brokenBroken de Laura Devillard et Jane Devreaux

Editions : autoédité

262 pages

Paru le 9 Janvier 2020

Aperçu : Je croyais ma vie parfaite, j’imaginais que rien ne pouvait m’atteindre… j’avais tort.

Je m’appelle Colyna Macklean. Je suis allongée sur un lit d’hôpital, dans un corps qui refuse de fonctionner. Je suis incapable de bouger, la douleur et l’ennui me collant à la peau, et cette envie furieuse de me laisser sombrer !

Puis, il est entré dans ma vie.

Je suis Mozart Stanlo. Ma batterie me nargue, je ne pourrai plus jamais jouer, je vais devoir affronter le regard des curieux pour le restant de mes jours, mais pour elle, je suis prêt à tout, y compris à enfreindre les règles.

 

 

 

Mon commentaire général : Un sujet fort, un roman qui marque !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Comment peut-on aimer quand on ne fonctionne plus correctement ? » (p.95)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’aimerais tout d’abord remercier les autrices de m’avoir proposé de lire ce roman très différent qui m’en a appris beaucoup sur un sujet que je connais très peu : le handicap.

Et c’est le gros point fort de ce livre : un éclairage sans fard sur le handicap, que ce soit médical, sociétal, quotidien, tous les aspects en sont abordés et détaillés pour le lecteur. De l’accident, ses séquelles, à la reconstruction, les protagonistes endurent tout, et le lecteur aussi.

Tout a l’air authentique et ça se sent entre les lignes. Tout cela vient évidemment du fait qu’une des autrices souffre elle-même de handicap et que son expérience, qu’elle partage avec nous, est percutante. La douleur parvient parfaitement jusqu’au public qui ne peut que compatir et remettre en question son comportement face au handicap, les difficultés qu’en tant que valide, on n’imagine même pas.

Il y a la romance ensuite, douce et belle, lente et intense. Colyna et Mozart, qui évoluent dans des sphères sociales différentes, se rapprochent grâce à leurs blessures, trouvent l’un dans l’autre le soutien dont ils ont besoin pour reconstruire leurs vies parties en morceaux. Je les ai trouvés très attachants, surtout parce que l’occasion leur étant donnée de nous « parler » chacun leur tour, on vit avec eux leurs rêves brisés, leur réappropriation d’un corps qui ne fonctionne plus comme avant, et leurs espoirs.

Je regrette par contre la multiplicité des intrigues parallèles, qui dessert à mon avis le sens général du roman, et les coquilles qui parsèment encore le récit.

En résumé, Broken est un roman qui permet d’exposer sans fard la réalité du handicap pour ceux qui le vivent, mais grâce à la romance toute mignonne, le récit devient plus abordable, et on se prête nous aussi à rêver sous les étoiles en compagnie de Colyna et Mozart.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai beaucoup aimé cette réflexion sur l’amour et le handicap que pose le récit.

Les protagonistes, qui avaient tout pour réussir dans la vie, populaires, une vie toute tracée pour Colyna, une passion pour la musique chez Mozart (le bien-nommé !), voient tous leurs projets partir en éclat à cause de l’accident et ses conséquences. Non seulement cela a des répercussions sur leurs corps mais aussi sur leurs familles et amis. L’accident a également brisé les non-dits, exacerbé les tensions existantes.

Si leur séjour à l’hôpital les rapproche, c’est parce que l’autre est le seul capable de comprendre ce qu’ils vivent, la douleur, la peur, les doutes. Leur questionnement par rapport au regard des autres, cette crainte de ne plus plaire à personne parce que leur corps est « différent ». A ce propos, la relation entre Loric et Felicity est bienvenue, montrant que le handicap n’est pas un frein à l’amour, qu’on soit valide ou pas, tout en rappelant la notion de culpabilité de celui qui a « survécu ».

C’était selon moi le sujet principal du roman : montrer que la vie continue, malgré ou grâce au handicap, puisque Colyna en fait finalement une force de par son métier.

Par contre, je suis restée dubitative sur cette double vengeance, qui selon moi apporte surtout du bruit à l’histoire. Une vengeance (celle de Rose, qui est finalement responsable de l’accident et doit donc en assumer les conséquences, bien que fondée sur un drame supplémentaire dont l’histoire globale n’avait pas besoin) peut paraitre légitime. Mais celle de Mark était pour moi de trop, et surtout un prétexte pour éloigner Mozart de Colyna.

De même, s’il est toujours appréciable de retrouver des personnages LGBT dans un roman à destination d’un public plutôt jeune, le transgenrisme est un sujet complexe qui mérite plus d’approfondissement et j’ai trouvé qu’il n’était ici pas nécessaire. La relation entre Kath et Mary est parfaite telle qu’elle est et n’avait pas besoin d’un élément supplémentaire, qui est surtout à peine abordé alors que c’est un sujet pour un roman à part entière.

Globalement, je retiendrai de ce roman une mise en lumière nécessaire du handicap et je ne regarderai plus jamais un trottoir de la même manière.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Quelle est ta sensibilité par rapport au handicap ?

Dis-le moi en commentaire.