la modiste de la reineLa modiste de la reine de Catherine Guennec

Editions : JC Lattès

331 pages

Paru le 13 octobre 2004

Aperçu : La vie de Rose Bertin est un roman.

Jeune couturière pauvre, elle quitte Abbeville et sa Picardie natale pour venir travailler à Paris. Elle vole vite de ses propres ailes et ouvre son magasin : Le Grand Mogol.

Le règne de Louis XV touche à sa fin. Bientôt, elle prend le chemin de Versailles et sa vie s'éclaire d'une rencontre inattendue, une flamboyante et royale amitié. En Rose Bertin Marie-Antoinette a trouvé son ministre des modes.

Coiffure à la Belle Poule, pouf aux sentiments, chapeau feu d'opéra, bonnet à la chercheuse d'esprit ou en sorcière, quès aco... Les créations de la divine Bertin explosent de diversité, d'invention. Et Paris devient la capitale du bon goût.

Avec ce roman vrai, Catherine Guennec exhume un destin de femme éblouissant, audacieux, traversé de hasards magnifiques, d'amours secrètes, d'amitiés indéfectibles. Où l'on croise Jeanne du Barry, Vigée Le Brun, la Polignac, Marie-Thérèse de Lamballe, le Chevalier d'Eon, Chateaubriand, Greuze, Paul Ier de Russie... Et où se rejoignent, pour le dernier bal, tous les acteurs insouciants d'une page de l'histoire qui s'achève.

Mon commentaire général : Hors du temps…

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « D’un sens, la révolution, Sa Majesté et moi l’avons faite à notre manière et au palais. Nous avons bousculé les conventions, les gardes-robes et l’Etiquette. Était-ce un si grand crime ?» (p. 96)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Je lis peu de livres historiques, pourtant j’ai toujours adoré les périodes du XVIe au XVIIIe siècles, ce qui est un peu contradictoire. C’est pourquoi je n’ai pas trop hésité lorsque j’ai eu l’occasion d’acquérir La modiste de la reine. Une porte dérobée vers Marie-Antoinette, voilà qui ne se refuse pas !

Cette modiste en question, c’est Rose Bertin, jeune couturière picarde, qui s’est hissée au plus haut à la force de son aiguille et de son sens inné de la mode. Car Rose est avant tout une visionnaire, un génie artistique, qui a donné naissance à certaines des tendances les plus extravagantes. Elle a trouvé en Marie-Antoinette, jeune reine mal-aimée et désœuvrée, une oreille plus que réceptive à ses folies. Or la révolte du peuple gronde, et aussi bien la reine que Rose cristallisent les rancœurs avec ce qui est considéré comme des futilités en ces temps où beaucoup meurent de faim en dehors de Versailles…

L’autrice a visiblement déployé un travail de recherche titanesque pour retracer la vie de Rose Bertin et le raconte façon autobiographie qui peut réellement laisser penser que la célèbre styliste nous parle directement. J’ai apprécié en apprendre plus sur la mode de l’époque, très détaillée, mais je n’aurais pas été contre quelques schémas pour comprendre la complexité des pièces réalisées par la couturière.

C’est d’ailleurs un défaut général du roman : parfois le récit entre beaucoup dans les détails (on sait que la reine aimait changer de style et de couleurs de prédilection régulièrement) et à d’autres moments, il faut avoir un navigateur internet à portée de main pour chercher soi-même les faits historiques. Au final, Rose Bertin, pourtant au cœur de l’Histoire, nous en dit très peu sur la politique ou le contexte explosif de son époque. Le roman reste assez superficiel, on y parle beaucoup de colifichets, mais peu de ce qui se passe en dehors de Versailles. Or je refuse de croire qu’une « marchande de mode », même très occupée par son commerce, ne s’intéresse pas plus à ce qui se passe autour d’elle.

Pour moi qui croyais en découvrir plus sur ces anciens souverains, c’est plutôt raté. J’en ai appris davantage en cherchant sur internet, en cours de lecture, les personnages historiques ou les tableaux mentionnés dans le récit.

C’est dommage car je sais qu’il est possible de mêler histoire et Histoire, comme l’a fait Juliette Benzoni dans sa série Secret d’état, une de mes préférées, et c’est précisément ce que j’attendais ici.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Quand j’ouvre un livre comme celui-ci, ce que je souhaite, c’est à la fois revoir les faits historiques, même romancés, afin de mieux me les approprier, et qu’on me propose une interprétation du reste, de la vie quotidienne, des secrets d’alcôve, de ce qu’on ne trouve pas dans les livres d’histoire.

J’espérais entrer dans la vie intime de Marie-Antoinette, je n’en ai en fait aperçu que son placard.

Sans le navigateur internet de mon téléphone, je serais passée à côté de beaucoup de choses. Par exemple, l’affaire du collier, qui est rapidement mentionnée, mais jamais expliquée. Heureusement que Wikipédia était là pour m’en apprendre plus… Et c’est ainsi pour beaucoup d’autres détails. La Révolution est à peine esquissée, alors que c’est un évènement majeur à la fois de la vie de Marie-Antoinette (et donc par extension de Rose) et de l’Histoire française. Rose s’inquiète plus de son commerce et de ses possessions (dont on a une description tout à fait détaillée), de Nikolaï, que du sort de son pays… On ne sait pas vraiment ce qui se passe, les révolutionnaires ne sont pas mentionnés, on ne comprend pas réellement les enjeux.

Or, si j’ai aimé savoir que les poufs ont existé, j’avais plutôt envie de comprendre l’Histoire de mon pays, surtout que vu le contexte actuel, il n’est pas déraisonnable de penser qu’une autre révolution pourrait se préparer. Parfois, il faut se pencher vers le passé pour mieux décrypter l’avenir.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prêt à pénétrer dans la garde-robe de Marie-Antoinette ?

Dis-le moi en commentaire.