entre chiens et loups intégraleEntre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman

Editions : Milan

397 pages

Paru le 2 septembre 2005

Aperçu : Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.

 

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : ça manque de nuances…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Notre amour était comme une avalanche qui allait tout détruire sur son passage. » (p.376)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Plus d’une décennie après tout le monde, je m’attaque enfin au phénomène Entre chiens et loups. Le problème avec les livres culte, c’est qu’on les ouvre forcément avec beaucoup d’attentes et qu’on risque la déception. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé.

Entre chiens et loups, c’est avant tout un univers à part, en exact opposé au nôtre. Dans l’imaginaire de Malorie Blackman, les puissants sont noirs, les pauvres sont blancs. La ségrégation règne en maître. Les blancs ne peuvent pas fréquenter les écoles des noirs et sont condamnés aux emplois les moins qualifiés. On les pense bêtes et incapables. Ça te rappelle quelque chose ? En inversant les rôles, l’autrice souligne parfaitement le racisme ordinaire, par comparaison, et ça fait forcément réfléchir. Personne ne remet en cause la suprématie des noirs sur les blancs, sauf un groupe de rebelles terroristes qui se bat pour les droits des blancs.

L’idée de départ est bonne, excellente même, mais malheureusement un contexte politique et social même bien travaillé ne fait pas une intrigue, et c’est exactement ce qu’il m’a manqué ici.

En fait, on suit deux personnages, Sephy, fille d’un ministre, donc noire et riche, et Callum, blanc et pauvre, qui se connaissent depuis l’enfance et vont tomber amoureux l’un de l’autre. Or leur amour est interdit. C’est donc plus ou moins une version moderne de Roméo et Juliette, sur fond de ségrégation raciale. Et c’est à peu près tout ce qui s’y passe. De fait, la romance m’a parue un peu forcée, un prétexte pour justifier l’opposition raciale. Peut-être parce que je ne me suis pas forcément attachée à Sephy et Callum que je ne connais au final pas tellement, même si l’histoire est racontée de leurs points de vue (quels sont leurs buts dans la vie ? A quoi aspirent-ils ?). Peut-être parce que la plume assez simple n’a pas véhiculé leurs émotions jusqu’à moi et que je ne les ai pas senti tomber amoureux. Or la romance est au centre du récit, ce qui fait que je me suis globalement ennuyée.

En tout cas, je n’ai clairement pas senti l’engouement des autres lecteurs pour ce roman. A vrai dire, j’avais dans mes mains l’intégrale et après avoir fini le premier tome, j’ai feuilleté le reste et ne me suis pas sentie attirée par la suite. J’arrêterai donc là.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le problème quand on oppose deux camps, c’est qu’on a souvent tendance à faire d’un côté les « gentils » et de l’autre les « méchants ». Pourtant, il n’est pas indispensable de penser forcément en terme manichéen. Chacun a ses objectifs, qui peuvent se contredire, mais chacun est censé agir avec ses raisons.

Le racisme est un sujet très sensible et la haine ne s’explique parfois tout simplement pas. Pourquoi notre monde est-il dominé par les populations blanches ? Pourquoi certains méprisent-ils les « minorités raciales » (je n’aime pas ce terme) ?

Ce qui me contrarie dans ce roman, c’est que le lecteur va avoir tendance à prendre en sympathie le peuple opprimé, c’est-à-dire les blancs, et qu’il ne viendra pas à l’esprit de tout le monde de retourner le sentiment dans notre propre monde, en se rendant subitement compte des injustices que subissent les personnes de couleur dans notre société.

De plus, les seules figures noires qui interviennent dans Entre chiens et loups ne sont pas forcément sympathiques. Monsieur Hadley est immonde, sa femme est insupportable, tout comme Minnie, et Sephy est la personnification de la pauvre petite fille riche, dont les plaintes n’ont tout simplement pas lieu d’être. On a bien tenté d’écorcher un peu son image en la faisant boire mais franchement, elle reste très lisse, superficielle et très naïve.

En comparaison, la famille de Callum apparait comme des martyrs, Callum en tête d’ailleurs, qui fait un peu figure de héros du roman, même s’il est également terriblement candide.

Je m’attendais à ressentir beaucoup d’émotions. J’ai bien évidemment été indignée par le sort des Nihils, j’ai réprouvé les actions de la Milice de la libération, mais le reste était trop prévisible, si bien que je n’ai pas accroché. J’aurais peut-être dû lire ce roman plus tôt, plus proche de sa sortie (il y a tout de même quatorze ans !), mes attentes ayant évolué depuis. Ce qui est sûr, c’est que je ne continuerai pas cette série.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  De quel côté pencheras-tu ?

Dis-le moi en commentaire.