#murder#murder de Gretchen McNeil

Editions : Milan

360 pages

Paru le 2 Octobre 2019

Aperçu : Sur Alcatraz 2.0, la peine capitale prend la forme d’un jeu de téléréalité diffusé via une application. Quand Dee s’y réveille alors qu’elle est innocente, elle sait que des millions de personnes vont la voir se faire #massacrer…

@docfusion : une meuf de 17 ans vient d’être envoyée sur Alcatraz 2.0 pour avoir tué sa demi-sœur. Vous pensez qu’elle va tenir longtemps ? @catlover25 : #JUSTICE ! Elle aura que ce qu’elle mérite ! lol @Eltonjohn4ever : qui va lui régler son compte ? @PrinceTranchant ? @CecileB.Deviolent ? @HannahFéroce ? @ bookaddict : moi, je pense que Dee est innocente. J’espère qu’elle va #vivre.

Dans un futur proche, grâce à l’appli The Postman, les honnêtes citoyens américains peuvent visionner, commenter et partager les exécutions des pires condamnés du pays, envoyés sur Alcatraz 2.0. Sur l’île, les mises à mort prennent la forme de chasses à l’homme menées par des tueurs en série accrédités par le gouvernement.

Quand Dee se réveille sur l’île, accusée d’un crime qu’elle n’a pas commis, elle sait que des millions de personnes vont la voir se faire #massacrer…

Mon commentaire général : Le spectacle commence !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Sur Alcatraz 2.0, le pire arrive uniquement quand une caméra est à proximité.» (p. 50)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Imagine un futur où les prisons sont de gigantesques plateaux de télé-réalité, les peines de mort administrées en direct devant les caméras par des tueurs professionnels dans des mises en scènes ultra-violentes et scénarisées dans le but de générer le plus de boosts (likes) possibles…

C’est le cauchemar dans lequel évolue Dee, 17 ans, accusée à tort du meurtre de sa demi-sœur. Tout juste débarquée sur Alcatraz 2.0, elle va rapidement comprendre les règles du jeu : faire attention quand les caméras filment et surtout ne faire confiance à personne

Voilà un roman original, par son sujet très contemporain (la place des réseaux sociaux dans notre vie) et le parti pris de l’autrice de ne rien édulcorer, surtout pas les meurtres, dans un livre pourtant destiné à la jeunesse ! C’est vraiment très violent, on pourrait dire gore d’ailleurs, et les descriptions très graphiques ne laissent pas beaucoup de place à l’imagination. Ames sensibles s’abstenir !

Ceux qui ne sont pas dérangés par le sang (et les autres trucs un peu dégoûtants) trouveront ici un survival plein de suspense, qui entraine le lecteur dans un jeu mortel qui appelle à se demander si on peut vraiment se divertir de tout.

Si j’ai adoré le sujet, j’ai été moins emballée par la forme, notamment la plume, que j’ai trouvé un peu froide. Au final, j’ai assisté au spectacle comme simple spectatrice, sans vraiment d’empathie avec les personnages pourtant bien mis à mal. J’ai même trouvé Dee, l’héroïne, un peu agaçante.

Néanmoins je conseillerai #murder aux adolescents en quête de sensations fortes, pour remplacer un bon teen movie à la Scream, dont il reprend certains des codes, surtout qu’en cette période d’Halloween, on est bien dans l’air du temps !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je ne pensais vraiment pas trouver une telle inventivité dans les meurtres en direct. D’ailleurs je ne pensais pas vraiment assister à une telle débauche de violence, tellement qu’on pourrait se demander pourquoi les spectateurs cautionnent ça. Mais plus c’est sanguinolent, plus ils boostent et commentent, ce qui prouve bien le pouvoir du nombre, de la suggestion (après tout ce sont des criminels non ?) mais aussi le détachement qu’implique la présence d’un écran entre les spectateurs et les exécutions. La plupart seraient sûrement incapables d’assister à une telle violence sans l’intermédiaire de l’écran… La métaphore avec le harcèlement en ligne, le pouvoir des mots quand on est bien caché derrière son PC ou son smartphone, est flagrante…

Mon principal problème vient donc du détachement avec lequel l’autrice nous raconte le funeste destin de cette bande d’adolescents, condamnés à tort et voués à la mort. Peut-être pour coller à son thème ? En tout cas, moi je me suis sentie à des milliers de kilomètres d’eux, je n’ai pas partagé leur sort ni tremblé pour eux. Il faut dire qu’avec Dee dans les parages, alias mademoiselle-je-comprends-tout-et-je-sais-tout-faire, ils n’ont pas beaucoup à s’en faire. La fascination qu’elle exerce sur les propriétaires d'Alcatraz, père et fille, est incompréhensible pour moi : je ne l’ai pas trouvée intéressante au point de sacrifier une émission aussi lucrative… C’est dommage, car si l’autrice avait creusé dans l’émotion, dans l’insécurité, au lieu de permettre à une frêle jeune fille de massacrer toute une bande d’assassins surentrainés, je pense que j’aurais pu adorer ce roman qui ne prend pas son public pour des trouillards !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Boosteras-tu #murder?

Dis-le moi en commentaire.