skin tradeSkin trade de George R. R. Martin

Editions : ActuSF

183 pages

Paru le 6 décembre 2019 (réédition)

Aperçu : Il fut un temps où cette ville était au centre du monde. Un temps où sa puissance se nourrissait du sang et du fer. Mais aujourd’hui elle n’est plus que rouille et elle attend la ruine. C’est un territoire parfait pour Willie Flambeaux et Randi Wade. Lui est agent de recouvrement, elle, détective. Mais lorsqu’une série de meurtres particulièrement atroces ensanglante cette ville qu’ils croyaient si bien connaitre, ce n’est plus dans le labyrinthe des rues qu’ils auront à mener l’enquête, mais dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.

 

 

 

Mon commentaire général : Le maître a encore frappé !

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « Nous vivons une époque de corruption et de dégénérescence, où les anciennes vérités du sang et du fer ont été oubliées. » (p.36)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Skin trade est encore une fois la preuve que l’œuvre de George R.R.Martin ne se limite pas à Game of Thrones et qu’il peut écrire sur n’importe quel sujet ou dans tout genre littéraire. L’écrivain se frotte ici à l’urban fantasy et parvient à entremêler créatures et mythes usuels de ce genre avec d’autres bien plus terrifiantes

Ce court roman, presque une grosse nouvelle, bénéficie de sa plume très fluide et de son imagination sans bornes, ce qui fait qu’il se lit tout seul. D’ailleurs, moi je l’ai lu d’une traite !

Pourtant, le début m’a paru plutôt confus. Le décor est assez mal posé, les personnages sont à peine effleurés, si bien que je ne savais pas trop où je devais aller. C’est d’ailleurs un reproche assez global sur ce roman : la trame se concentre sur l’enquête, et tout le reste (psychologie des personnages, émotions, descriptions…) est mis de côté. Le format joue évidemment un rôle non négligeable dans ce constat, mais sincèrement, je n’aurais pas refusé quelques pages en plus pour bien m’imprégner du récit.

Skin trade est donc avant tout une enquête policière fantastique, menée par Randi Wade, détective privée. Randi a été engagée par son ami Willie pour faire la lumière sur le meurtre particulièrement sanglant d’une de ses amantes. Or ce n’est pas un assassinat ordinaire, et cette violence n’est pas sans rappeler les disparitions d’enfants et l’attaque mortelle du père de Randi par une bête féroce qui ont secoué la petite ville plusieurs années en arrière…

Une fois prise dans l’enquête, les pages ont défilé à toute allure sous mes yeux. C’est rythmé et les révélations tombent rapidement sans laisser au lecteur le temps de reprendre son souffle. Mais encore une fois, c’est peut-être le format qui veut cela.

Je regrette également la fin, très ouverte et hésitante. Toutes les questions ne trouvent pas de réponses, même si l’enquête est résolue.

Le fait est, qu’avec son prestige, j’en attends beaucoup plus de George R.R. Martin dont je connais la maîtrise pour les intrigues et les personnages et que Skin Trade a de quoi décevoir de ce côté-là.

Mais cela reste un roman d’urban fantasy agréable et même terrifiant ! Après avoir refermé mon livre, j’ai eu besoin de quelques minutes avant de pouvoir m’observer dans un miroir. Te voilà prévenu…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Evidemment on peut deviner à la couverture qu’on va parler de loups-garous. Même le titre parle déjà de l’importance des peaux de changeformes, concept que George R.R. Martin avait déjà abordé dans une des nouvelles de son recueil Dragon de glace.

Pourtant, on sait dès le premier chapitre que Willie est un loup, et ça gâche un peu le plaisir de la découverte à mon sens. J’aurais préféré le savoir plus tard, afin d’entretenir le mystère.

Si l’auteur n’a pas joué la carte de l’originalité dans la mythologie des lycanthropes, il parvient à introduire une composante horrifique particulièrement fonctionnelle avec son Ecorcheur qui m’a arraché quelques frissons !

Malgré tout, je n’ai pas bien compris l’intérêt de cette fin, où si les coupables et leurs motivations sont bien définis, tout n’est pas joué. Vu la longueur du roman, il aurait été pertinent de rajouter une bonne centaine de pages pour développer le début, les personnages (qui ne semblent pas exister en dehors de l’enquête) et la fin.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu l’urban fantasy façon GRRM ?

Dis-le moi en commentaire.