La-Fee-la-pie-et-le-printempsLa fée, la pie et le printemps de Elisabeth Ebory

Editions : ActuSF Collection Hélios

411 pages

Paru en mai 2019

Aperçu : En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l'humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...

Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d'or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre... Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.

Des personnages empreints d'une légèreté désespérée, une aventure aussi féerique que profondément humaine. Élisabeth Ebory renoue avec le merveilleux des anciens récits, sans nier leur part d'obscurité.

Mon commentaire général : Pas mal pour un premier !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Je pense que les monstres qui nous maltraitent ne sont pas tels que décrits dans les légendes. » (p. 102)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’adore l’Angleterre, j’adore les fées et les légendes, je ne pouvais donc que me précipiter sur La fée, la pie et le printemps dès que j’en ai eu l’occasion. Bien m’en a pris car j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui apporte pas mal d’originalité dans le monde vu et revu des Fées.

Encore une fois, j’ai apprécié que l’autrice n’entre pas dans le cliché des gentilles Fées à la Disney. Ce sont ici des créatures agréables (parfois) mais aussi retorses, avec des motivations et des enjeux qui peuvent aisément entrer en contradiction avec celles des pauvres humains… Et ne compte pas trop sur leur compassion

C’est de plus avec une très jolie plume et beaucoup d’humour, surtout dans les dialogues et les réparties de Philomène, qu’Elisabeth Ebory nous délivre sa version de l’univers féérique. Une version où les Fées ont été enfermées dans une dimension à part, dont on ne peut accéder que via des portails magiques, et qu’une Fée, Rêvage, souhaite décloisonner, ce qui permettrait aux Fées d’être libres, mais aussi de s’approprier très facilement le monde humain… Sur sa route, elle va trouver une Fée cleptomane et une troupe de brigands qui n’a pas fini de la surprendre… Et nous aussi !

L’histoire est en elle-même assez simple et on peut facilement deviner les grandes lignes mais l’univers est tellement original que ce roman vaut vraiment le détour. Il me faut juste préciser que j’ai eu un peu de mal à suivre sur les premières dizaines de pages, justement parce que c’est novateur et que l’autrice n’explique pas tout immédiatement. Mais dès qu’on parvient à s’immerger dans cet univers, la lecture est fluide et très agréable.

Bref, pour un premier roman, je suis conquise. En refermant le livre, je me suis tout de même demandé s’il y avait une suite car la fin, assez ouverte, donne lieu à beaucoup de questions sur l’avenir des personnages… Et je ne serai franchement pas contre une nouvelle aventure dans cet univers… S’il vous plait ?

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Voilà une jolie galerie de personnages que l’on rencontre ici et ce sont vraiment eux qui portent le roman sur leurs épaules, l’intrigue étant trop simple pour servir de socle au récit. Par contre, les protagonistes donnent vraiment envie de les suivre à la conquête du Palais de Kensington, chacun avec ses motivations.

Rêvage est ainsi une idéaliste, pensant qu’elle agit pour le bien de son peuple alors que c’est probablement par amour pour le pouvoir et la reconnaissance. Elle a sacrifié ses deux enfants dans le processus, persuadée d’agir pour le bien commun (même si je n’ai pas bien compris comment ni pourquoi elle s’est séparée de S).

Face à elle, Philomène semble juste une voleuse fûtée, qui se retrouve mêlée à cette histoire un peu par hasard et surtout pour les beaux yeux de Clem. Ce côté un peu midinette lui va pourtant bien et la bande va pouvoir compter sur son sens pratique pour se sortir des pièges de Rêvage et de la reine humaine.

Le reste de la bande est tout aussi attachant. Clem, l’ancien garde pris de remords, qui joue à merveille le rôle de grand frère et de protecteur. Vik, la fée qui s’ignore, qui doit faire avec une révélation brutale de son identité et des enjeux qui pèsent sur ses frêles épaules. S, le gamin perdu, qui suivrait Clem jusqu’au bout de la Terre. Et Od, le plus mystérieux de tous, dont on ne comprend pas bien les motivations, mais qu’il vaut mieux avoir de son côté.

Je suis ravie de les avoir rencontrés et c’est pour ça que je trépigne pour une suite : avec l’âme de Philomène aux mains de la dame au chaudron, les troupes de la reine à leurs trousses, leur retour dans le monde des Fées où ils ne sont pas tous les bienvenus, le fait que Vik et S soient des Fées qui ne maitrisent pas leur nature, il y a fort à faire pour la petite bande et j’aimerais beaucoup les y accompagner !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Passeras-tu le portail des Fées?

Dis-le moi en commentaire.