like a love storyLike a love story de Abdi Nazemian

Editions : Milan

364 pages

Paru le 13 Novembre 2019

Aperçu : Actu : 1er décembre - Journée mondiale de lutte contre le sida. New York, 1989. La ville est tapissée de posters d’Act Up. La communauté homosexuelle vit sous la menace du sida. C’est dans ce climat que trois jeunes vont se rencontrer, s’aimer et vivre l’année la plus décisive de leur vie.

New York, 1989. Reza, 17 ans, d’origine iranienne, vient tout juste d’arriver à New York. Le jeune homme vit dans la peur que sa famille découvre son secret. Un secret qu’il s’admet à peine. Reza pense être gay, et cela le terrifie, car tout ce qu’il connaît de la communauté homosexuelle, il l’apprend aux informations télévisées qui montrent constamment des images d’hommes mourant du sida.

Judy rêve de devenir styliste et porte une admiration sans bornes à son oncle Stephen, atteint du virus du sida. Stephen dédie tout son temps au collectif Act Up, dont il est un membre actif. Art est le meilleur ami de Judy. Il est le seul garçon ouvertement gay de son lycée. Pourtant, chez lui, il subit le rejet brutal de ses parents qui refusent d’accepter son orientation sexuelle.

Quand Reza rencontre Judy et Art, leur vie à tous les trois prend un tournant inattendu entre amour, amitié, trahison et acceptation de soi.

Mon commentaire général : Un concentré d’émotions porté par la musique de Madonna !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Moralité, la dynamique de l’amitié se modifie quand l’amour s’en mêle. Mais le changement, ça ne veut pas dire que c’est la fin. » (p.110)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voyage dans le temps et l’espace garanti avec Like a love story !

J’ai été littéralement transportée dans le New-York de 1989 et j’ai vécu une aventure chargée en émotions, aux côtés de Reza, Art et Judy.

Les trois adolescents sont les héros de cette histoire qui respire l’authenticité. Après un détour par Toronto, Reza, d’origine iranienne, vient de s’installer à New-York avec sa mère qui s’est remariée avec un riche banquier. Non seulement il se sent en décalage vis-à-vis des adolescents américains mais aussi parce qu’il cache un lourd secret : Reza est gay et a du mal à se l’avouer. Au contraire d’Art qui a fait son coming-out et assume parfaitement sa sexualité, même s’il souffre du rejet de ses parents qui n’acceptent pas son orientation sexuelle. Judy est la meilleure amie d’Art, férue de mode et de couture, qui essaie d’exister à côté de la flamboyance de son ami. L’arrivée de Reza, la menace du sida, et les inévitables questions qui se posent au passage à l’âge adulte vont faire exploser leur duo et les pousser à se révéler eux-mêmes

Avec une plume très fluide, Abdi Nazemian nous emporte dans un récit qui semble tellement véridique qu’on se demande à chaque page ce qui est imaginé et tiré de ses souvenirs. L’auteur nous plonge dans un contexte fort, alors que le sida fait rage au sein de la communauté homosexuelle, au sein des peurs d’un adolescent effrayé par sa « différence », le regard des autres et la découverte de l’amour. Un garçon qui veut se fondre dans la masse, quitte à se mentir, à s’oublier. Un autre qui souhaite être vu, quitte à en faire trop, avec la même acuité avec laquelle il perçoit le monde. Une fille qui souhaite s’exprimer mais qui se sent perdue au milieu des fortes personnalités qui l’entourent.

C’est un beau roman, fait de personnages tout en complexité qui ne s’oublient pas, de destins qui touchent au cœur, d’acceptation de soi, de deuil, de soif de vivre. Un livre qui résonne pour le lecteur longtemps après avoir tourné la page. Un de ceux qu’on a envie de mettre entre toutes les mains, pour que plus personne n’ait peur d’être qui iel est.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Cela fait longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant transportée.

Il y a tout d’abord l’ambiance très années 80, avec ses icônes pop, Madonna en tête. New-York qui est tellement bien décrite qu’on peut parfaitement bien visualiser les lieux.

Le choc des cultures est aussi très réaliste. Reza ne connait pas les références très américaines de ses copains de lycée, ce qui crée un premier décalage avec les autres. Il y a aussi le contraste entre les familles de Judy et Art, qui semblent vivre sur des planètes différentes.

Il y a également cette ferveur militante, qui fait le sel du roman. Abdi Nazemian n’a pas fait partie du mouvement ACT UP et pourtant il l’a retranscrit à merveille avec ses combats, ses prises de positions, ses membres si touchants, la peur de la mort, l’injustice qu’iels ressentent, ce besoin de vivre, de comprendre, d’aimer. Exister tels qu’iels sont, tout simplement. Je me suis prise d’affection pour eux.

Et justement les personnages sont tellement authentiques, dans leurs réactions, leur façon d’être, que je me suis vraiment demandé si l’auteur s’était inspiré de ses propres amis. Tout chez eux semble véridique. Même la fin, si frustrante soit-elle, est juste. Judy a percé en tant que créatrice. Reza a fondé une famille. Et Art continue de brûler la vie par les deux bouts, rattrapé par la maladie, mais pas désespéré pour autant. Les happy ends n’existent pas toujours dans la vraie vie.

Ces personnages auront toujours une place spéciale dans mon cœur, parce qu’ils ont su me toucher avec leur sincérité.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Es-tu fan de Madonna?

Dis-le moi en commentaire.