elle s'appelait SarahElle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Editions : Le livre de poche

402 pages

Paru en 2014

Aperçu : Paris 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vél d'Hiv. Découvrant avec horreur le calvaire de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s'attache en particulier au destin de Sarah et mène l'enquête jusqu'au bout, au péril de ce qu'elle a de plus cher.

Paris 16 juillet 1942. A l'aube la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande sœur l'enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là...

 

 

 

 

Mon commentaire général : A lire obligatoirement pour ne jamais oublier…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Faire revivre le passé n’est pas chose facile. […] La vérité est plus terrible que l’ignorance. » (p.185)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Cela fait longtemps qu’on m’avait conseillé Elle s’appelait Sarah, à la suite de ma lecture très enthousiaste de La voleuse de livres, un de mes plus gros coups de cœur. Je ne suis pas spécialement emballée par la période historique de la Deuxième Guerre Mondiale, mais il est des choses qu’il ne faut pas oublier.

Elle s’appelait Sarah aurait probablement pu égaler l’œuvre de Marcus Zusak si le récit s’était concentré sur Sarah.

En effet, le roman alterne entre deux points de vue, passé et présent, et les deux ne sont clairement pas du même niveau. Il y a tout d’abord Sarah, 10 ans, raflée avec ses parents le 16 juillet 1942, qui vivra l’horreur la plus absolue. Puis Julia, la quarantaine, américaine vivant à Paris, qui tombe sur l’histoire de Sarah par un concours de circonstances et décide d’enquêter sur son devenir. Or l’histoire de Julia, au « présent » (enfin en 2002) ne m’a pas vraiment intéressée. En fait, le roman aurait dû ne parler que de Sarah, tant les interrogations de Julia sur sa vie, son mari détestable, sa belle-famille bobo parisienne dans tous ses clichés, sont assommantes comparées à la rudesse des passages qui suivent Sarah.

J’ai été bouleversée par l’histoire de cette petite fille courageuse et forcée d’affronter la cruauté humaine dans toute sa splendeur. Tout ça à cause de sa religion et ses origines. J’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois, tant certains passages sont durs à lire et je ne peux que ressentir une peine immense pour tous ceux qui ont subi ces atrocités. Pourtant, cet épisode est de ceux dont il ne faut pas vraiment parler, qu’on a poussé sous le tapis pour ne pas avoir à regarder en face la terrible vérité : ce sont les faits de la police française et on peut en éprouver une honte absolue.

J’ai donc aimé la moitié de ce roman et passé vite sur le reste, pressée de retrouver Sarah. J’imagine que l’autrice a choisi cette manière de faire pour souligner à quel point les évènements du Vel d’Hiv ont été gommés des mémoires, car trop douloureux, mais j’aurais nettement préféré suivre Sarah de plus près, tout au long de sa vie, dans un roman qui lui aurait été dédié. En fait, il aurait fallu inverser les rôles : faire de Sarah la narratrice principale et Julia un caméo qui la pisterait dans le présent.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Si le quotidien de Julia nous est raconté presque dans son intégralité, il manque une grande partie de l’histoire de Sarah, presque la plus importante : comprendre comment elle a réussi à survivre à toutes ces horreurs.

Ce n’est pas vraiment le cas puisqu’elle a choisi de s’ôter la vie à la quarantaine, en ayant dissimulé ses origines à sa famille, tant elle voulait repartir de zéro. Mais on ne peut pas effacer les cauchemars en traversant l’Atlantique…

Rien de tout cela ne nous est conté, sauf par un petit paragraphe de la bouche de William, alors que j’aurais tellement voulu en savoir plus sur cette personne si belle, mais si triste. Sur la reconstruction de quelqu’un qui a vécu l’horreur, des implications psychologiques que cela a engendré.

Au lieu de cela, l’autrice a fait le choix de se concentrer sur Julia, ne nous parlant plus du tout de Sarah à partir de la moitié du roman, certainement pour entretenir le suspense quant à son devenir. Or la vie de l’Américaine ne m’a pas paru très intéressante, en tout cas pas face à Sarah, dont le charisme occulte tout le reste. Peut-être que l’histoire de Julia m’aurait davantage captivée dans un roman qui lui aurait été dédié, car ses interrogations sont légitimes dans son contexte. C’est une femme qui remet en question sa vie, à la quarantaine, période propice à l’introspection, surtout quand son mari se conduit comme un goujat et qu’elle n’a jamais été acceptée par sa belle-famille et qu’elle ne comprend pas tout des mœurs de son pays d’accueil (un peu surjouées d’ailleurs, tous les Français ne sont pas tels que décrits, vive les clichés !).

Mais face à Sarah, tout cela ne tient pas la comparaison et cela m’a pesé en tant que lectrice. J’étais pressée de retrouver la petite fille et survolait les passages concernant Julia. Rien n’a pu égaler l’émotion que j’ai ressenti en lisant ce qu’a subi cette fillette. En tout cas, pas la vie de Julia, aussi triste soit-elle.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Prêt à entrer dans l’horreur du Vel d’Hiv ?

Dis-le moi en commentaire.