AquilaAquila de Ursula Poznanski

Editions : Milan

416 pages

Paru le 21 Août 2019

Aperçu : Erasmus n’est pas toujours une partie de plaisir… Lendemain de fête : Vicky se réveille sans portable, sans clés, enfermée chez elle. Elle a un blackout de 48 heures, et sa coloc n’est pas là. Que s’est-il passé durant ces deux jours ?

Vicky passe son année d’Erasmus à Sienne, en histoire de l’art. Le lendemain d’une soirée étudiante, elle s’aperçoit que sa coloc a disparu. Puis elle se rend compte qu’elle a perdu ses clés et son téléphone portable. Pire, elle est enfermée dans son appartement. Et elle découvre qu’elle a un trou noir de deux jours. Que s’est-il passé durant ces deux jours ? Pourquoi, dans la salle de bains, y a-t-il une chemise ensanglantée et les mots « dernière chance » écrits au dentifrice sur le miroir ? Que signifient les mots étranges qu’elle a griffonnés elle-même sur un flyer pendant la soirée ?

Mon commentaire général : Un thriller efficace, qui fait voyager !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Donc : quelqu’un l’avait coincée chez elle exprès, en prenant soin de lui ôter toute possibilité de communiquer avec l’extérieur. » (p.10)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voilà un thriller dont le début, sous forme de huis-clos, m’a immédiatement scotchée à mon livre.

Imagine un peu : tu as 19 ans, arrivé.e depuis peu à Sienne pour apprendre l’italien, tu te réveilles un lendemain de soirée arrosée pour découvrir que tu es enfermé.e dans ton appartement, que ton portable et la batterie de ton ordinateur ont disparu, qu’il y a une chemise ensanglantée dans ta salle de bain ainsi qu’un message menaçant sur le miroir, que tu portes des traces de blessure et que ta colocataire n’est nulle part en vue. A cela s’ajoute que tu as perdu la mémoire et que ton black-out a duré deux jours. De quoi paniquer non ?

C’est exactement dans cette situation que nous plonge Aquila et nous nous retrouvons à mener l’enquête avec Vicky. Mais c’est plutôt compliqué quand on ne connait personne, qu’on ne parle pas la langue et qu’on ne se souvient de rien du tout… Que s’est-il passé pendant ces deux jours ? En tout cas, quelque chose de suffisamment grave pour que des individus vous suivent et que la police s’intéresse de près à votre cas

En tout cas, il ne me m’a pas fallu longtemps pour aller au bout de l’enquête, et même si la première partie m’a parue un peu plus longue, j’ai passé un très bon moment de lecture dans l’ambiance toscane, qui est bien retranscrite. C’est de plus très bien écrit, avec une plume fluide, ce qui fait que les pages se tournent vraiment toutes seules.

Si j’ai tout de même trouvé certains éléments un peu tirés par les cheveux, je salue complètement l’intention de l’autrice. C’est un thriller jeunesse, donc l’héroïne qui est jeune peut parfois paraître confondante de naïveté, mais on n’épargne pas vraiment le lecteur. C’est parfois dérangeant et violent, mais ça marche très bien. Un bon roman que je conseillerai largement !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le seul point qui m’a fait tiquer, c’est la romance entre Vicky et Stefano. Quand on ne savait rien de l’implication du jeune homme dans la situation, on pouvait comprendre l’attirance de la française. Stefano est beau, il est son seul soutien, et même si ce n’est pas vraiment le moment, Vicky dit plusieurs fois que dans d’autres circonstances, elle pourrait tomber amoureuse.

Mais que ses sentiments perdurent après qu’on sache qu’il n’a fait que lui mentir depuis le début, ça ma parait un peu gros. Comment lui faire confiance ? Et comment bâtir une relation de couple saine ainsi ?

Je ne comprends pas non plus le désir de Vicky de rester à Sienne, où elle a tout de même été accusée de meurtre !, dans l’appartement qu’elle a partagé avec une coloc psychopathe, en plus.  Dans la même situation, je pense qu’on serait plutôt tenté de mettre le plus de kilomètres possibles entre soi et un endroit où on a connu tant de malheurs

Par contre, je suis étonnamment emballée par le choix osé de l’autrice de faire de Charlène une psychopathe en puissance. Les dessins horribles, la manipulation, l’absence de remords… Chez un personnage féminin en plus et tout à fait charmant au premier abord. Cela remet les choses à leur place : les psychopathes ne sont pas forcément des clochards cinglés que l’on rencontre dans une ruelle sombre. Ce sont au contraire des personnes qui paraissent normales, sauf à s’y intéresser de plus près… Charlène, même si on la connait que par souvenirs, m’a fait froid dans le dos, et je suis contente d’avoir trouvé un tel personnage dans un roman dit jeunesse. On peut être jeune et ne pas avoir peur de se confronter à la réalité. Qu’on se le dise !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prêt à mener l’enquête ?

Dis-le moi en commentaire.