la constance de l'étoile polaireLa constance de l’étoile polaire de Diana Peterfreund

Editions : Infinity collection Onirique

425 pages

Paru le 22 Novembre 2017

Aperçu : Il y a de cela quelques générations, une expérience génétique ayant mal tourné a provoqué la Réduction, qui a décimé l'humanité ; une noblesse Luddite a émergé des cendres et a interdit presque toute forme de technologie. Dans ce monde, Elliot North a toujours su où se trouvait sa place. Quatre ans auparavant, elle a refusé de s'enfuir avec son amour d'enfance, le domestique Kai, préférant choisir les obligations qui la liaient au domaine de ses parents plutôt que l'amour. Depuis, le monde a changé. Les post-réductionnistes s'efforcent de remettre en marche le progrès ; quant au domaine d'Elliot, il meurt petit à petit, l'obligeant à louer ses terres à Cloud Fleet, un mystérieux groupe de constructeurs de navires dont fait partie un explorateur renommé, le Capitaine Malakai Wentforth - Kai, son amour de jeunesse, devenu presque méconnaissable. Et tandis qu'Elliot se demande si c'est une deuxième chance qui se présente, Kai, lui, semble déterminé à montrer à Elliot tout ce qu'elle a perdu lorsqu'elle a choisi de le laisser partir. Mais bientôt, Elliot découvre que son vieil ami cache un secret si important qu'il pourrait changer leur société... ou la mettre à genoux. Et une nouvelle fois, elle doit faire face à un choix : s'accrocher aux croyances qui ont forgé son éducation, ou unir sa destinée à celle du seul garçon qu'elle a jamais aimé, même si elle l'a perdu pour toujours. Inspiré du roman de Jane Austen, Persuasion, For Darkness Shows The Stars est une romance à couper le souffle où l'enjeu est d'ouvrir son esprit au futur, et son cœur à la seule personne qui est capable de le briser.

Mon commentaire général : Aussi fascinant qu’une étoile !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Les poèmes anciens disaient que les amoureux étaient faits l’un pour l’autre. Mais ce n’était pas vrai pour Kai et Elliot. Ils n’avaient pas du tout été faits l’un pour l’autre, bien au contraire. Cependant, ils avaient grandi ensemble, tous les deux, jusqu’à ce qu’ils fussent comme deux arbres issus d’un même tronc, plus forts ensemble que chacun d’eux pourrait l’être seul.» (Chap. 31)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

La constance de l’étoile polaire est la réécriture SF d’un roman de Jane Austen, Persuasion, que j’avoue ne pas connaître du tout. Cette histoire était donc pour moi une complète découverte, qui m’a totalement ravie !

Diana Peterfreund a transposé ce récit ancien dans un monde futuriste, où l’humanité ravagée par son ambition a été réduite à peau de chagrin et dont les survivants vivent coupés de la technologie. La classe dirigeante, les Luddites, a renoncé à toute amélioration scientifique ou médicale car leurs ancêtres, à force de vouloir transformer le corps humain par la génétique, ont tout simplement failli détruire l’humanité. Les Altérés qui souffrent encore de traumatismes dus à ces mutations, et leurs descendants non-atteints, les Post, ne sont que des esclaves pour les Luddites.

Elliot North, fille cadette d’un grand propriétaire terrien, est une Luddite mais elle n’a jamais éprouvé la condescendance de sa famille pour les Post, bien au contraire. Dirigeant dans l’ombre le domaine, elle se voit contrainte de louer leurs chantiers navals à un explorateur Post. Mais quand celui-ci arrive en grande pompe avec ses employés, Elliot ne peut que reconnaître son ami Kai dans le prestigieux Capitaine Malakai Wentforth, celui dont elle est toujours amoureuse, et qui lui en veut terriblement de l’avoir laissé fuir seul le domaine…

Non seulement la plume est très fluide mais les personnages sont bien travaillés, tout en contrastes et en nuances. Je me suis beaucoup attachée à Elliot et Kai, qui luttent contre leurs sentiments et leurs récriminations, mais aussi au reste de la Cloud Fleet. Ici la romance est douce, elle se bat contre les interdits, elle se construit lentement, et le contexte prend toute sa place.

Ce roman n’a pas fait long feu entre mes mains, les pages se sont tournées sans que je m’en rende vraiment compte, tellement j’ai été happée par cette histoire, qui parle d’amour bien sûr, mais aussi de trouver sa place, de ces rêves qu’on s’interdit mais qui nous hantent, de devoir et d’obligations également.

Je lirai probablement la suite, même si elle concerne d’autres personnages, car j’ai tout simplement adoré cet univers.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je suis moi aussi tombée en amour d’Elliot et Kai.

Elliot est une jeune fille qui peut paraitre effacée au premier abord, tyrannisée par sa sœur et son père, mais c’est en fait une battante. C’est elle qui fait vivre le domaine, qui s’occupe de la survie, pendant que les autres s’intéressent à leurs loisirs. Elliot a bon cœur, mais elle reste aussi très attachée à la terre de ces ancêtres et à ces familles qui comptent sur elle. Elliot porte le domaine North sur ses épaules, préférant ses obligations à l’amour.

De son côté, Kai apparait tout d’abord comme un jeune homme en colère, rongé par le ressentiment. Il a réussi dans la vie, il est même plus riche que ses anciens propriétaires mais en veut toujours mortellement à Elliot de ne pas avoir fui avec lui. C’est un cœur blessé, qui tente par la jalousie de faire réagir Elliot mais va ainsi provoquer une série de catastrophes. Kai m’a touchée par sa sensibilité, ses rêves d’exploration qui ne pouvaient pas le cantonner à une petite chambre dans une grange. Quand sa façade tombe, Kai est un jeune homme marqué par les évènements mais au grand cœur.

J’ai aussi adoré les lettres qu’on découvre dans le récit, cette façon de les conserver, comme un trésor.

La constance de l’étoile polaire est un roman qui réchauffe le cœur, tout en subtilité, tout ce que j’aime.

Je regrette simplement que le concept d’opposition entre les Luddites et les Altérés/Post soit si simple, bien que l’autrice nous montre que les Luddites ne sont pas si attachés que ça à leurs traditions quand il s’agit d’adopter des innovations Post, et que la genèse du monde soit si élémentaire.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Te laisseras-tu guider jusqu’à ce roman ?

Dis-le moi en commentaire.