show stopperShow Stopper de Hayley Barker

Editions : Bayard

536 pages

Paru le 20 Novembre 2019

Aperçu : Londres, 2045.

La société est divisée en deux catégories.

Les bâtards sont réduits à l'état d'esclaves, leur vie n'a aucune valeur. Les purs représentent les privilégiés qui ont accès aux soins et aux emplois nobles. Le cirque de l'horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent le clou du spectacle : l'accident mortel qui leur provoquera le grand frisson. Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d'Hoshiko, la funambule star du spectacle. Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l'horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage ?

 

 

 

Mon commentaire général : Que le spectacle commence !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Ils veulent du danger. Ils veulent voir la peur sur nos visages. Ils veulent nous voir mourir. » (p.77)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Attardons-nous d’abord un instant sur cette magnifique couverture rouge et or, qui représente à la fois superbement bien l’univers du cirque et l’horreur qui nous y attend…

Il faut que je te fasse une confidence : je n’ai jamais vraiment aimé le cirque, qui n’est pour moi pas du tout synonyme de merveilleux, mais plutôt de malaisance. Eh bien, on peut dire qu’avec Show Stopper, j’ai été servie, puisque dans le thème du cirque de l’horreur, on s’y reconnait bien !

Pour le coup, l’ambiance est glauque et violente à souhait, même si l’autrice aurait pu pousser le bouchon encore plus loin.

Show Stopper, c’est avant tout un univers : les Purs contre les Bâtards. Les Purs sont les anglais de pure souche (d’où leur nom), et les Bâtards, ce sont tous les autres : immigrés, métis… Les Purs sont riches, ont accès aux meilleurs emplois, à la nourriture. Les Bâtards n’ont rien, à peine de quoi survivre, et encore, et surtout ils occupent les tâches subalternes dont les Purs ne veulent pas, mais aussi servent de divertissement dans un cirque où la plus grande attraction est de voir un Bâtard mourir au cours de son numéro. Sympa, non ?

C’est aussi l’histoire de Ben, fils de la plus influente Pure d’Angleterre, farouchement déterminée à exterminer les Bâtards comme de la vermine, et Hoshiko, une Bâtarde, mais aussi la funambule la plus célèbre et agile du pays. Quand leurs yeux se croisent durant une représentation du cirque, c’est le coup de foudre. Ben va alors mettre toute son énergie à tenter de libérer Hoshiko alors que la jeune fille doit lutter contre la mort, au sein même du cirque…

La plume d’Hayley Barker est fluide, bien que transportant peu d’émotions, et c’est globalement ce qui manque à ce récit pourtant enlevé côté péripéties. Il se passe des choses horribles, les personnages assistent à des morts atroces, ils éprouvent la peur, la colère, l’amour aussi, mais cela ne parvient pas jusqu’au lecteur, ce qui est bien dommage.

Je regrette aussi que l’aspect dystopique et très manichéen de cet univers soit si peu expliqué. On a les Purs d’un côté, les Bâtards de l’autre, mais comment en est-on arrivé là ? Qu’en est-il du reste du monde ? Pourquoi tant de racisme de part et d’autre ?

La fin, très ouverte, risque aussi de ne pas plaire à tout le monde. Une suite existe en VO pour ceux qui trouveraient cette conclusion un peu trop abrupte et ne seraient pas prêts à attendre une éventuelle traduction.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

L’autre aspect qui m’a gênée, c’est l’immédiateté de la romance.

N’oublions pas que Ben a été élevé dans un environnement très raciste, même s’il est capable d’aimer Priya, la domestique. Il n’a jamais remis en question son monde jusqu’à présent, et d’un coup, grâce à la jolie Hoshiko, il est prêt à tout risquer, même sa vie, pour une personne qu’il connait depuis moins d’une semaine.

De son côté, Hoshiko est considérée comme une inférieure. Arrachée à sa famille à cinq ans, sa haine des Purs est incommensurable. Pourtant, elle est prête à faire confiance à un Pur qu’elle connaît à peine, à mettre en danger la vie de Greta qu’elle considère comme sa petite sœur, pour les beaux yeux d’un garçon qui pourrait la trahir à n’importe quel moment…

Cela parait un peu gros, et l’amour comme seule motivation pour renverser tout un système l’est encore plus.

Dans le même genre, il y a aussi Silvio, dont la cruauté ne s’explique que par des tendances sadiques. C’est un méchant un peu lisse dans le sens où il n’y a pas vraiment d’explications à sa brutalité. Il a évidemment été blessé de son rejet par sa famille maternelle mais les artistes sont son gagne-pain et dans ce sens, il n’est pas concevable qu’il les maltraite à ce point, sans plan de secours. Je pense notamment au numéro de l’aquarium dans lequel il perd ses deux artistes lors d’une pseudo-répétition devant des journalistes, alors qu’il voulait jouer la surprise pour son grand spectacle. De même, il est prêt à éliminer Hoshiko, sa célébrité, sans s’assurer que la relève est prête et qu’il pourra toujours faire tourner son cirque sans elle. Qu’il soit un businessman sans cœur, ça lui donnerait des raisons qui lui sont propres pour agir comme il le fait, autrement que par pure méchanceté.

D’une façon générale, j’ai trouvé que l’intrigue était un peu en retrait par rapport au spectacle, horrible à souhait, alors que les deux étaient parfaitement compatibles.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Aimes-tu le cirque ?

Dis-le moi en commentaire.