la dernière terreLa Dernière Terre, intégrale 1 de Magali Villeneuve

Editions : Autoédité

872 pages

Paru en 2017

Aperçu : Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.

Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.

Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.

Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

Mon commentaire général : Une expérience hors du commun !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Le courage ne consistait pas à prétendre pour duper autrui et ne pas perdre la face. C’était au contraire emprunter la pire des voies juste pour écouter les murmures de son cœur un peu plus longtemps. » (p.220 ) « Notre monde vient de basculer. » (p.658)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Cette intégrale regroupe les deux tomes parus de la saga La Dernière Terre, dans un magnifique volume relié de cuir et parsemé de merveilleuses illustrations. Malgré son poids et le risque non négligeable de tendinite du poignet, j’ai adoré avoir cet objet en main et le contempler à loisir.

Non seulement le livre est beau mais le contenu est dense et on peut dire qu’on en a pour son argent ! Cette série fait partie de celles qu’on lit lentement, pour en appréhender toutes les subtilités. Il m’aura personnellement fallu dix jours pour parvenir à la dernière ligne, avec un rythme de lecture plutôt variable.

En effet, le premier tome prend le temps de présenter ses nombreux personnages, cet univers complexe, les coutumes des uns et des autres, le tout avec un langage très soutenu, une plume presque pompeuse qui m’a personnellement rendu l’implication difficile. C’est compliqué pour un lecteur de devoir à la fois s’approprier un monde, des personnages, des caractères, des fonctions quand la plume trop travaillée tend à rendre les évènements plus distanciés.

Et puis il faut attendre 160 pages avant que l’action ne débute et qu’on comprenne enfin où va l’intrigue générale. C’est une bonne chose de développer les personnages et leurs interactions, et c’est d’ailleurs le point fort de cette série, mais cela ne doit pas nuire à l’avancée du fil rouge du roman. En toute sincérité, j’ai failli abandonner bien avant cela, mais je me suis accrochée parce que les avis étaient très enthousiastes, que cette intégrale était un cadeau (que j’avais réclamée de tout mon cœur) et que vu la magnificence de l’objet-livre, j’avais envie d’en découvrir tous les recoins.

Je n’ai pas regretté d’avoir tenu bon car j’ai beaucoup aimé la deuxième moitié du tome 1 et j’ai dévoré le tome 2, dont la plume plus fluide et l’intrigue plus visible m’ont fascinée, tout autant que les personnages qui se révèlent dans toute leur complexité.

Le seul souci, c’est que la suite n’est pas écrite (six tomes au total étaient prévus) et que je doute qu’elle le soit un jour, où alors dans tellement de temps que j’aurai oublié tout ce qui concerne cette série. Et ça c’est vraiment dommage.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il est clair que cet univers des Cinq Territoires a été pensé dans ses moindres détails, même s’il reste au final très simple. Il est plaisant de découvrir des caractères différents selon la provenance, des façons d’être au-delà du physique, qui singularisent les personnages et les rendent reconnaissables.

Je dois bien avouer avoir eu du mal à distinguer les uns des autres dans le premier tome, tous Agrevins, tous imbibés de cette sobriété jusque dans leurs sentiments. Seul se dégage Cahir, plus petit, plus fragile, plus sanguin aussi. Et qui subit nombre de brimades à cause de ses particularités. Montré du doigt à cause de ses origines, accusé d’être un « sauvage », il se montre en fait plus humain que ses persécuteurs.

Les interventions de Feor, qui font découvrir une autre partie de l’univers, sont plutôt saugrenues dans le premier tome. Cela coupe le rythme déjà lent de l’intrigue principale et surtout, on ne comprend pas ce qu’il vient faire là (alors que sa participation est essentielle dans le deuxième tome).

C’est véritablement dans ce deuxième volet que les personnages prennent toute leur ampleur. Devant la catastrophe, les secrets volent en éclat et les caractères s’affirment. Melgar est forcé de reconnaître ses sentiments pour son pupille, Ghent de réaliser qu’il a manqué à son devoir envers son ami, l’Igilh doit faire face à la colère de son peuple à cause de son inaction (et se révèle bien l’adolescent qu’il est). Mais ceux qui m’ont le plus touchée, ceux qui se détachent pour moi dans cette série, ce sont Cahir et Feor.

Cahir parce qu’il se retrouve enfin parmi les siens, qu’il peut toucher du doigt le bonheur dont il a toujours été privé, dans son clan et auprès de Reghia.

Feor parce qu’il détonne au milieu de l’austérité agrevine et qu’il bouscule les codes. J’aime ses emportements, ses décisions hâtives, qui le rendent mille fois plus sympathique que l’effacé Ghent (que je n’arrive pas à apprécier).

En tout cas, avec la réunion de tous les protagonistes en Merehde, la boucle semble bouclée et l’intrigue est prête à se lancer à l’assaut du mystère que les créatures si intelligentes représentent. Que cachent les Brumes ?

J’espère que nous le saurons un jour…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Parcourras-tu les Cinq Territoires?

Dis-le moi en commentaire.