la detteLa dette de Marjy Noname

Editions : Stories by Fyctia

372 pages

Paru le 13 septembre 2019

Aperçu : Sélenne, ancienne hackeuse, a repris contact avec son frère Elias après six ans d'absence. Il la pensait derrière les barreaux d'une prison, alors qu'elle était obligée de travailler pour les fédéraux en échange de leur liberté.

Sa dernière mission pour payer sa dette envers l'Etat : reprendre contact avec le dernier membre de sa famille et faire tomber son patron, chef de la mafia russe, le dangereux et charismatique Anton Yourenev.

Quand Elias disparaît avec un quart de million de dollars et son ex-maîtresse, Anton ne peut pas laisser l'affront sans réagir. Sélenne, la petite sœur est une cible toute choisie. Elle devra le rembourser et servira d'otage en attendant que ses hommes retrouvent les fugitifs.

Un duel commence entre sensualité, mensonges et peur d'être démasquée. Sélenne devra choisir sa voie dans un double jeu risqué où sa vie pourrait être le prix à payer.

Mon commentaire général : De la très bonne came !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Ma vie n’est pas rose, ce n’est pas un conte de fées. Je suis le méchant, elle n’est pas une putain de princesse. » (Chap. 36)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Je connaissais déjà la plume de Marjy Noname avec Five, dark romance à la violence tant psychologique que physique, mais La dette est un cran au-dessus : c’est tout simplement addictif, et je l’aurais probablement lu d’une traite si je n’avais pas eu à faire quelque chose d’inévitable, c’est-à-dire aller me coucher pour être en forme au boulot le lendemain…

J’ai ouvert ma liseuse et je me suis laissée porter par l’histoire de Sélenne, Elias, et Anton, dans un monde violent mais loyal, aux règles bien définies, où on comprend rapidement que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit.

Sélenne est une ancienne hackeuse, forcée par le FBI à travailler pour eux à la place de la prison, tout en faisant croire à son frère qu’elle était incarcérée. Alors qu’elle entrevoit le bout de son calvaire, le bureau lui donne une dernière mission : reprendre contact avec son frère Elias, qui travaille comme comptable d’une famille mafieuse russe à Milwaukee. Son but est de recueillir le maximum d’information pour faire tomber Anton Yourenev, le patron. Or à peine arrivée et embauchée comme serveuse dans le club du clan, Elias s’enfuit avec la copine du chef et 250 000$. En tant que sœur d’Elias, c’est Sélenne qui devra payer la dette, et se soumettre aux désirs d’Anton. Or la jeune femme est bien plus consentante qu’elle ne le voudrait, surtout qu’elle y joue aussi sa couverture

C’est très bien écrit, les personnages sont attachants, dans leurs forces et leurs faiblesses. En fait, La dette nous montre toutes les facettes de l’âme humaine, de la violence à la passion, en passant par l’envie. Et si le club que possède Anton s’appelle « Les 7 péchés capitaux », ce n’est pas pour rien : c’est un reflet de ce que l’humain a de plus noir et de plus violent, de ses désirs les plus profonds et les plus inavouables, comme l’attraction que ressentent Sélenne et Anton, alors que tout devrait les séparer.

Evidemment ce roman fait partie de ceux qui ne plairont pas à tout le monde. Ce sont des personnages mis dans des situations extrêmes et inhabituelles, qui bousculent le lecteur, ce qui ne peut pas faire consensus. Si la violence est bien présente, tout comme l’érotisme, l’autrice ne présente jamais les choses comme normales. Les circonstances font que les personnages sont ou se sentent obligés d’agir comme ils le font.

Pour ma part, même si je regrette une romance bien trop rapide pour être crédible, j’ai vraiment bien aimé.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai cru pendant un moment avoir un coup de cœur pour ce roman, ou en tout cas, ressentir ce sentiment assez spécial qui impose de tourner les pages sans relâche, tout en s’attachant très fort aux personnages.

Au départ, c’était presque parfait. J’ai apprécié le thème, Sélenne, l’ambiance mafia. J’ai trouvé un peu simple la façon dont Sélenne se retrouve propulsée serveuse du patron alors que c’est la petite nouvelle et qu’elle n’est pas spécialement bonne serveuse en plus. Puis Elias disparait et la tension monte d’un cran. Qu’Anton se serve d’elle, je le conçois, mais qu’il tombe sous son charme en trois jours, un peu moins. Rappelons que c’est un chef mafieux, que la méfiance est sa meilleure amie pour survivre, et qu’il dit lui-même qu’une relation est un signe de faiblesse. Or avec le contexte (la guerre de territoire avec les Mexicains), Anton doit affirmer sa puissance.

Pour Sélenne aussi les sentiments ne devraient pas arriver si tôt. Si elle se donne à Anton, c’est sous la pression causée par la fuite de son frère (même si elle était clairement attirée par lui avant). Anton est sa cible, le ticket gagnant pour en finir avec le FBI, pas un potentiel love interest.

Avec tout cela, il me semble difficile que les sentiments interviennent aussi vite et c’est pour moi le défaut du roman.

J’ai aussi trouvé la fin moins bonne que le début, mais c’est peut-être à cause de la romance, bien présente, pas vraiment nuancée.

Enfin, je chipote mais j’ai tout de même mis une excellente note et si je me permets un peu de critique, c’est parce que j’ai l’intuition que Marjy Noname en a clairement sous la pédale et que c’est une autrice que je me dois de suivre de près.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connais-tu la mafia russe?

Dis-le moi en commentaire.