retour sur terreRetour sur Terre de Mélanie Rose

Editions : Archipoche

435 pages

Paru le 15 Octobre 2016

Aperçu : Michaela Anderson, une jeune Anglaise de 25 ans travaillant dans une compagnie d’assurances, a accepté de participer avec quelques collègues à un baptême de saut en parachute. Au moment de s’élancer dans le vide, la dernière, elle est emportée par une bourrasque qui l’éloigne des autres… Quand elle retrouve la terre ferme, l’aérodrome est désert, sa voiture a disparu et il fait presque nuit. C’est alors qu’elle découvre avec stupeur sa photo sur des affichettes prétendant qu’elle a disparu… il y a six ans et demi ! Qu’a-t-il bien pu se passer ? Aurait-elle perdu la raison ? Serait-elle devenue amnésique ? A-t-elle été victime d’une faille spatiotemporelle ? Mais, surtout, qu’a-t-elle bien pu faire au cours de tout ce temps ?

 

 

 

Mon commentaire général : Les pieds trop sur Terre…

Ma note : 3/10

La citation qui résume tout : « Tu vas vivre la plus grande expérience de ta vie.» (p. 11)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voilà un roman qui me faisait de l’œil depuis un moment et pour cause, cela fait déjà quelques mois qu’il avait intégré ma (monstrueuse) PAL. Ayant enfin trouvé une occasion de l’en extirper, je me suis plongée dans ma lecture avec beaucoup d’attentes, à cause de son résumé si alléchant, et j’en espérais peut-être trop.

En tout cas, allons droit au but : je n’ai pas vraiment aimé.

Pourtant l’idée de départ est juste excellente : lorsque Michaela se jette dans le vide pour son baptême de parachute, c’est en avril 2002. Mais quand elle touche le sol, elle atterrit directement en octobre 2008. Que s’est-il passé pendant six ans et demi ? Où était-elle ? Et surtout, que va-t-elle découvrir au sol ? Ses parents, son fiancé, ses amis… L’ont-ils attendue ?

Avec ces éléments, Mélanie Rose aurait pu écrire un formidable roman psychologique sur le besoin d’avancer, de faire son deuil, le renoncement, le désespoir d’une jeune femme qui découvre qu’on lui a volé six ans de sa vie et le besoin de comprendre.

Mais j’ai l’impression d’avoir juste lu une romance contemporaine comme tant d’autres, avec une héroïne qui a tout à gérer mais s’en sort parfaitement, des sentiments qui éclosent à la vitesse grand V, et un entourage bien trouvé.

Au final, c’était trop facile et je n’ai pas déniché de grosses difficultés pour Michaela. Quant à la fin, très ouverte, elle n’apporte pour moi pas une vraie conclusion à ce récit pour lequel le lecteur pourra imaginer ce qui lui chante. L’élément fantastique se révèle donc plus un prétexte qu’un vrai ressort de l’intrigue.

Si on combine cela avec une plume agréable mais trop souvent répétitive (effet de la traduction ?) et des longueurs vers le milieu du roman, on approche la raison pour laquelle je n’ai pas apprécié ce roman qui avait pourtant tout pour me plaire sur sa quatrième de couverture.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je suis assez déçue car j’aime les histoires qui mêlent fantastique et romance, voire ici de drame contemporain, et je trouve que seule la romance a été exploitée, et encore.

Commençons par cela. N’oublions pas qu’au moment de son saut, Michaela connaît Matt depuis quelques heures. Quand elle atterrit, il n’est pour elle qu’un inconnu, certes séduisant, rencontré le matin même. Pourtant, il lui suffit de se savoir disparue depuis six ans, de s’être fait rejeter par son fiancé qu’elle dit aimer, pour tomber dans les bras de l’instructeur. Ce n’est pas un peu gros ? La réaction naturelle aurait été de se rouler en boule dans un coin et pleurer toutes les larmes de son corps et non coucher avec le premier venu. Que Matt ait eu le temps de développer des sentiments, voire une obsession, pendant tant d’années se comprend. Que Michaela tombe amoureuse en une semaine, non. Pas dans cette situation. De ce fait, je n’ai pas vraiment cru à la romance.

Pour le fantastique, on repassera aussi. En fait, il n’y a tout simplement aucune explication apportée à la disparition de Michaela. Bond dans le temps ou enlèvement ? On ne saura pas vraiment.

Enfin, en ce qui concerne le drame, on peut dire que Mélanie Rose a essayé d’en mettre plein dans son récit : une ado en crise, un cancer, une maladie mentale, un enfant illégitime, de la prostitution, un deuil et même un fantôme ! Trop, dis-tu ? Oui, moi aussi, je le pense ! Pourtant, Michaela a déjà fort à faire avec la gestion de son absence, mais elle trouve quand même la capacité de s’occuper de tous ces problèmes, de tous les résoudre, en une semaine, sans jamais s’effondrer. Chapeau !

Alors qu’on aurait pu faire les choses simplement. Une femme qui essaie de reconstruire sa vie avec les conséquences de sa longue absence. De faire le deuil de son ancienne vie et de se reconstruire petit à petit. De remuer ciel et terre pour comprendre ce qui lui est arrivé. Voilà qui aurait été réaliste et tout aussi intéressant, voire plus, car le lecteur n’aurait pas été perdu par toutes ces informations et aurait eu la place pour l’empathie.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Retomberas-tu sur tes pattes?

Dis-le moi en commentaire.