the memory bookThe memory book de Lara Avery

Editions : Lumen

442 pages

Paru le 12 Mai 2016

Aperçu : On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t'écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes !

Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l'en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu'il lui faut, c'est un nouveau plan.

C'est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu'elle s'envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu'elle vit. C'est là qu'elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

 

Mon commentaire général : Moi aussi, je risque d’oublier

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Ce n’est pas le fait de tomber, c’est le fait de se relever. » (p. 337)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Dès sa sortie, j’avais entendu de très bons échos sur The memory book. Il m’aura fallu un certain temps pour l’acquérir puis le lire, mais c’est enfin fait, et je peux maintenant moi-aussi dire que je connais la NPC, c’est-à-dire la maladie de Niemann-Pick type C.

Cette anomalie génétique est dans la plupart des cas mortelle, et se manifeste le plus souvent chez les jeunes enfants. Parmi les symptômes, relâchement musculaire, épilepsie, troubles de l’élocution et pertes de mémoire.

C’est d’ailleurs ce dernier effet qui embête le plus Sam, 18 ans, qui vient d’être diagnostiquée. Son savoir est pour elle sa ressource la plus précieuse, celle qui devrait la conduire loin. Alors pour être sûre de ne rien oublier, elle consigne par écrit dans un livre adressé à elle-même tout ce qui lui arrive et fait un bilan plutôt lucide de son existence. Et si, malgré la maladie, Sam vivait les moments les plus importants de sa vie ?

J’ai beaucoup aimé le format, très original, de cette narration où la protagoniste s’adresse à son futur-soi. Elle n’hésite donc pas à lui confier des détails personnels, des anecdotes sur sa famille, ses sentiments sur ses proches. Cela en fait quelque chose d’intime, que j’ai apprécié de partager avec Sam. Elle parle aussi de ses premiers émois amoureux, d’une façon rendue plus tragique par la présence de la maladie.

Pourtant je regrette les clichés qui jalonnent le récit, si bien qu’on peut facilement deviner le cours des évènements, et le manque d’émotions, ce qui est dommage puisqu’on suit la vie de Sam de sa propre bouche (enfin de ses propres doigts puisqu’elle tape son récit à l’ordinateur). Pour moi qui pensais prendre un tsunami d’émotions dans la figure, c’est un peu raté et je reste sur ma faim. J’ai néanmoins beaucoup aimé la plume de Lara Avery et je suivrai donc de près ses prochaines publications.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je pensais pleurer toutes les larmes de mon corps, comme c’est souvent le cas quand on lit un livre mettant en scène des adolescents et une maladie incurable (coucou Mille baisers pour un garçon) et je n’ai pas versé une larme, même avec cette fin dramatique que je n’avais pas vue venir tellement Sam arrive à nous convaincre que son âge change la donne de la maladie. J’avais fini par croire qu’elle survivrait, diminuée, mais vivante malgré tout. Sam m’a bien eue.

Quelque part, cela me gêne de ne pas avoir ressenti autant d’émotions que j’espérais. Cela vient probablement du fait que Sam rédige son journal avec une sorte de détachement clinique, racontant les faits avec force détails mais sans émotions.

C’est peut-être pour cela que je n’ai pas vraiment cru à la romance entre Sam et Stuart. L’impression que j’en ai est que Stuart s’est tout d’abord laissé séduire par cette jeune fille directe et intelligente (son essai de littérature l’ayant impressionné, lui qui veut devenir écrivain) puis qu’il s’est trouvé une sorte de mission humanitaire avec la maladie de Sam. Tout cela faisait un peu forcé.

Quant à Cooper, il n’était pas très difficile de remarquer qu’il était amoureux de sa voisine et que son attitude désinvolte était juste une façade. Le triangle amoureux n’était pas nécessaire à mon avis.

Je regrette aussi d’avoir deviné toutes les crises de Sam à l’avance, tellement les indices pointent vers le moment en question. A chaque fois, que ce soit pour le concours d’éloquence ou la fête chez Ross, on nous dit que Sam sera seule mais que ça va très bien se passer, non ? Eh bien non, quelle surprise…

C’est dommage d’avoir utilisé ces raccourcis scénaristiques quand il y avait une si bonne base pour en faire un roman inoubliable. Mais sans émotions, je ne suis pas sûre qu’il marquera ma mémoire de poisson rouge. Désolée, Sam.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connais-tu la NPC?

Dis-le moi en commentaire.