le marchand de sableLe Marchand de Sable, saison 1 de Gaïa Alexia

Editions : Hugo & Cie Collection New Romance

315 pages

Paru le 23 Mai 2019

Aperçu : Nola Nott a tellement dû croire à la légende du Marchand de Sable lorsqu'elle était enfant que, des années plus tard, il hante ses cauchemars. Précédé de papillons rouge sang et semant du sable derrière lui, Nola le sent, il n'attend qu'une chose : s'en prendre à elle.

Pour l'éviter, elle se plonge dans ses cours jusque tard dans la nuit, notamment dans ceux de mythologie nordique, cette matière qui lui donne tant de fil à retordre.

Tant qu'elle est éveillée, tout va bien pour Nola, mais que se passerait-il si rêve et réalité se confondaient et que l'homme de ses cauchemars apparaissait au détour d'une rue ?

Aux heures les plus sombres, se joue une course poursuite digne de la cavalcade de la lune en pleine nuit.

 

 

Mon commentaire général : Entre songes et cauchemars, la frontière est bien mince…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Dans la mythologie nordique, la nuit ne va pas sans le crépuscule, et la lune ne va pas sans le soleil. » (Chap. 5)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Après deux séries très contemporaines, Gaïa Alexia s’attaque à la romance fantastique, mais toujours très ancrée dans le réel, et c’est peut-être là le défaut de ce roman.

L’histoire est celle de Nola, une étudiante en histoire parisienne, qui se refuse à dormir pour ne pas croiser l’être qui hante ses cauchemars : un homme mystérieux et effrayant, toujours accompagné d’une nuée de papillons rouge sang. Or quand elle rencontre cet homme dans la réalité, elle commence à comprendre que les légendes sont peut-être plus vraies qu’elle ne le pensait et que la solution se trouve peut-être dans la mythologie nordique qu’elle a tant de mal à étudier. Et pourquoi celui qu’elle nomme Le Marchand de Sable lui reproche-t-il de ne pas se souvenir de lui ? Qu’a-t-elle oublié de si important ?

Pour moi qui connais très peu la mythologie nordique, l’univers de ce roman m’a beaucoup appris, même si l’autrice a mélangé plusieurs légendes afin de créer sa propre interprétation. Cette appropriation tient la route et sert bien le récit. De plus, ce sont des mythes très peu exploités dans la littérature, ce qui apporte un vent de nouveauté au genre de la New Romance.

J’ai aussi apprécié le côté onirique du début du roman, avec ce personnage très énigmatique et effrayant, qui poursuit l’héroïne dans ses rêves.

L’aspect fantastique arrive assez tard dans le roman, la première partie étant surtout consacrée à la vie étudiante (et sans beaucoup d’intérêt) de Nola, ses difficultés à appendre les mythes nordiques, son travail dans un musée, son voisin qui voudrait plus que de l’amitié et ses cauchemars (seul point percutant à mon goût). Et enfin, quand le fantastique prend toute sa place, je n’ai pas bien compris les réactions de l’héroïne, qui accepte un peu trop facilement les explications qu’on lui présente.

Si la plume est toujours très fluide, je l’ai trouvée un peu trop moderne pour ce genre de récit, ce qui crée un décalage avec la notion de mythes anciens.

La romance apparait aussi tardivement, et c’est normal au vu du déroulement des évènements, mais elle est très soudaine, ce qui peut paraitre surprenant.

En tout cas, la fin va avec un cliffhanger assez frustrant qui n’était pas nécessaire à mon sens. J’ai le sentiment que le roman aurait été plus percutant en s’achevant sur une grosse révélation, plutôt qu’en nous laissant dans le flou. Je lirai la suite, plutôt pour savoir comment ça se termine que par connexion avec les personnages.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il est difficile d’expliquer ce que je considère comme le point faible du roman sans spoiler.

Nola apprend que celui qui la poursuit dans ses rêves et qu’elle nomme le Marchand de Sable existe bel et bien, qu’il est le dieu de la Lune, qu’il est le maître d’un dixième royaume, celui des Songes, inconnu bien que chacun le visite chaque nuit (je n’ai pas compris ce point). Aussi surprenantes que soient ces explications, délivrée par son ami Kyle, qui s’avère lui aussi être un dieu, et par Sol, sa professeure également déesse du Soleil, Nola les accepte sans trop sourciller. Elle qui n’était qu’une étudiante fauchée se voit catapultée déesse de la Nuit, et cela ne la perturbe pas plus que cela. On lui dit que toute sa vie est un mensonge, cela ne la déroute pas non plus. Elle n’essaie pas de fuir ces gens étranges, ni de contacter ses parents pour en savoir plus, ni même de se faire interner parce que ses rêves deviennent réalité (quand on se fait attaquer par une nuée de papillons en pleine bibliothèque, il y a de quoi devenir cinglé). Non. Nola continue sa petite vie comme si de rien n’était.

J’ai été très surprise par le fait que ces dieux ne fassent rien de leurs journées. A quoi leur servent leurs pouvoirs ? Les seules fois où on les rencontre, ils font des choses parfaitement naturelles. Kyle fait même les devoirs d’Ella (il y a internet en Asgard ?). Je n’ai pas compris l’utilité de ses dieux.

Pour moi, le fantastique est trop peu marqué, trop ancré dans la réalité, trop bien accepté. Cela ne semble être qu’une excuse pour que Mane puisse apparaitre et disparaitre à sa guise. Ses pouvoirs ne lui servent qu’à cela…

On ne comprend pas non plus les raisons de la rupture, puisque la révélation finale nous est refusée. Et pourtant, cela aurait eu beaucoup plus d’impact. Au final, le roman tout entier n’est qu’un mystère, puisque beaucoup de choses ne sont pas expliquées.

La romance était pour moi de trop dans ce premier tome qui ne va pas assez loin dans la mise en place de l’univers. D’autant que Nola et Mane passent d’étrangers (Nola est amnésique) à amants en un clin d’œil. Le Marchand de Sable perd rapidement son statut de grand méchant de l’histoire, sans qu’on sache vraiment comment ou quand. Il aurait mieux valu que Nola se découvre petit à petit une attirance pour Mane, qu’un geste ou une parole déclenche un souvenir, et qu’on en sache un peu plus sur l’univers de ses dieux.

En résumé, je trouve excellente l’idée des rêves, l’appropriation de la légende du Marchand de Sable, mais l’univers me parait sous-exploité et la romance trop soudaine pour être crédible.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connais-tu bien la mythologie nordique ?

Dis-le moi en commentaire.