une place à prendreUne place à prendre de J.K. Rowling

Editions : Le livre de poche

792 pages

Paru le 28 septembre 2012 (pour la première traduction)

Aperçu : Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

 

 

 

Mon commentaire général : Une vraie satire sociale !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Tu es en train de provoquer des ravages dont tu n’as même pas idée. Des ravages terribles, […], dans la vie de ces gens. » (p.599)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Attention, livre avec lequel il faut s’accrocher !

Si le talent de conteuse de J.K. Rowling n’est plus à prouver, elle signe avec Une place à prendre un roman grinçant, révélant l’humanité de ses personnages dans ses bons et ses mauvais côtés, porté par une plume acerbe mais parfois trop descriptive.

Le roman se déroule intégralement dans la petite bourgade de Pagford, dans le sud-ouest de l’Angleterre. En décédant, le notable Barry Fairbrother ne pouvait décemment pas imaginer quel tremblement de terre il allait déclencher. Entre batailles pour sa place au conseil communal, secrets révélés, familles entières ébranlées, c’est tout le village qui plonge dans le chaos

Si la satire sociale est admirablement exécutée, c’est le fond qui pose ici problème. Une place à prendre est un petit pavé dont le rythme inégal rend la lecture assez compliquée. Les deux cent premières pages servent grosso modo à présenter la foule de personnages et leurs enjeux personnels. Pourtant il faut tenir bon. J’ai failli abandonner à plusieurs reprises, au bout de l’ennui, mais je me suis accrochée car j’avais lu des avis qui encourageaient les lectures à aller dans ce sens. Et c’est vrai.

Passé ce début bien trop introductif, le reste du roman se lit assez facilement et même avec une certaine fascination, jusqu’à la fin en apothéose, surprenante, mais pas tant que ça, au vu de tous les éléments exposés dans le reste du livre.

C’est une comédie de mœurs assez révélatrice, qui fait entrer de plein fouet dans la campagne anglaise profonde. Tout a l’air vrai et c’est vraiment ce qui marque. On croirait que l’autrice s’est invitée dans un petit village et espionné ses habitants ! C’est une image de la vie, dans sa monotonie, ses surprises, ses enjeux individuels qui peuvent paraître dérisoires pour un observateur extérieur mais qui comptent plus que tout pour celui qui est concerné.

Avec ce livre pour adultes, J.K. Rowling montre qu’elle sait parfaitement bien observer ses contemporains, et que si son imagination est capable de grandes prouesses, ses talents de conteuse s’appliquent à tous les domaines.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est qu’il n’y a pas vraiment de méchants ou de gentils, juste des gens qui suivent leurs objectifs personnels, dans ce qu’ils peuvent avoir d’immoral ou d’acceptable.

Chacun a sa part d’ombre, même si le couple Mollison semble vraiment détestable sans raison, ils ne sont qu’une réalité.

On pourra aussi remarquer ce sont les actions des adolescents, pour se venger de leurs parents, qui déclenchent véritablement le cataclysme. En révélant les petits secrets des uns et des autres, ils provoquent le drame de la fin, dans lequel chacun est ébranlé.

Pourtant cette fin n’est pas si surprenante.

La famille Weedon semble destinée à la fatalité, les drames s’abattant les uns après les autres sur Terri. Cela ressemble fort à observer un accident de train au ralenti : on sait que ça va mal finir mais on ne peut s’empêcher d’espérer une issue différente.

De même qu’il était évident qu’avec tous ces scandales révélés, la société pagfordienne allait exploser et se désagréger.

C’est vraiment dommage que le récit n’ai pas été écourté car en enlevant toutes les descriptions inutiles, le roman aurait gagné en clarté et en impact aussi. C’est un bon roman, qui aurait pu être nettement plus que cela.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prendras-tu part à la bataille de Pagford?

Dis-le moi en commentaire.