un univers très riche et des personnages pensés dans toute leur complexité que propose Oliver Peru et si tu trouves le courage de t’accrocher au début (ou si tu aimes les récits lents et très descriptifs), tu découvriras une formidable épopée aux côtés des frères Lancefall, des assassins aux yeux d’or qui n’ont pas fini de prendre ton cœur.

En tout cas, je lirai la suite, même si le tome 3 se fait visiblement attendre, et on sait que la patience n’est pas ma première vertu…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Quel périple !

Même si les descriptions sont nécessaires pour décrire un nouvel univers, surtout un monde de fantasy qui vit selon ses propres coutumes, ses religions, sa politique, il en y ici beaucoup trop et cela hache le récit et le rend parfois beaucoup moins immersif. On aurait largement pu enlever facilement 200 pages sans perdre en sens pour l’intrigue générale qui est au final plutôt simple et applique la technique de la diversion.

Comme un illusionniste, Oliver Peru détourne l’attention avec la révolte des Liranders pour ne pas focaliser le public sur le véritable maître d’œuvre : Akinessa. Pour ma part, j’avais deviné son implication et pensais même, à tort, qu’Allena et elle pouvaient n’être qu’une seule et même personne, tant j’avais soupçonné la duplicité de la trop gentille sœur du roi.

Par contre, je n’avais pas du tout vu venir l’identité du borgne, ce qui après coup n’est pas si difficile, car je n’avais pas capté que le don de passe-muraille des Arserkers pouvaient aussi faire voyager dans le temps. Je ne suis pas persuadée que les Arserkers eux-mêmes en aient eu conscience.

En tout cas, j’ai tourné la dernière page le cœur déchiré : Helbrand mort, Irmine seul pour un siècle, pourquoi tant de haine envers mes chouchoux ? Enfin, le roman s’appelant Martyrs, j’aurais probablement pu deviner toute seule que la vie ne serait pas une partie de plaisir pour eux !

J’ai bien envie de lire la suite pour voir comment tout cela va se poursuivre car, entre la prise de pouvoir d’Akinessa, les Arserkers qui complotent quelque chose ou les Liranders qui vont devoir trouver leur place, les choses sont loin de se tasser au royaume de Palerkan… Malheureusement, le tome 3 n’est pas encore sorti (annoncé pour 2021) et j’ai peur qu’il ne voie jamais le jour… Et ça m’embêterait de ne jamais connaître la fin…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu la fantasy médiévale?

Dis-le moi en commentaire.