un doux pardonUn doux pardon de Lori Nelson Spielman

Editions : Pocket

442 pages

Paru le 2 Juin 2016

Aperçu : Hannah Farr est une personnalité en vue de La Nouvelle Orléans. Animatrice télé, son émission quotidienne « The Hannah Farr Show » est suivie par des milliers de fans, tandis que côté cœur, elle fi le depuis deux ans le parfait amour avec Michael Payne, le maire de la ville. Mais la vie toute tracée d’Hannah va être bousculée par deux petites pierres. Ces « pierres du pardon », une idée lancée par l’une de ses anciennes camarades de classe, connaissent un immense succès aux États-Unis. Le concept est simple : si vous avez quelque chose à vous faire pardonner, il suffit d’envoyer une lettre d’excuse à la personne que vous avez blessée, accompagnée de deux pierres. Si le destinataire accepte vos excuses, il vous renvoie une des deux pierres et utilise la seconde pour, à son tour, demander pardon à quelqu’un. Les deux « pierres du pardon » reçues par Hannah, bien inoffensives à première vue, vont toutefois la forcer à replonger dans son passé. Un passé qu’elle avait soigneusement écarté depuis de nombreuses années. Et toutes les certitudes de sa vie vont être balayées comme un château de cartes. Est-il encore temps de changer le destin ?

Mon commentaire général : j’ai du mal à pardonner…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Parfois il vaut mieux se laisser tomber. C’est quand on résiste, quand on essaie d’amortir sa chute qu’on se blesse. » (p.130)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Je découvre la plume de Lori Nelson Spielman avec ce roman et je dois avouer que je suis conquise. L’écriture est belle et poétique, les formules bien trouvées. De plus, comme elle l’explique dans ses remerciements, l’autrice a émaillé son récit d’une multitude d’anecdotes véridiques, empruntées à son entourage, qui apportent beaucoup de réalisme à l’histoire et permet de ressentir beaucoup d’empathie pour les personnages.

Ensuite, il y a cette idée de « pierres de pardon » qui est juste parfaite et très bien exploitée. L’objectif est ici d’envoyer deux pierres à une personne, accompagnée d’une lettre où vous lui expliquez pourquoi vous l’avez choisie et vous demandez pardon pour quelque chose que vous lui avez fait par le passé. Par exemple, l’héroïne reçoit des pierres de la part de la fille qui la harcelait au collège. Si vous pardonnez, vous renvoyez une des pierres et c’est à vous de poursuivre la chaine en envoyant à votre tour deux pierres de pardon. Cela amène à de très beaux messages sur le pardon, qui peut être accepté ou refusé et sur les conséquences de présenter amende honorable. C’est très bien amené, il n’y a pas de démagogie, les personnages souffrent parfois, ce qui est totalement compréhensible.

Mon souci avec ce roman, c’est que j’ai trouvé Hannah, l’héroïne, extrêmement naïve, malgré ses trente-quatre ans, et que si elle paraissait surprise par la tournure des évènements, ce n’était pas vraiment mon cas. Les péripéties m’ont parues très téléphonées, tout se devine plusieurs pages à l’avance, ce qui m’a complètement détachée du récit.

Enfin, il y a une révélation de l’histoire, et surtout la façon dont les personnages la gèrent (et que je ne peux pas dévoiler ici sous peine de spoiler), qui m’a mise terriblement mal à l’aise et je n’aime pas du tout le message qui est véhiculé ici. Toute vérité n’est certes pas bonne à dire, mais certaines sont juste vitales et il ne faut pas cacher celles-là. Ça me dérange qu’on puisse penser qu’une vérité qui blesse ne doive pas être dévoilée pour ne pas entacher la réputation d’une personne qui a fait du mal.

Je retenterai tout de même le coup avec des romans de Lori Nelson Spielman, surtout qu’on dit son premier roman, Demain est un autre jour, meilleur que celui-ci.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Comment peut-on être aussi naïve ? Hannah a trente-quatre ans et une brillante carrière de journaliste derrière elle. Cela aurait dû aiguiser son esprit et forger son caractère. Or elle ne voit rien venir et accorde très facilement sa confiance. Presque tous les retournements de situation peuvent être devinés à l’avance.

On nous dit que Claudia est une vipère, pourtant Hannah lui confie ses secrets et finit par se faire licencier. Tout cela se devine dès la première apparition de Claudia.

Sa relation avec Michael est bancale, il lui dit plusieurs fois de ne pas révéler son passé et ils finissent par rompre quand il refuse de l’épouser. Là encore, pas de surprise.

La romance avec R.J. commence dès le moment où Hannah pose le pied au vignoble et quant à son identité, c’était l’élément de trop pour moi. Robert Junior, R.J., comment ne pas faire le rapprochement ?

J’avoue avoir aussi deviné ce que contenait la boîte de pêche, Bob y accordant bien trop d’importance qu’il ne pouvait qu’y cacher des choses.

D’ailleurs, je suis assez fâchée de la façon dont l’intrigue avec Bob se termine. Si Hannah croit bien faire en revenant sur ses aveux lorsqu’elle doute, elle ne peut pas le laisser partir comme un saint après avoir découvert qu’il a agressé sa propre fille et cachait des images pédopornographiques. Je suis gênée que sa nature ne soit jamais exposée au grand jour. Quelle image cela renvoie-t-il aux victimes ? Qu’il ne faut surtout rien dire pour ne pas ternir les vieux jours d’un malade d’Alzheimer ? Laisser sa mère croire qu’on a menti pour protéger une ordure pareille ? Ce genre de discours est pour moi inadmissible, on ne peut pardonner de tels actes, ne serait-ce que par respect pour les victimes.

Du coup, j’ai refermé ce livre plutôt en colère, même si les choses s’annoncent bien pour Hannah, parce que moi, j’ai du mal à pardonner.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  As-tu tendance à pardonner facilement ?

Dis-le moi en commentaire.