la caveLa cave de Natasha Preston

Editions : Hachette Lecture Academy

400 pages

Paru le 27 Février 2019

Aperçu : Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées quatre filles. Avant, Lilas s'appelait Summer. Elle avait des parents, un frère insupportable, des copines, un petit ami. Elle fera tout pour les retrouver. Car contrairement aux autres filles, elle n'est pas prête à accepter son sort jusqu'à faner et dépérir.

 

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Je suis restée prisonnière de cette cave !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « C’était un cauchemar. Ça ne pouvait être que ça. Ce genre d’horreur ne m’arrivait pas. Elles n’arrivaient à personne que je connaissais. » (p.39)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’ai ouvert ce roman… et je ne l’ai plus refermé !

La cave est un thriller addictif qui fait la part belle à la psychologie des personnages, notamment des victimes, et nous fait vivre un huis-clos angoissant en compagnie de quatre jeunes filles.

Nous suivons Summer, 16 ans, qui se fait kidnapper sous nos yeux puis séquestrer dans une cave en compagnie de trois autres filles. Son ravisseur la renomme Lilas et la force à faire partie de sa « famille ». Or Summer/Lilas n’est pas une fugueuse comme les autres, elle a une famille et surtout un petit ami prêt à tout pour la retrouver. On suit donc alternativement ce qui se passe dans la cave avec le point de vue de Summer, et ce qui se passe en dehors avec les points de vue du ravisseur et du petit ami…

Le point fort de ce roman est cette ambiance glauque, le quotidien des quatre « fleurs » que l’autrice nous force à partager, entre repas surréalistes et crises de violence, entre celles qui ont renoncé et celles qui pensent encore à se battre… On y découvre le pouvoir de l’endoctrinement, le moment où l’esprit passe en mode survie et accepte l’inacceptable.

La cave a beau être un thriller YA, il n’a rien à envier à ses grands frères. L’autrice n’épargne rien à ses personnages, et à ses lecteurs, ce qui renforce la crédibilité du récit. Bémol pour la fin, assez expédiée, alors que le reste était détaillé avec minutie.

C’était la première fois que je lisais un roman de Natasha Preston, mais pas la dernière !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je suis agréablement surprise de tomber sur un thriller YA où les choses sont appelées par leur nom et où rien n’est édulcoré pour le public adolescent. Les scènes violentes sont peut-être moins détaillées que pour un thriller adulte, les meurtres plus survolés, les viols pas montrés mais suggérés, ce qui renforce le traumatisme pour le lecteur sans rien nous cacher pour autant. On sait ce qui s’est passé, on le vit du côté des victimes, et non de l’enquête comme dans la plupart des thrillers, et on tremble avec ces jeunes filles.

J’ai apprécié que l’autrice nous montre plusieurs profils psychologiques. Rose est la plus ancienne, toutes ses précédentes ayant été tuées, et donc la plus endoctrinée. Elle qui connaissait Trèfle avant son enfermement ne peut vivre hors de la cave tant son esprit a renoncé à la liberté. Iris et Violette (la première) alternent les phases de combat et de renoncement, tandis que Summer semble tenir à son envie de liberté jusqu’au bout, avant qu’on ne se rende compte de son attachement aux autres fleurs à l’hôpital.

De même, le retour à la liberté de Summer est compliqué entre culpabilité du survivant, sentiment d’être souillée, différente, et j’aurais aimé en savoir plus sur l’après. Mais peut-être cela fera le sujet d’un prochain roman ?

Du coup, je suis assez étonnée que l’autrice ne nous en ai pas dit plus sur Trèfle. On peut lire entre les lignes que sa mère l’a entraîné à tuer des prostituées, mais on ne comprend pas d’où cette tendance meurtrière vient, ni l’idée des fleurs. C’est dommage que tout le reste soit aussi détaillé et pas l’aspect psychologique du ravisseur.

Enfin, l’intrigue qui tient sur plusieurs mois voit sa fin précipitée, et l’identité de Trèfle trouvée presque par hasard, à cause d’un comportement étrange selon Lewis. C’est dommage qu’on ne nous ai pas entraînés sur de fausses pistes (et que l’identité de Trèfle soit révélée au lecteur très tôt dans le récit), ce qui aurait contribué à renforcer l’espoir par moment et donc nous faire vivre des montagnes russes d’émotions. C’est à mon sens ce qui manque le plus dans ce roman.

 

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Passeras-tu la porte de la cave ?

Dis-le moi en commentaire.