la maison de cendresLa maison de cendres de Hope Cook

Editions : Bayard

352 pages

Paru le 16 Octobre 2019

Aperçu : Certaines choses refusent de rester enfouies dans le passé.

Le jour où il entend des voix au milieu d’une étrange clairière dans un bois sauvage, Curtis, 17 ans, doit affronter sa plus grande peur : aurait-il hérité de la maladie mentale de son père ? Dans sa quête désespérée pour trouver une réponse à cette terrible question, il découvre l’histoire de Gravenhearst, un manoir labyrinthique qui occupait les lieux avant 1894, date à laquelle il a été réduit en cendres. Parmi les rares articles mentionnant l’incendie, Curtis tombe sur la photo de Mila, une habitante de Gravenhearst. Fasciné par ce portrait, il le dérobe. Mais quelques jours plus tard, en regardant dans un miroir ancien oublié de tous, il se retrouve face à la jeune fille victorienne, et parvient à communiquer avec elle. S’il réussit à percer le mystère qui les lie, il pourra protéger sa santé mentale, et surtout, sauver de l’incendie celle qui hante ses rêves.

Plus d’un siècle dans le passé, Mila doit mener ses propres combats quand sa mère disparaît inexplicablement, les laissant sa petite sœur et elle sous la tutelle de leur cruel beau-père. Bientôt, ce dernier révèle ses sinistres desseins : maître d’une demeure maléfique, il séquestre ses pupilles pour accroître son pouvoir obscur. Luttant de toutes ses forces contre la maison et son beau-père, Mila cherche de l’aide pour s’évader de Gravenhearst. Séparés par le temps, Curtis et Mila pourront-ils briser le pouvoir maléfique qui menace de les engloutir dans le néant ?

Un roman qui joue sur tous les codes de l’horreur gothique : une maison hantée maléfique, des héros en proie au doute, une histoire d’amour impossible... Pour tous les fans de Frankenstein, Dracula, et des Hauts de Hurlevent.

Mon commentaire général : Un roman de saison !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « On dit que l’endroit était maudit, ou hanté, enfin quelque chose de ce genre. Et, après qu’elle a été réduite à un tas de cendres, personne ne voulait plus s’en approcher. On prétendait que les lieux étaient le mal incarné. » (p.76)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

La maison de cendres fait partie de ces romans où le décor est primordial, comme s’il était un personnage à part entière. Ici, c’est la fameuse maison, Gravenhearst, qui possède ses propres intentions et joue avec les personnages… Mais je n’en dirais pas plus, il te faudra le découvrir par toi-même !

Le roman nous propose de plus une double perspective : celle de Curtis, dans le présent, et celle de Mila, en 1894, tous deux rattachés à Gravenhearst d’une manière ou d’une autre.

Pour Curtis, ce sont des voix dans sa tête, une attirance presque maladive pour la maison, depuis qu’il s’est perdu dans les bois et a atterri dans une mystérieuse clairière. Or le jeune homme craint que tout cela ne soit que le fruit d’un esprit malade, comme son père, et qu’il ne sombre lui-aussi dans la folie. Surtout quand il aperçoit dans un miroir chez lui une jeune fille qu’il a vue sur une vieille photo…

La jeune fille en question c’est Mila. Après avoir traversé l’Atlantique pour rejoindre le nouveau mari de sa mère, Mila emménage à Gravenhearst où les phénomènes surnaturels ne tardent pas à se produire. La maison semble vouloir jouer avec sa sœur et elle, dans une espèce de jeu morbideelles ne peuvent survivre

Si j’ai aimé le sujet, très sombre, sur fond de magie noire, maladie mentale et maison maléfique, j’aurais aimé le ressentir davantage dans la plume que j’ai trouvée plutôt simple et chiche en émotions. Les personnages subissent beaucoup, et je me suis souvent retrouvée simple spectatrice de leurs mésaventures, au lieu de les ressentir par moi-même.

A mon avis, l’autrice aurait pu aller bien plus loin. On a déjà vu des romans destinés à la jeunesse bien plus terrifiants, sans pour autant entrer dans le gore. L’ambiance seule pourrait déjà y faire beaucoup si elle avait été plus travaillée dans le mystère, plongeant le lecteur dans le doute. Folie ou réalité ? Il y avait réellement matière à faire.

Je ressors donc de cette lecture mitigée dans mon avis, ayant vraiment apprécié le sujet et le parallèle entre les époques, mais étant restée bien trop en retrait pour ressentir de l’empathie envers les personnages.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

L’intérêt du roman tient au parallèle entre les époques. Pourquoi Curtis aperçoit-il Mila ? Son héritage est une bonne surprise, qui explique bien que la maison et le miroir lui « parlent », lui qui possède le sang des Deemus. Pour autant, je n’ai pas compris en quoi il pouvait aider Mila. En fait, il n’est que spectateur du calvaire de Mila, sans pouvoir interagir. Je ne pense pas que l’attirer dans notre époque par son sacrifice soit réellement la façon d’aider la jeune fille qui a tout perdu au profit d’un homme détestable.

De son côté, Mila a des réactions que je n’ai pas toujours comprises. Ses actions sont maladroites, ses réactions souvent inappropriées à la situation. Quand on a perdu mère et sœur au profit d’une maison démoniaque, il me semble difficile d’accepter la situation.

Quant à la romance, je ne sais pas si c’est le mot approprié. Les deux adolescents n’ont quasiment rien échangé. Quelques visions fugaces dans un miroir, aucune parole ou presque, ne suffisent pas à faire tomber amoureux. L’autrice aurait pu privilégier des moments d’interaction, au travers des miroirs par exemple, ce qui aurait renforcé cette idée d’amour impossible, et fait miroiter l’espoir au milieu d’une ambiance sombre.

L’idée est bonne mais me semble au final mal exécutée. Il m’aura en tout cas manqué quelque chose pour entrer moi aussi dans Gravenhearst.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Oseras-tu regarder dans le miroir ?

Dis-le moi en commentaire.