par-delà les steppes je te retrouveraiPar-delà les steppes je te retrouverai de Shannon Hale

Editions : Bayard

311 pages

Paru le 19 juin 2014

Aperçu : Dame Saren est enfermée dans une tour pour sept ans avec sa servante Dashti. Son crime avoir refusé d'épouser Khasar, seigneur d'un des sept royaumes voisins. En fait, la jeune fille s'est fiancée avec Khan Tegus, qu'elle n'a jamais vu mais avec qui elle correspond depuis des années. Tandis que Dashti se démène pour assurer sa survie, sa maîtresse, profondément affligée, pleure jour et nuit. Alors, quand Tegus arrive un soir pour parler à Dame Saren, celle-ci ordonne à sa servante de de faire passer pour elle...

 

Mon commentaire général : J’adore les contes !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « C’est sûrement un amour profond que celui qui commande à une jeune fille de s’emmurer dans une tour, loin du Ciel bleu éternel, durant sept ans. » (p.36)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Pour moi qui aime les contes, et surtout leur revisite, cette adaptation de « Demoiselle Méline » des frères Grimm ne pouvait que m’attirer, et je suis bien contente d’avoir découvert cette jolie histoire.

Shannon Hale a non seulement développé le conte originel, mais l’a transposé en Mongolie, ce qui rend ce livre très intéressant.

L’histoire est celle de Dame Saren, 18 ans, et sa servante Dashti, 16 ans, enfermées dans une tour, sans fenêtre ni porte, pour sept ans parce que la jeune noble a refusé d’épouser l’homme que son père lui avait choisi. Pire, elle s’est même fiancée en secret avec Khan Tegus, un jeune dirigeant de royaume. Or, si les premiers jours se passent plutôt bien, le danger sous la forme des rats qui grignotent leurs provisions ou le prétendant repoussé ne tarde pas à se présenter à elles. Heureusement qu’elles peuvent compter sur les visites de Tegus pour les distraire. Or Saren refuse de lui parler et ordonne à Dashti de se faire passer pour elle

La narration est aussi singulière puisque le récit est raconté du point de vue de la servante, sous forme de journal intime. On suit donc les pensées et le quotidien des deux jeunes femmes, au jour le jour, au fur et à mesure que les provisions diminuent et que la folie gagne Dame Saren…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, qui non seulement m’a fait passer un bon moment, mais m’a aussi permis de découvrir les traditions mongoles que je ne connaissais pas du tout. La plume est de plus très agréable. Bien évidemment, on comprend rapidement le déroulement des évènements, comme tout conte, ce qui ne m’a pas dérangée pour autant tant j’étais plongée dans la magie de ces coutumes ancestrales.

Si tu aimes voyager dans des contrées lointaines et que tu as gardé ton âme d’enfant, tu devrais toi aussi apprécier ce roman.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Non seulement l’autrice a changé la localisation de l’histoire, mais elle a aussi renversé les rôles des personnages. Dans le conte originel, c’est Méline alias Saren, la noble enfermée, qui est à l’origine de la sortie de la tour et qui se fait passer pour la fiancée du prince à la demande de celle-ci (qui est trop laide pour se montrer au grand jour).

Ici, c’est Dashti, la jeune Errante, qui est mise en vedette, non seulement pour son tempérament combattif, face à la léthargie de Saren, mais aussi pour ses qualités de soignante. La Dame en est même agaçante, tant elle ne fait que gémir et se cacher derrière sa servante. On finit par comprendre que c’est avant tout un traumatisme lié à sa rencontre avec Khasar mais j’ai quand même eu envie de la secouer par les épaules une bonne partie du temps.

Dashti apparait à la fois très mûre et très naïve. Elle prend son courage à deux mains, et survit pour sa maîtresse, essentiellement, sans s’autoriser à éprouver des sentiments pour Tegus, qu’elle continue d’appeler « son khan » très longtemps. Il est peut-être difficile pour nous de comprendre sa gêne à se faire passer pour noble, tout comme il est impossible de ne pas saisir les preuves d’amour entre le khan et la servante.

J’ai aussi regretté qu’il soit aussi si simple de battre Khasar, qui a pourtant quasiment rasé la région toute entière. La ruse était la bonne approche, mais la scène était un peu rapide, trop simple. Cependant il s’agit d’un conte après tout, clairement destiné à la jeunesse, alors pourquoi pas finalement.

En tout cas, ce roman me confirme que les adaptations de conte sont vraiment un format qui me convient et que j’adore lire. A moi d’en trouver d’autres !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Aimes-tu les contes ?

Dis-le moi en commentaire.